DURÉE VARIABLE DES AURAS
d'une notable exagération desr^ battements de cœur dont elle souffre d'une façon à peu près continue. Pas d*affection cardiaque.
Observation XXXV.
Ség... Céleste, 32 ans.
Début, vers Tâge de deux ans, par des accès convulsifs qui n'ont jamais cessé depuis et se reproduisent toutes les deux ou trois semaines.
Aura consistant en une crise de battements de cœur très violents, accompagnés d'une sensation de faiblesse générale. Durée variable, mais toujours suffisante pour permettre à la malade d'éviter la chute. Il existe quelques accès avortés, consistant seulement en une crise de battements de cœur. Pas d'affection cardiaque.
L'aura chez ces deux malades est absolument la même en ce qui concerne les phénomènes qui la constituent. Ce sont tout d'abord des manifestations d'ordre sensitif: sensations de faiblesse générale, de malaise, puis un trouble particulier plutôt du domaine de la motilité : les palpitations cardiaques. Comme combinaison c'est ce qu'on peut imaginer de plus simple et même, à la rigueur, on pourrait admettre qu'il ne s'agit que de phénomènes cardiaques, les palpitations pouvant produire ces sensations de malaise, de faiblesse générale qui les accompagnent. Mais nous nous contentons de mentionner les faits sans tenter de les subordonner les uns aux autres.
On voit en outre par ces observations combien ces deux auras, si semblables quant aux phénomènes qui les constituent, diffèrent en somme pratiquement chez chaque malade. Dans un cas, en effet, elle est courte, au point que la malade incapable d'éviter la chute se blesse souvent en tombant. Dans l'autre, au contraire, elle est assez longue pour lui permettre de gagner son lit ou de se coucher à terre et de laisser ainsi, sans crainte, venir l'accès.
ChARCOT, t. !!• 27
Obsbryatton XXXVI.
Fr... Léonie, 40 ans, institutrice.
Père asthmatique. Deux sœurs, dont Tune est paralysée des deux jambes et Tautre est migraineuse.
Début à rage de 5 ans. Puis interralle de six ans sans rien. Enfin retour des accès, qui ont lieu très fréquemment, deux à trois fois par semaine, avec une recrudescence avant et après ses périodes menstruelles.
Aura variable, pas toujours la même à toutes les attaques. Le plus souvent, c'est une sensation de vide dans l'estomac, « comme si elle n^avait pas mangé depuis un mois. » D'autres fois c*est d'abord une sensation douloureuse de constriction dans les tempes et le front ; puis elle voit une boule de feu de grosseur d'une pomme, qui se promène devant ses yeux. Plus Taccès doit être violent, plus l'aura est courte. Elle l'est quelquefois au point qu'elle n'a pas le temps de prévenir la chute. De cette façon, elle s'est souvent blessée et une fois elle est tombée dans le feu et elle porte encore, au niveau de la main gauche, des déformations cicatricielles considérables consécutives à la brûlure qu'elle se fit ainsi.
Nous retrouvons dans l'aura de cette malade le phénomène visuel du scotome scintillant que nous avions déjà rencontré, mais à l'état d'isolement (Obs. XV). Chez celle-ci, il est associé à des manifestations de Tordre sensitif : constriction douloureuse de la tête et du front. Â noter également ce fait que Taura n'est pas toujours la même pour toutes les attaques et que plus oelle-ci est violente et par suite dangereuse^ plus courte est r aura et par suite moins avertie est la malade.
Jusqu'ici nous n'avons examiné que des cas dans lesquels il y a, pour former l'aura, association seulement de deux éléments d'ordres différents. Dans les deux observations qui suivent, on en verra trois bien nettement caractérisés.
Observation XXXVII.
Char... Eugénie, 1^ ans.
Début il y a quelques mois, sans cause connue. Un ou deux accès par mois, principalement nocturnes. Dans ce cas elle ne se souvient de rien.
Aura ayant précédé deux accès matinaux. Frissonnement, sifflements ti*ès violents et très aigus dans les oreilles ; puis la tête et les yeux se tournent à gauche, et elle se renverse sur son siège ; à ce moment, hallucinations terrifiantes (vision de bêtes féroces qui se jettent sur elle); enfin cris et convulsions des bras.
Les accès de petit mal sontf précédés seulement d'une aura auditive : bourdonnements dans les oreilles.
On est donc en présence chez cette malade d'une association de phénomènes auditifs, visuels et moteurs, donnant une aura fort complexe, de durée assez longue, ne se manifestant qu'au début des grands accès diurnes, différente de celle qui précède les accès de petit mal. Dans le cas suivant, nous constaterons l'association du syndrome de Ménière et de phénomènes moteurs et sensoriels (hallucinations du ^oût).
Observation XXXVIII.
Del... Anna, 38 ans.
Père buveur; mère suicidée en se jetant par la fenêtre.
Début tardif à Tàge de 23 ans^ à la suite de Témotion causée par le suicide de sa mère. Depuis, deux accès par mois, pendant la semaine de ses règles.
L'aura n*est pas la même pour les accès et les vertiges. Avant les accès, elle est très courte et consiste seulement en un étourdissement rapide avec bourdonnements dans les oreilles. Avant les vertiges, c'est d'abord le vertige avec bruits d'oreille, puis une sensation de goût amer « plus qu'amer » dans la bouche, enfin quelques paroles involontaires ( a maman me Ta dit » ) précédant immédiatement la perte de connaissance.
Dans les cinq observations qui vont suivre, nous allons trouver l'association des phénomènes plus ou moins complets de l'aura hystérique avec d'autres manifestations. Remarquons en passant que les cinq cas, ajoutés aux dix autres que nous avons mentionnés plus haut, donnent un total de quinze cas d'aura hystéroïde sur quarante-trois cas d'épilepsie avec aura précédant les accès, c'est-à-dire plus du tiers ou presque 35 0/0.