CÉPHALÉE SYPHILITIQUE
mais n'est nullement démontré. Il pourrait bien s'agir d'autre chose; il y a d'autres lésions que la pachyméningite gommeuse qui peuvent produire î'épilepsie partielle sans hémiplégie concomitante. Ainsi sont certaines tumeurs sarcomateuses des méninges dans les premières phases de leur développement, certaines lésions très circonscrites de l'écorce des circonvolutions motrices clans la paralysie générale, etc., etc. L'objection est fondée et je reconnais que nous n'avons pas encore démontré l'existence des lésions syphilitiques. Je passe donc à la démonstration.
Déjà, mardi à la consultation, nous n'avons pas manqué de poser à la malade quelques questions destinées à vérifier l'hypothèse qui s'était formée dans notre esprit ; et nous avons appris — remarquez bien cet épisode — que six mois avant le début des attaques épileptiformes, il avait existé une céphalée d'un genre spécial, très remarquable, bien caractéristique, céphalée qui depuis deux mois s'était atténuée, non sans laisser cependant quelques traces. Voici du reste la description de cette céphalée telle qu'elle nous a été très intelligemment racontée par la malade, qui en a gardé le souvenir poignant et très précis à la fois.
Je l'emprunte à l'observation très explicite qui m'a été remise par mon interne, M. Souques. Vers la fin de novembre dernier, la malade fut prise un jour, sans cause apparente, de maux de tête affreux. La douleur, localisée à l'origine dans la région pariétale gauche, survenait le soir vers quatre ou cinq heures, persistait violente toute la nuit et ne s'amendait que le matin. Elle était si horrible qu'elle arrachait des cris à la malade et la privait complètement de sommeil, la forçant à sortir du lit et à se promener dans sa chambre pour chercher un soulagement qu'elle ne parvenait du reste pas à trouver. Deux heures après le début de cette céphalée, c'est-à-dire vers les six ou sept heures, apparaissaient des vomissements aqueux, très amers, qui se