‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 167 sur 177 · STATISTIQUE ANNUELLE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE ANNUELLE

nent à cette catégorie de cas étudiés récemment par M, Gilles de la Tourette (1) et M. Artières (2).

Nous avons cru devoir placer sous des rubriques spéciales quelques cas d'associations morbides bien caractérisés. Nous avons ainsi trouvé sept fois l'association manifeste de la chorée de Sydenham avec l'hystérie, sans comprendre les cas signalés par M. P. Marie, dans lesquels on trouve seulement de l'ovarie chez les choréiques ; quatre fois l'association de l'hystérie et de la maladie de Basedow; une fois celle de cette dernière avec le tabès ; enfin une fois la combinaison du tabès avec le diabète sucré. Ce dernier cas est à ajouter à ceux du même genre que nous avons publiés dans ce volume (Voir plus haut, n« XXXII).

Si nous revenons maintenant sur les chiffres généraux résultant du tableau ci*dessus, nous trouvons dans une période de neuf mois (février à novembre 1891), pour 37 jours de policlinique, un total de 3.168 consultations données à la policlinique de M. Gharcot. Sur ce total, on compte 1.255 consultations données à des malades en cours de traitement et 1.913 malades nouveaux vus pour la première fois, ce qui fait en moyenne par jour de consultation 86 malades, dont 52 nouveaux.

En multipliant ces derniers chiffres par 52 (nombre de semaines de l'année), nous aurons pour un an un nombre total de malades passés à la policlinique, se montant à 4.472, sur lesquels 2.704 nouveaux. Ces chiffres montrent l'importance considérable qu'a acquise aujourd'hui le service de policlinique dans la clinique neuropathologique de M. le P' Gharcot à la Salpêtrière.

(1) Gilles de la Tourette. — Notes sur quelques paroxysmes hystériques peu connus; attaques à forme de névralgie faciale^ etc. .. {Prog. méd., 1891. No 31).

(2) Artières. — Des névralgies hystériques, en particulier de la névralgie faciale (Th. Paris, 1891).

APPENDICE

APPENDICE '

Toux et bruits laryngés chez les hystériques, les choréiques, les tiqueux et dans quelques autres maladies des centres nerveux (2).

Messieurs,

Les hasards de la clinique ont réuni dans le service un certain nombre de faits intéressants, cohérents entre eux, qui me conduiront à appeler votre attention sur quelques épisodes encore assez peu connus et assez insuffisamment étudiés de l'hystérie ; je veux parler de l'émission plus ou mois répétée de sons laryngés plus ou moins bruyants, qui paraît quelquefois constituer à elle seule toute la maladie.

I. — J'appelle ces bruits « laryngés » parce que le larynx prend part nécessairement à leur production, mais il va sans dire que les muscles d'expiration et

(1) Cet appendice comprend deux leçons, délivrées en 1886, qui ont été omises par erreur dans le troisième volume des M&laJdies du système nerveux de M. Charcot. L'une d'elles a paru récemment dans les Archives de Neurologie (n* 67) in extenso^ après un extrait publié dans la Semaine médicale duiS septembre i886. L'autre a été publiée dans le Bulletin médical (?5 mai 1887).

(2) Leçon du 22 mars 1886.

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d'inspiration entrent également en jeu, en même temps parfois que les voies aériennes supérieures, voile du* palais, pharynx, etc. Au point de vue du mécanisme qui préside à leur production, ces bruits ou sons peuvent être ramenés à deux chefs. Les uns sont expiratoires et faits sur le modèle de la toux. La toux consiste, vous le savez, en une série d'expirations brusques produisant un bruit particulier par suite du passage violent de l'air expiré à travers la glotte. La toux hystérique, d'ailleurs, représente un type fondamental dans ce premier groupe. Les autres bruits sont, au contraire, inspiratoires et faits sur le modèle du hoquet, lequel consiste essentiellement, vous le savez, en une contraction subite du diaphragme suivie d'un bruit laryngé rauque.

Mais quel que soit le mécanisme, inspiratoire ou expiratoire^ du bruit produit, celui-ci, toujours inarticulé, peut, sans changer de caractère nosographique et de signification clinique, se présenter sous des formes très variées, très diverses, s'éloignant quelquefois beaucoup, en apparence du moins, du type toux {tussis) ou du type hoquet (singultus). Ces formes sont désignées communément d'après la ressemblance plus ou moins exacte qu'elles présentent, avec les bruits, sons, cris qui servent de moyens d'expression à divers animaux. C'est ainsi que vous entendrez parler chez les hystériques : l^" des aboiements et des hurlements ; 2'' des miaulements; 3* des grognements, des mugissements, etc., etc., en souvenir des bruits correspondants qui se produisent à l'état physiologique chez les chiens, chats, porcs, bœufs ou vaches, etc., etc.

Ce rapprochement entre les bruits ou cris physiologiques émis par divers animaux, et les bruits laryngés pathologiques des hystériques, est, sans doute, le plus souvent un peu forcé! Quelquefois cependant la ressemblance est vraiment frappante et il y a même quelques bonnes raisons de croire que les cris d'animaux

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