NOTIONS CONSERVÉES DANS L'ÉTAT SECOND
forces, et, pour la pensée, pour les affaires, pour les améliorations, pour les découvertes, il ne resterait rien. »
Ce sont ces actes, devenus par l'habitude presque automatiques ou réflexes, qui sont, dans bon nombre de cas, conservés en tout ou en partie dans le vigilambulisrae. On ne saurait, malgré cela, dans l'état actuel de nos connaissances, formuler de règle absolue à ce sujet. Dès que la notion acquise devient un peu complexe, il est rare qu^elle persiste dans son entier. Je n'en veux pour exemple que celui de notre malade, Marguerite D..., qui savait encore lire, écrire et composer un nombre de deux chiffres, mais était incapable de lire un nombre de trois chiffres et de faire une opération, si simple qu'elle fût, d'arithmétique.
Dans certains cas, il est remarquable qile le malade choisit pour ainsi dire, parmi ses acquisitions antérieures devenues à peu près automatiques par l'habitude, telle ou telle qui persiste pendant la condition seconde, tandis que les autres disparaissent. A ce point de vue, le jeune Albert X... de M. Azam est fort intéressant. Comme on Ta vu, ce îeune garçon avait tout oublié, lecture, écriture, calcul, etc., dans l'état second. Mais il continuait à monter à cheval et à conduire. Ces deux notions acquises et devenues automatiques par l'habitude, comme chacun sait, avaient seules persisté, tandis que nombre d'autres, plus utiles cependant et surtout plus fondamentales parmi les notions de ce genre, avaient totalement disparu.
En présence de la persistance, dans l'état second, de certaines notions acquises dans l'état prime, il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que les acquisitions faites dans le vigUambulisme ne se reportent pas dans l'état de veille. On a vu plus haut que Marie H... avait appris à lire, à écrire, à compter et à faire du crochet dans l'état second. Elle ignorait tout cela, comme par devant, dans l'état normal. Cela tient-il à ce que les notions acquises dans l'état second sont moins profondément implantées, ainsi que je l'ai montré chemin faisant à propos d'une de nos malades? Est-ce dû au contraire à ce que la seconde personne est plus complètement ignorée de la première que la première de la seconde, ce qui paraît vrai, puisque dans nombre de cas celle-ci a une notion, soit parfaite, comme chez Félida