CONDITION PHYSIQUE DANS LES DEUX ÉTATS
Maïs ce n*est pas tout, et celte sensation de bien-ctre dans laquelle se trouvent la plupart des malades provient encore d'une autre circonstance. Il est remarquable, en effet, que, chez la plupart d'entre elles, on constate, pendant rétat second, un certain apaisement des phénomènes de rhystérie qui constitue le fond de leur maladie. Lo sujet de Verriest était aphone dans l'état normal provoqué. Félida, vigilambule, ne souffrait plus des douleurs diverses qui la tourmentaient considérablement dans Tétat normal. Il en est de même chez nos deux malades que rhystérie laisse bien plus tranquilles dans le vigilambulismc.
Cela nous conduit à considérer les phénomènes d'ordre pathologique qui peuvent exister dans un état et être absen's dans l'autre. Comme on a pu le voir, par la lecture des observations, il y a des cas dans lesquels on rencontre, à ce point de vue, des modifications considérables. Le malade de Camuset est encore ici le plus caractéristique, libre de ses mouvements dans tel état, paraplégique dans tel autre, hémiplégique dans un troisième, etc.. Je ne reviens pas sur le sujet de Verriest qui était aphone dans rétat prime et avait un spasme de l'œsopliage dans l'état second. Notre deuxième malade, Marguerite D..., était atteinte d'astasic-abasie dans la condition normale, tandis qu'elle marchait librement dans le vigilambulisme.
A côté de CCS phénomènes grossiers et remarquables à première vue, il en est d'autres qu'il faut chercher et qui ne sautent pas aux yeux tout d'abord, ce qui explique sans doute qu'on ne les trouve pas mentionnes dans la plupart des observations. Chez nos deux malades, nous avons rencontré des modifications profondes de la sensibilité, différentes dans l'un et Tautre état. Ces modifications portaient, comme nous l'avons mentionné dans le cours des observations, non seulement sur la sensibilité générale, mais encore sur les sens spéciaux. L'anesthésie cutanée, distribuée sous forme d'hémianesthésic dans l'état oormal, était totale et s'étendait sur toute la surface du corps dans l'état vigilambulique. Le champ visuel, fortement rétréci des deux côtés dans la condition seconde, l'était beaucoup moins ou ne Tétait plus que d'un seul