‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 28 sur 177 · INFLUENCE DES EXCITATIONS SENSORIELLES · texte numérisé non relu

INFLUENCE DES EXCITATIONS SENSORIELLES

chee cette jeune fîUe le procédé de Motchoutkowsky et modifier son délire à l'aide de l'excitation des organes des sens. Ces résultats ont été aussi caractéristiques que poi^sible. Nous provoquions généralement Tattaque en suggérant à la malade, pendant la période somnambulique de l'hypnose, qu'elle allait avoir une crise. Le résultat ne se faisait pas attendre. Elle ressentait tous les phénomènes de l'aura, puis tombait en convulsions. Tout d*abord on assistait à la phase épileptoîde, puis à celle des grands mouvements et arcs de cercle. Puis arrivait la phase des attitudes passionnelles pendant laquelle elle était en proie spontanément à des hallucinations analogues à celles que nous décrivions plus haut, bien que moins variées et moins nombreuses en général. Nous nous adressions alors successivement aux divers sens de la malade par les procédés dont rénumération suit :

En plaçant un verre rouge devant les yeux de la malade, sa physionomie revêt une expression de terreur, elle lève les bras au ciel : < Oh ! Charles, viens à mon secours !... Quoi ? tu es en sang. Mon Dieu, qu'est-ce que tu as ? Charles, je ne veux p»s te voir comme cela. Non, ne viens pas. »

En faisant usage d*un verre jaune : « Charles, le soleil ! un temps superbe !... Où vas-tu par un beau temps comme cela]? » Elle ferme les yeux : « Allons à Tombre.... Les beaux nuages 1 »

Avec un verre vert foncé: t Oh ! Charles, je m*ennuie I Je suis toute seule..., où donc^ àcette heure ?... En pleine nuit..., œs hommes après moi ! i '

Le verre bleu foncé amène sur la face l'expression de l'attention, puis de Textase : « Mon père, je veux me retirer ces idées..., tu as toujours été bon ... Ma pauvre mère, je te vois. Bonjour I Jeté vois dans le ciel... Oh! mamao^ dis, tu m'aimes bien ?... Aie pitié de ta fille, maman. »

Avec un verre vert de vitre, elle se croit au bord de l'eau : € J'ai toujours eu peur de tomber à Teau. Mélie, viens ) Nini, viens, prends garde, ne marche pas au bord. Ma petite sœur, j'ai toujours eu peur que tu tombes à l'eau... Viens ici... Où en vols-tu ? je n'en vois pas du tout. Tu crois qu'ils vont sortir <ie l'eau. T'es bebéte!... Où il est^ papa?... Qu'est-ce que tu veux ? nous sommes nerveuses, j'ai toujours été diable. Tu me gâtais, mon père, tu avais un penchant pour moi... Je cours tout droit vers l'eau. »

De nouveau le verre jaune ramène instantanément l'hall u-

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