‹ Clinique des maladies du système nerveux; leçons du professeur, mémoires, notes et observations parus pendant les années 1889-90 et 1890-91Chapitre 70 sur 177 · OBSERVATIONS DB UU, BOURRU ET BUROT · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DB UU, BOURRU ET BUROT

Saint-Georges, près Bourg, sous la direction de M. Lacuire. Pendant son séjour dans cet établissement, il présente le mètne caractère et les mêmes vices que précédemment.

On le retrouve à Paris, en 1883, puis à Sainte-Anne et enfin à Bicètre où il entre dans le service de M. J. Voisin (I). Pendant son séjour dans cet hospice, il fut pris, à partir du 26 janvier 1884, de paralysies et de contractures diverses. Le 17 avriU à la suite d'une attaque, la contracture a disparu et il se croit dans Tétat antérieur au 26 janvier ; il n'a aucune notion de la contracture qu'il vient d'avoir et on Tétonne beaucoup en lui disant qu'on est au 17 avril et en lui montrant des feuilles vertes aux arbres.

Quelque temps après (juin 1884), à la suite d'une nouvelle attaque, il se croit au 17 avril pendant vingt-quatre heures. Mais^ le lendemain, il retombe dans l'état primitif, à la faveur d'une autre crise qui remet les choses en placu. Enfin, en janvier 1875, il s'évade de Bicêtre, après avoir volé des habits et de l'argent À un infirmier, comme à Bonneval.

Après quelque temps de séjour à Paris avec un camarade de l'asile, qu'il avait retrouvé, il s'engage, on no sait pas trop comment, dans l'infanterie de marine dans laquelle il sert sans incidents jusqu'au mois de mars de la même année. C'est alors que, devenu hémiplégique à la suite de crises nouvelles, il entre à l'hôpital de Rochefort où il est entre les mains do MM. Bourru et Eurot.

A cette époque (avril 1885), le malade est atteint d'une hémiplégie motrice et sensitivo-sensorielle du côté droit avec points hystérogcnes bien caractérisés. Son caractère est irritable, son langage grossier. Il souffre d'un trouble de la prononciation qui le rend presque inintelligible. A mesure que rhémiplégie s'améliore et tend à la guérison, son caractère se modifie et devient plus doux, bien qu'encore irritable.

Dans cet état, il ne connaît que la deuxième partie de son séjour à Bonneval, se rappelle très bien M. Camuset, l'histoire de son vol et de sa tentative d'évasion. Puis, de 1881 à 1883, il y a une lacune dans ses souvenirs, qui portent ensuite Fur son séjour à Bicêtre, dont il se rappelle parfaitement tous les incidents, nommant M. J. Voisin, M. Bourneville^ etc., parlant de son évasion et de sa vie à Paris. Il a oublié tout ce qui a rapport à son engagement dans l'armée et n'a, d'autre part, aucune notion des faits relatifs à son enfance, à son séjour à

(l) J. Voisin. — Arch. de neurol. Septembre 1885.

Observations de uu. bourru et burot. 207

Saint-Urbain, postérieurement à l'incident de la vipère, à la première partie de son séjour à Bonneval, alors qu'il était paralysé.

MM. Bourru et Burot, tentant de guérir Thémiplégie par les moyens œsthésiogènes, placent un aimant auprès du malade. Peu de tempa après, une petite crise se déclare et, au réveil, un singulier changement s'est produit. L'hémiplégie s^est transférée au côté gauche; le caractère s'est modifié en bien. Le malade est à Bicètre, salle Cabanis, service de M. J. Voisin, en 1884. Il ne reconnaît aucune des personnes présentes et, d'ailleurs, n'a aucune notion des autres périodes de son existence.

 la suite d'une autre application d'aimant, le malade so croit à Mâoon, en 1881, et a oublié tout le reste. Il sait Itre^ mais il est incapable de dire où on lui a appris.

Une autre expérience du même genre modifie différemment Sa personnalité. Il est à l'asile de Saint-Georges, sous les soins de M. Lacuire ; il a dix-neuf ans. Tout le reste de sa vie lui est inconnu.

En plaçant un aimant au niveau de la nuque on réveille chez lui une de ses anciennes personnalités, qui reparaît seule. Il est à Bonneval, pendant la première partie de son séjour dans cet établissement, alors qu'on l'y faisait travailler comme tailleur; il est paralysé des deux jambes. Il vient de Saint- Urbain où cette paralysie s'est développée. Il lit à peine ( t est obligé d'épeler ses lettres pour y arriver. Toutes les rutrcH périodes de la vie, tant antérieures que postérieures à 1880, lui sont inconnues.

L'action de l'électricité statique développe chez lui une crise et, à la suite de cette expérience, il est à Saint-Urbain avant l'incident de la vipère. Il a quatorze ans. Il est doux, convenable et bien élevé. Il n'a aucune paralysie, ni ancsthésie. On voit combien cet état contraste avec l'état de Rochefort, caractérisé physiquement par l'hémiplégie droite, car il est bon de dire que, entre chaque expérience rappelant artificiellement tel ou tel état de personnalité, il retombait spontanément dans la situation où il se trouvait en entrant à Thôpital de Rochefort (état de Rochefort, avril 1885). Après cette expérience il revint, par l'intermédiaire d'une crise convulsive, de cet état de Saint-Urbain avant la vipère, à l'état de Rochefort.

En plaçant un aimant au niveau de la cuisse droite, on assiste au développement d'une véritable petite crise, puis le malade est soldat dans l'infanterie de marine, en garnison à Rochefort, avant son entrée à l'hôpital. Dans cet état, que l'on pourrait à la rigueur considérer comme l'état le plus rappro*

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