‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 32 sur 177 · SENSATIONS THERMIQUES ET AUDITIVES · texte numérisé non relu

SENSATIONS THERMIQUES ET AUDITIVES

celle de laparotomie. Ces hallucinations provoquées sont d'une fixité digne d'être notée.

Avec une compresse chaude appliquée sur Vépaule, elle manifeste qu'elle a fort chaud, elle déboutonne le col de son corsage, s'évente avec sa main ou son mouchoir: c Où sommesnous?... En Afrique... C'est comique... Ce que j'ai chaud l Charles, je sue sur la poitrine... Ça te paraît drôle; c*est que je suis extraordinaire... C'est TAfrique, jamais je n'avais vu l'Afrique. C'est le pays d'une petite que je connais... Tombouctou..., le désert..., les chameaux... » Il est bon de faire remarquer qu'il y avait dans le service de clinique, au moment où nous commençâmes nos expériences, une jeane négresse de Tombouctou atteinte d'hystérie convulsive classique.

Une compresse très chaude sur la joue lui donne l'idée de névralgies : « Quelle névralgie I... Je demanderai de l'antipyrine... Charles, tu m'en donneras de l'antlpyrine... J'en prendrai deux grammes. »

L'application d'un fer froid sur la /ace, la poitrine, la fait grelotter, t Quel froid !... Ah ! je suis sur la neige... Vite, mon manteau !... Comment que ça se fait? Où donc sommes-nous?... En Sibérie ?... »

Une compresse trempée dans Veau froide et placée sur la poitrine lui donne l'idée de bain froid : « Alors nous allons nous baigner?... Au bord de la mer, je veux bien. Mais ici, non, je ne veux pas... Nous voilà dans l'eau! Cela donne des douleurs. Je crains même l'humidité. Je ne sors pas quand il pleut, à moins d'y être obligée... »

Un bruit de tambour produit à côté d'elle lui fait voir des soldats, puis la foire de Saint-Denis.

Un bruit de gong léger et monotone lui rappelle un enterrement ; « Qui donc est mort?..... Comme c'est triste! Ça me

rappelle ma pauvre mère. » Alors elle se cache la figure dans ses mains et pleure.

Nous l'asseyons devant une table et, lui mettant une plume à la main, nous essayons de la faire écrire. Elle ne modifie pas son délire qui se déroule soit spontanément, soit suivant les modifications que nous lui apportons par un des procédés ci-dessus, et elle écrit quelques mots en rapport avec l'hallucination du moment: c Musique ,je m'ennuie • C'est tout

ce que nous avons pu obtenir d'elle sous ce rapport.

Aucune autre impression sensorielle un peu plus compliquée ne provoque chez cette malade de modification du délire ni d'hallucination en rapport avec Tobjet de cette impression. On place devant elle une chaise, elle ne parait

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