CÉPHALÉES HYSTÉRIQUE" ET SYPHILITIQUE
Je ne veux pas dire que cette céphalée, clouée do tous ses attributs caractéristiques, se présente avec ces caractères dans toutes les céphalées tertiaires, et que toutes les pachy méningites gommeuses la font naître.
Il y a, en effet, des exemples du contraire, et M. Fournier (Syphilis du cerveau, p. 87) en a cité plusieurs. Mais, ce que je veux dire, c'est que toutes les fois que vous rencontrerez en clinique une telle céphalée, vous pourrez affirmer à coup sûr que la syphilis est en jeu. Je sais bien que dans la névrose hystérique on peut rencontrer une céphalalgie présentant, avec la céphalée syphilitique, des analogies frappantes. Vous en trouverez un exemple bien typique dans mes Leçons du Mardi (voir plus haut, page 366). Mais, en somme, quand on y regarde de très près, on constate des différences dans l'exposé desquelles il m'est impossible d'entrer aujourd'hui.
Durant les deux mois qui ont précédé le début de l'épilepsie partielle, la céphalée était fort atténuée chez notre malade ; elle n'existait plus que sous forme d'ébauche, de vestiges qui ne sont pas encore effacés aujourd'hui. Mais aujourd'hui il faut, pour la bien mettre en évidence, la provoquer à l'aide de la pression et de la percussion. On obtient, par ces procédés, un renseignement de premier ordre, ainsi que vous allez le reconnaître. La palpation méthodique ne permet de reconnaître aucune saillie, aucune exostose, contrairement à ce qui arrive quelquefois. Mais une pression un peu forte, et surtout la percussion, révèlent l'existence d'une zone en rondelle douloureuse, de la largeur d'une pièce de cinq francs, zone qui siège à gauche dans la région pariétale, sur un point qui, d'après nos recherches topographiques, correspond exactement à la partie moyenne des circonvolutions frontale et pariétale ascendantes, autrement dit au centre moteur de la main et du bras.
Peut- on vraiment demander plus de précision ? D'un
NEVRITE OPTIQUE.
côté, le caractère syphilitique de la céphalée est établi par sa description clinique ; de l'autre, en étudiant la question de plus près, on est conduit à localiser la lésion, et cette localisation est précisément celle qu'on est amené physiologiquement à invoquer pour expliquer l'épilepsie partielle. En fait de précision, on ne peut guère, il me semble, aller plus loin.
Fig. 4G. — A B. Ligne horizontale de 10 centimètres à partir de l'apophyse orbitaire externe. — B 0. Ligne perpendiculaire élevée à l'extrômitô de la précédente, longue de 8 centimètres. — C. Centre de la zone douloureuse situé à 8 centimètres au-dessus du point B et à 3 centimètres en arrière do la ligne bi-auriculairo DE. — D E. Ligne bi-auriculairo. — E. Bregma. — 1. Centre de Broca. — 2. Extrémité inférieure du sillon de Rolando. — 3. Extrémité supérieure du sillon de Bolando.
Mais peut-être pourrait-on encore rester sceptique à quelques égards, et demander un supplément de preuves. On ne saurait trop en fournir dans l'espèce .
Il importait, en tout cas, de rechercher attentivement l'origine de la syphilis supposée. Or, de ce côté, les recherches les plus minutieuses, l'enquête la plus