PHÉNOMÈNES D*AMNÉSIE
semble suffit en Homme pour constituer le dédoublement delà personnalité. Elle connaît le nom de son père, mais il ne faut pas lui en demander plus long; c'est tout ce qu'elle sait. Le reste de sa famille est pour elle dans la plus absolue obscurité.
Parmi les notions conservées dans cet état B, et qui ne contribuent pas pour peu de chose à lui donner Taspect d'une personne ordinaire, se trouvent la lecture et récriture. Elle sait lire et écrire et elle ne fait pas plus de fautes d'orthographe, dans cet état, qu'elle n'en ferait dans l'état normal Elle continue à coudre, à faire du crochet ou quelques autres ouvrages de femmes, correctement, sans maladresses ni défaillances de mémoire.
Elle sait lire les chiffres et les nombres composés de deux chiffres. Mais ses connaissances se bornent là en fait d'arithmétique. Si on cherche à lui faire lire le nombre 354 par exempte, elle lit : trois, cinq, quatre, ou trente-cinq, mais ne peut dire le nombre formé par les trois signes. On lui dit alors d'écrire trois cent cinquante-quatre^ elle pose 3 et s'arrête là. Elle est en outre absolument incapable de faire une addition ou une soustraction, ni toute autre opération d'arithmétique, si simple qu'elle soit.
Mais ces phénomènes demandent à être cherchés, ils ne sautent pas aux yeux tout d^abord et, je le répète encore, cette jeune fille, dans cet état, présente, pour tout observateur non prévenu, médecin ou non, absolument l'apparence d'une personne ordinaire et normale. On ne saurait donc lui appliquer régulièrement l'épithète de som?iambule et caractériser son état par la dénomination de somnambulisme. Le mot a vigilambulisme » proposé par MM. Egger et Lereboullet pour désigner l'état second de Félida (la malade de M. Azam dont l'observation est résumée plus haut) parait de beaucoup préférable et doit passer dans l'usage. Nous continuerons donc à l'employer.
Mais cette jeune fille d'apparence normale est cependant malade ; elle présente des troubles qui méritent d attirer l'attention, et dont la présence justifierait à elle seule son séjour à l'hôpital. Elle a tout d'abord des crises de nerfs. Celles-ci sont simplement des attaques vulgaires d'hystérie, pas très violentes, mais suffisammentcaractéristiques.