‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 150 sur 177 · AURAS VISUELLES · texte numérisé non relu

AURAS VISUELLES

tombe en crise. Si, en outre, la crise qui se produit en cet endroit estaccompap^née de défécation involontaire, alors il n'y a plus de doute, c'est à Tépilepsie que Ton a affaire et jamais àThystérie. »

C*est exactement ce qui arrivait chez la malade de l'observation IX. La crise avait lieu au water-closet si elle avait le temps d'y arriver, sur le chemin, dans le cas contraire, et elle revenait à elle souillée de matières fécales.

3* AURAS VISUEIiliES.

(Deux cas.)

Los troubles qui constituent les auras visuelles peuvent être très divers . Les phénomènes hallucinatoires qui les caractérisent varient du plus simple au plus compliqué. On trouve dans les auteurs des exemples d'hallucinations visuelles extrêmement complexes. Les deux cas que nous avons observés sont assez simples. Mais Tun d'eux (Obs. XV) est particulièrement intéressant par la nature du trouble visuel qui caractérise l'aura.

Observation XIV.

Ab... Julia, 31 ans.

Début à Tàge de 5 ans et demi, par une série d'accès survenue dans la nuit, après une frayeur éprouvée dans la journée précédente ; Jusqu'à rapparition des règles, accès nocturnes, sans aura, tous les huit jours. Depuis la puberté, accès diurnes, caractéristiques, toujours précédés de l'aura.

Aura : Diplopie subite et de très courte durée, puis apparition dans le champ visuel d'une boule jaune, grosse comme une pomme, se déplaçant continuellement, scintillante, visible môme les yeux fermés. Durée: un quart d'heure au maximum. Puis sensation rapide d'engourdissement remontant des bras à la tète, enfin perte de connaissance et accès. Quelquefois à à la sensation visuelle s'ajoute une sensation auditive : bruit de grands coups de marteau.

Prodromes éloignés pendant deux ou trois jours: agitation, violence, boulimie, apparitions passagères et courtes de la boule scintillante.

Depuis six mois les accès, exclusivement nocturnes, ne sont plus précédés d'aucune aura.

Charcot, t. II. 26

402 EP1LEP5IE ET MIGEAINB OPHTH4LMIQCE.

Observation XV.

Ren... Henriette, 16 skus, ooatnrière.

Père original, aurait en, à la suite d'ane pear, une perte de connaissance, suivie d*ane maladie nerveuse ayant duré un an.

Début à i'2 ans, sans cause connue. Accès caractéristiques, de fréquence variable, onze en quatre ans, avec un intervalle d'un an.

Aura: Pendant les cinq minutes qui précèdent la crise, vision de carreaux lumineux (2 cent, de côté environ», d'abord blancs, puis colorés successivement en rouge, bleu, vert et violet/ En même temps, la malade entend une voix d'homme qui rit. Se produit constamment avant chaque attaque.

De plus la malade présente depuis deux mois, dans Tintervalle des accès, tous les signes d'une migraine ophthalmique très violente et très intense. Elle souffre du mal de tète, souvent localisé au-dessus du sourcil gauche, presque constamment, et d*une façon permanente a devant les yeux le scotome scintillant parfaitement typique. La crise de migraine est quelquefois accompagnée de sensation d'engourdissement dans les doigts de la main droite, jamais dans les lèvres ou la face.

Aucun signe d'hystérie, sauf un double rétrécissement concentrique du champ visuel à 45^ à gauche et 50* à droite.

Six mois de traitement bromure à hautes doses ont tout fait disparaître: accès, migraine, rétrécissement du champ visuel. Nous n'avons plus revu la malade depuis cette époque.

Ce cas est rendu curieux par le fait de la coexistence de deux sortes de troubles visuels différents : Fun, constitué par la vision de carreaux lumineux etcolorés, et formant l'aura de Taccès épileptique ; Tautre, représenté par le scotome scintillanttypique, et faisant partie de crises de migraine ophthalmique classique. Si ce dernier phénomène avait seul existé, concurremment avec les crises convulsives, on aurait pu penser qu'il s'agissait simplement de migraineophthalmique accompagnée, les attaques épileptiformes faisant partie de la symptomologie de cette migraine. Mais le trouble visuel qui constituait Taura était bien différent du scotome scintillant et la malade savait parfaitement les distinguer l'un de l'autre. Il est donc vraisemblable d'admettre qu'il s'agissait là de deux affections séparées :

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