CARACTÈRES DES BRUITS HYSTÉRIQUES
transportés chez l'homme sont, dans certains cas au moins, la conséquence d'une imitation involontaire, automatique, le fait, en un mot, de la contagion ner-' veuse, comme on rappelle. C'est un point sur lequel, d'ailleurs, nous aurons loccasion de revenir dans un instant.
Est-ce encore de cette façon, c'est-à-dire par un phénomène d'imitation inconscient, de suggestion, qu'il faut interpréter les faits analogues à celui rapporté par M. Blachez, dans son travail sur ce quïl appelle la chorée du larynx, et où il s'agit d'un enfant âgé de six ans ? A la suite d'une bronchite légère, il avait été pris tout à coup d'un cri grave, éclatant, tout à fait analogue au bêlement d'une de ces chèvres mécaniques avec lesquelles les enfants aiment à jouer. Ici il s'agirait de l'imitation d'un objet inanimé, ou animé seulement par un ingénieux mécanisme (1).
IL — Quelle que soit la forme qu'affectent les bruits laryngés des hystériques, ils présentent un certain nombre de caractères communs sur lesquels, en manière de préambule, je veux appeler votre attention. Ces caractères les rattachent les uns aux autres et permettent de les considérer comme constituant un groupe naturel.
Les caractères suivants, empruntés pour la plupart à la très remarquable description que Lasègue a donnée en 1854 de la toux hystérique, peuvent être appliqués aux cas de bêlement, de mugissement^ d'aboiement hystérique enfin, à peu près sans restriction (2).
l'' La toux, comme les autres bruits laryngés hystériques, se présente souvent sous forme d'accès plus ou moins prolongés, se montrant en général à de certaines heures du jour, surtout le soir, toujours les mêmes ;
(1) Blachez. — Chorée du larynx {Gazette hebdomadaire, n'»42,p. 692, 1883).
(2) Lasègue.— ,4 rc/i. de méd.^ 1854 et Etudes méd.^ t. II, p. 1.
446 ▲GGÈs; rhtthme; innocuité.
mais le plus oommunément c'est un symptôme en quelque sorte permanent , touj ours présent aux diverses heures du jour et ne cessant que la nuit pendant le sommeil qui n'en est habituellement
pas interrompu. ||
2** Les secousses de « 8
toux, ou les bruits res- 6*?^
tent isolés les uns des û J
autres , ou au contraire -^ B
ils se groupent en se î^ |
répétant successive- '^^
ment au nombre de gV
trois ou quatre, par ^ g
exemple, c'est-à-dire |§
suivant un rhythme ter- è J
naire ou quaternaire. ^2
Les secousses isolées «|
d'ailleurs, comme les ^^
groupes de secousses, I |
sont séparées les unes ^ ^
des autres, comme le .5»!
montre bien l'emploi ^-8
de la méthode graphi- |
que, par des interval- «^
les sensiblement égaux ^ (Voir le tracé ci-contre
Fig. 21).
3<> Malgré la fréquente répétition de ces bruits ou leur intensité, le malade, chose remarquable, ne souffre
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pas de dyspnée bien marquée, ni de suffocation : il en est quitte pour un peu de fatigue. D'ailleurs, avec les bruits^pas d'autres^phénomènes laryngés concomitants; pas de sécrétion laryngée ou bronchique ; pas de signes particuliers à l'auscultation. Il ne faut pas oublier toutefois, à ce propos, que la toux ou les bruits hystériques se développent quelquefois pendant le cours ou à la suite d'un rhume, qui se traduira de son côté par des signes stéthoscopiques plus ou moins accentués.
4"* Ce que dit Lasègue, à savoir que la toux, comme les autres bruits laryngés hystériques, ne se développe pas après vingt-cinq ans et qu'on la voit habituellement chez les jeunes filles, est parfaitement exact. Mais il n'est pas exact qu'on ne la voie pas chez les jeunes garçons ; je vais, dans un instant, vous en fournir la preuve, par la présentation d'un exemple approprié.
5"* Un caractère fort remarquable et dont la connais* sance est d'importance en pratique, c'est que la toux et les autres bruits laryngés sont dans l'acception la plus étroite du mot des phénomènes d'hystérie locale. Ils ont, en d'autres termes, une tendance marquée à subsister chez l'hystérique à l'état d'isolement, sans accompagnement d'autre stigmate ; si bien que Thystérie dans laquelle ces accidents existent représente en quelque sorte une forme anormale, un groupe à part ; ainsi les attaques convulsives en pareil cas sont vraiment rares; rares aussi les autres accidents d'hystérie locale tels que clou, contractures, paralysies, etc. Il semble en somme qu'il y ait une sorte d'antagonisme entre cette forme et les autres. Et c'est là une circonstance qui, incontestablement, est bien faite pour rendre parfois le diagnostic difficile, en masquant la véritable nature du mal. Je dois dire cependant que, d'après mon expérience personnelle, dans un grand nombre de cas de ce genre, la recherche des stigmates sensitivo^sensériels permanents, anesthésie, rétrécissement du champ visuel, lorsqu'elle est poursuivie très attentive-