MODIFICATIONS DB L ATTAQUE HYSTÉRIQUE
les cas de ce genre dont nous nous occuperons seulement ici, les attitudes passionnelles se prolonger aux dépens des autres phénomènes et prendre une prédominance telle que Tattaque devient véritablemeiltuneattaquedélirante,rélément convulsif se trouvant rejeté au second plan. Dans les cas les plus ordinaires, les deux dernières périodes durent peu ou même peuvent manquer complètement. Nous montrerons dans le cours de ce travail que Tune d'elles, la phase passionnelle^ qui chez le plus grand nombre des malades dure seulement quelques minutes, peut, sans perdre ses caractères essentiels, s'étendre à plusieurs heures et môme plusieurs jours.
Ces diverses modalités de la grande attaque d'hystérie se trouvent déjà signalées dans le livre de M. Gharcot que nous citions plus haut. Mais c'est surtout dans ces derniers temps que l'attention a été atlirée par lui sur quelques-unes d'entre elles et en particulier sur la forme délirante de l'attaque (1). Dans ses leçons cliniques, M. Charcot avait fait remarquer maintes fois combien cette attaque de délire se rencontre souvent dans l'hystérie. On voit alors le» phénomènes convulsifs de la crise se réduire à leur minimum, et, au contraire, les attitudes passionnelles prédominer avec grande violence, au point de constituer une période plus ou moins prolongée d'un délire généralement actif et bruyant, quelquefois furieux, quelquefois gai ou erotique, quelquefois caractérisé par un bizarre changement de la personnalité, la zôanthropie.
On avait déjà à la vérité observé et publié des cas de ce genre. Les deux observations bien connues de Mesnet doi^ vent, ainsi que nous le montrerons dans le cours de ce travail, rentrer dans la catégorie du délire de la phase passionnelle de l'attaque auquel M. Charcot propose d'attribuer la dénomination de somnambulisme hystérique. Elles doivent être, dans ce groupe, considérées comme des pro-
(1) Voir Leçons du Mardis t. I et II, et plua haut, n» XXVII.
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totypes. M. Mesnct, initiateur dans la matière, caractérisait cet état délirant qull avait observé avec les plus grands détails par le terme de somnambulisme pathologique, opposé à celui de somnambulisme naturel ou mieux noc* tambulisme, que Ton applique aux individus qui se lèvent la nuit pour accomplir quelque acte plus ou moins raisonnable; mais déplacé, et dont lady Macbeth, dans la scène magistrale de Shakespeare, représente le type le plus connu.
II est facile de se rendre compte de la nature réelle du délire chez la première malade de M. Mesnet(l). Il s'agissait d*une Jeune femme de 30 ans, soignée pour des accidents hystériques graves, consistant surtout en grandes attaques qui revenaient avec une violence et une fréquence inusitées. On en constata jusqu'à 927 en dix jours, c*est-à-dire en moyenne 92 par vingt- quatre heures. Ces attaques, qui étaient tout d'abord vulgaires, commencèrent un beau jour par s'entremêler do phénomènes que nous considérons aujourd'liui comme du domaine de l'hypnotisme, mais que l'on prenait encore à celle époque pour des névroses spéciales, la catalepsie, par exemple. Nous n'insistons pas ici sur cette immixtion de phénomènes hypnotiques dans l'attaque d'hystérie, nous réservant d'y revenir plus loin à propos d'un de nos malades.
Les choses en étaient à ce point chez la malade de M. Mesnet, lorsqu'une nuit, immédiatement au sortir d'une attaque convulsive d'une grande violence, elle se lève, s'habille, descend au jardin, court avec agilité et sautesur les bancs, alors qu'il lui fallait, à lëtat de veille, un bras pour la soutenir pendant la marche. Après quelques évolutions, elle rentre, se coucher et termine la scène par de grandes convulsions.
Dans d'autres crises somnambuliques, toujours précédées et suivies, comme la première, d'une période convulsive, la malade est en proie à des hallucinations visuelles terriflantes. Elle parle, lutte contre des gens imaginaires qui veulent lui enlever ses enfants, écarte des bêtes qui veulent les dévorer. Elle fait dans ses crises plusieurs
(l) Mesnet. — Etudes sur le somnambulisme, envisagé au point de vue pathologique. (Arch.gén, de mérf.,1860, I. p. 147),