‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 25 sur 95 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

On pourra même, dans certains cas, comparer ces vieux étals chez le même sujet et voir encore mieux, par là, combien ils diffèrent l'un de l'autre. Cela est arrivé pour la malade do M. Garnier, dont nous avons sommairement nconté l'histoiro. Koua avons pu également l'observer ohez notre malade Schoy..., et c'est même d'après elle que noua venons de tracer brièvement les canictères diatînctifs du somnambulisme hypnotique.

11 paraîtra difficile do confondre deux états aussi dissemblables. Non pas sans doute qu'ils soient, dans leur essence même, bien éloignés l'un de Tautre, ainsi que l'ont fait remarquer MM. Pitres (I) et Gilles de la Tourette (2), en ce sens que l'hypnose touche de près à l'hystérie. Mais que de différences dans leur aspect extérieur) Et cependant pareille erreur a été commise plus d'une fois. Sans aller chercher bien loin, nous pourrions citer l'héroïne d'un procès récent qui passait aux yeux de lieaucoup pour être hypnotisablc et chez laquelle il parait assez bien démontré qu'il s'agissait tout simplement de somnambulisme hystérique que Ton pouvait provoquer par des manœuvres d^hypnotisation (3).

Mais ce n'estpasseulemontau point de vue pratique que de semblables confusions présentent de l'importance. Il y a là une question de nosogrnphie, qui vaut la peine qu'on s'y attfiche et demande à être nettement mise au point, surtout aujourd'liui que bon nombre de médecins ont tendance à mettre l'hypnotisme un peu partout et à lui faire jouer un rôle prépondérant. A ce point de vue, le cas rapporté par M. Forel (de Zurich) mérite d'être signalé (4). il s'agit d'une femme qui, après avoir eu autrefois des attaques d'hystérie, tombait dans des crises de « somiiam-

(l) Pitres. — Loc. cit.

i'î) Gilles de la Tourcttc. — Loc. cit., p. ZSI.

|3) Gilles de la Tourelte. — L^épilogue d* un procès célèbre. ^f=>rogr.méd. 1891, N* 5).

0) Korel. — Ein Gutachten uebereiixen Fait von spontanen

^^omnamOulismus mit angeblicher Wahrsagerei und Jlells-

.•^Aerei. {Schriflen der Gesellschnft fur pnychologiscke Fors-

^iiu-g. 1891. Iloft I,p. 77 et suivantes] ; — c\ aussi du môme auteur:

^er Hypnoti$mu$t etc., 2* édit. Stuitgard» 18t»!.

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;jLf^jMA>Cfi oc DLA69(9tTX^.

dA c miniffUtiong , a'attgniMB s. pMidaat Uiquelles elle et gncrîMaii Iflt laaladies. Dftai oQvngas. IL Forel range œ cm de somoamboliioio dazks U cilâgorie de Thypoon» bien qu'il admetie "*«**^^ Vmjumtamoù de Hiystérie, reodoe grosai»* manlffwtfl par U pr«seace de« sligmales caraotérMiqMa. Poor se readre compte de U réalité de ce som* namballnne, il hypootiee le sujet fil avait à Caire sur rile on rapport médico-l^al) qui 9*eadort ■ en une minute. et prée«nte dans son somneil hypnotique les mêmes codtracturefi que dans soo sommeil somnambulique spontaoé habîtael». Dans son rapport, l'auteur va jusqu'à s(' firmer que les attaques spontauées sont dues à ce que l4 sujet s'auto-hypnotisc.

Nous n entrerons point dans les détails de coite obser- ▼alion, mais il nous suflira de sitrualer Je mode de débol de i'atlaque, les caraclères du délire qui rapprochent c« cas do celui de notre jeune garçon charcutier à qui on faisait prédire les gagnants des courses» l'occluâion des paupières, lea pliénomônes convulsifs qui accompagnent l'attaque. Tous ces curaclcrea no sauraient s'appliquer au somnambulisme hypnotique, mais conviennent parfaitement à l'hypodièso do somnambulisme hystérique. Et cependant c'est à l'idée d^hypnotisme que s'arrôte M. KoreL Cotte interprétation, qui ne nous paraît pas oxactcmeot conforme û la réalité, n'étonnera d'ailleurb personne, lofâi|u'on saura que M. Forel admet sans plus de scrupules que tout médecin expérimenté doit arriver à hypnotiser 80 0/0 de ses malados, et que u tout homme est par lui* mémo plus ou moins suggestible et par conséquent hypnotisablo >.

Il cxifcto d'autres malades qui affectent avec les somnanibules hypnotiques des ressemblances beaucoup plus frappantes. Mais ceux-là no délirent pas, comme les som* nambulob liyaiériqiics. Ils présentent un véritable dédoublement ;io la personnalité et c'est à eux que l'on devrai! en réahté réserver cetlo dénomination. De ceux-là nous ne nous occuperons pas pour le moment, noua réservant d'en faire l'objet d'une publication ultérieure, fondée sur deux cas fort iniéressanls de dédoublement hystérique

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