‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 29 sur 177 · SENSATIONS OLFACTIVES · texte numérisé non relu

SENSATIONS OLFACTIVES

oination de grand soleil ; le verre vert, la nuit et Tisoleinent ; le verre bleu, la vue de sa mère dans le ciel. A ce moment une reprise des mouvements convulsifs interrompt un instant le délire, qui reprend ensuite spontanément : les rats, etc.

Nous mettons alors un morceau de camphre sous le nez de la malade : « Des habits I... Monsieur Binet, j*ai un rhume de cerveau... Non, écoutez, came porte à la tcte... Ça conserve les habits... Oh ! ma tête ! »

Avec Veau de Cologne : c Beau jardin ! je vais aller me promener dans ce jardin. .. Quelle fleur est-ce ? Je ne pourrais pas dire au juste... Je ne sais pas... J'ai assez du jardin, je sors un peu. 1

Avec du sulfure de carbone la malade fait une grimace de dégoût : t Oh ! c*est infect..., où sommes-nous, dis?... Il ne sent pas, lui 1 » Elle porte sa main à son nez : « Je me bouche le nez avec mon mouchoir, mais je sens tout de même... Où sommes-nous donc ? p Elle est prise de nausées : f J*ai un peu mal au cœur... C'est mon déjeuner qui ne digère pas. »

Avec de Véther (qui nous sert habituellement à la Salpètrière pour calmer les attaques hystériques lorsqu'elles sont trop violentes ou ne cèdent pas à la compression des points spasmofrénateurs, quand ils existent) : c Oh! oui, les nerfs^ les nerfs 1... Regarde la pauvre ûlle là-bas... Va à son secours... Va vite. Pauvre fille I je la plains de tout mon cœur... Je n*en ai plus, moi, d'attaques (à part) et puis je ne te le dirais pas, pour sûr. Demande à papa, qui est là derrière..., je ne m'en cacherais pas... On dit que l'hystérique est passionnée, mais c'est pas ça du tout... Je t'assure que je n'ai pas d'attaques... M. X..., je l'aimais bien ; M. Y..., oh 1 pas du tout; M. Z... (1), je l'aime un peu, mais ce qu'il est taquin 1 Dans le fond, il me revient M. Z.. . Il a bon cœur, mais il se laisse monter la tète... Ah 1 pourquoi sommes-nous venus? Je ne voulais pas y aller, à la Salpètrière. On pouvait bien aller se promener ailleurs..., j'en ai plein le dos..., je ne voulais pas aller les voir... Tiens, si, allons voir la petite Léonie (il s'agit d'une malade du service). Elle n*est pas grossière, elle... Oh! ces personnages grossiers, je les ai en horreur... Léonie, viens nous voir chez nous... Tu sais, je te le dis à toi, ici, j'aurais peur d'être malade... »

Suit une interruption d'une heure et demie, pendant laquelle

(1) Il s'agit d'anciens chefs de clinique ou internes de M. le P' Charcot, qu'elle a connus depuis bientôt quatre ans qu'elle est à la Salpètrière.

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