ÉTAT DE I.A SENSIBILITÉ
la grande question do savoir s'il y a des fibres sonsitivos», s'il existe un centre de la sensibilité superposé ;«u centre moteur cortical, tout ce que Ton peut dire» est que, habituollomcnt, il y a quelques fourmillements, quelques douleurs dans les lésions limitées à la région paraccntralo. Mais il y a le plus souvent absence de troubles permanents de la sensibilité, tels que ânesthésie, thermo-anesthésie, perte du sens musculaire, etc. Lorsqu'ils existent, c'est d'ordinaire à un faible degré; aussi, Messieurs, lorsque vous rencontrerez des troubles do la sensibilit»^ très prononcés, méfiez-vous, c'est que la léïîion n'est pas restée limitée à la circonscription paraccntralo, c'est qu^ollo s'est étendue on arrière, dans les régions où semblent localisés les centres de la sensibilité. Méfiez-vous aussi do la névrose hystérique qui pourrait bien être là présente, à l'état d'isolement ou d'association.
Pouvons-nous maintenant, do ces connaissances relatives aux fonctions do la réijion du lobule paracontral, déduire, jusqu'à un certain point, quelle sera, quant aux troubles moteurs, la symptomalolofzio observée dans les diverses altérations qui viendront frapper cette région ? Oui, assurément, puisque ces connaissances no sont en quelque sorte que la synthèse de faits cliniques contrôlés par les résultats anatomopathotogiques.
ï Grâce à ces données, nous savons que lésion destructive veut dire monoplétrie crurale, sans troubles bien appréciables de la sensibilité, à moins qu'il n'y ait quelque complication. Cotte monoplégie sera d'abord flaccide, sans exag-ération des réllexes. CVpendanl, à la longue, si la lésion, au lieu de se borner à de simples troubles de la circulation, à une anémie do la subfîtancc cérébrale, comme c'est le cas probable dans les paraly-
ÉPILBP31B PARTIELLE CRURALB.
eies transitoires, si, tlis-jo, la lésion amène une destruction définitive, il so produit alors une dégénération secondaire et, en même temps, de l'exagération des réflexes, de la trépidation épileptoïde, de la tendance à la contracture. Les paralysies transitoires, post-épileptoides, dites par épuisement, dues vraisemblablement à des lésions moléculaires, revêtent également ce mémo caractéro de flaccidité. Mais ce caractère ne veut pas dire forcément lésion organique destructive ou ischémique. Si, d'aventure, vous rencontrez une monoplégio très flasque, avec anesthésio profonde et systématique, intéressant le sens musculaire, si le membre frappé est traîné par le malade derrière lui, comme un corps inerte, soupçonnez 1 hystérie et non pas une lésion organique de la région du lobule paracentral.
Lorsque la lésion est superficielle, purement irritalive comme sera une lésion méningée, par exemple, elle se traduit par des secousses ou par des accès convulsifs dans le membre ; c'est pour ainsi dire la caractéristique^^— habituelle des lésions à décharge que de provoquer Cfl^^| accès convulsifs. Or, sachez bien qu'un accès d'épilepsi^^ partielle ù début crural, accompagné ou non de généralisation au bras et à la face, de perte de connaissance, etc., suivi parfois de parésio du membre inférieur, sachez bien, dis-jo, que celte épilepsie-là relève, commo la monoplégie crurale, d'une lésion de la ré<^iondu lobule paracontral. De môme, l'épilepsic comme la monoplégie bracliialo désignerait une lésion du centre des mouvements du bras; de même, enfin, Tépilopsic à début facial voudrait dire altération du centre cortical des mouvements de la face.
rtcmarquez toutefois, je vous prie, qu'il y a des monoplégics et des convulsions monoplégiques en dehors de celles qui relèvent d'une lésion en foyer des centreu moteurs. Mais ce sont, dans la plupart des cas, des manilostations liyslcriqucs, faciloî* à reconnaître, en v<'
LiSlOMS DE LA RÉGION PAAAC£NTRAL£.
on connaît l'hystérie sous tous ses masques. Nous
kvons, M. Ballet et moi, appris à connaître ces hystéries
forme d'épilepsie partielle, et, pour ne parler que du
lodo crural, puisqu'il s'agit ici delà région paraccn-
rale, je puis vous rappeler une observation récente,
mbliée en Hollande par M. Wismann (1) et relative à
un cas d'épilepsie crurale hystérique.
A côté des cas purs do monoplégieou d*épi[epsie partielle, relevant soit do l'hystérie, soit d'une lésion ordinaire, il faut, enfin, compter aussi sur les cas mixtes. Je veux parler do ces cas dans lesquels il y a, à la fois, paralysie permanente avec ou sans contracture et attaques d'épilepsie Bravais-Jacksonienne. Ici, tandis qu'une partie de la région paracentrale est détruite, Tautre est simplement irritée. Et c'est là, à tout prendre, un fait plus grave que celui, par exemple, où il n'y a que des accès d*épilepsie partielle accompagnée ou non de paralysie transitoire.
^H Quelles sont maintenant les lésions qui peuvent plus ^Bu moins se limiter à la région du lobule paracentral et ^^onner naissance à la symptomatologie que je viens do mettre en relief? Ce qui me paraît ressortir de recherches faites, à la vérité, un peu rapidement, c'est que ces lésions-là no sont pas très fréquentes, mais que, toutes choses égales d'ailleurs, c'est encore, dans ce groupe relativement restreint, la lésion tuberculeuse qui par le nombre tient le premier rang.
Les faits que je vais vous signaler sont empruntés, par les soins do MM. Souques et J.-B. Charcot, à divers recueils et en particulier aux observations publiées dans
(Il Wismana.
tembro 1888.
Mendeis CentralbUU, p. 57 1^ q" 18, i5 sep*