‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 32 sur 95 · PS · texte numérisé non relu

PS

Dans le cas que noua devons à M. le D' Dufay (I), on trouve un certain nombre de caractères spéciaux qui lui

(l| Dafay. — La notion de la peraonnalUé, (Reo, scient. ^6. II. 69).

CAS DE M. DUFA.Y

donnent, à un certain point de vue, une importance capF talc. J'y reviendrai après avoir rappelé les faits le plus brièvement possible.

11 fl*agit dans ce cas d'un jeune femme de viD^t-buit ans on* viron. Pendsnt son enfance elle avait été sujette h. des accès de somnambulisme nocturne (I). Une nuit, elle s'était levée el avait été se jeter à la na^^e dans un ctang pour accourir un de ses frères qu'elle croyait y être tombé. D'autres fois elle se levait, s'habillait, faisait ses malles et, après avoir, fort émue, dit adieu aux autres personnes de la maison, qu'elle s'étonnait de trouver couchées et endormies, elle se dirigeait vers la porte do la rue pour aller prendre la voiture qui l'attendait pour la ramener chez ses parents. On Tobligcuit à se recoucher, et cUe se remettait au lit| le plus souvent a. moitié hablUcc. Le lendemain matta elle bc retrouvait ainsi habillée dans son lit et c'était ce qui lui indiquait qu*olle avait eu une crise de somnambulisme, car elle en avait complètement perdu le souvenir.

Or, un soir, cette jeune fille travaillait dans un atelier de couture avec d'autres femmes dont elle diriponit le.s travaux, lorsque tout à coup un bruit se fait entendre, t'on front venait de heurter brusquemeat le bord d une table, son buste a'étaot ployé en avant. Au bout de quelques secondes, clic se redresse et reprend son travail, qu'elle exécute maintenant sans l'aide des lunettes que nécessitait habituellement une myopie assez prononcée.

Dans cet clat nouveau, elle parait beaucoup plus active et ses sens semblent doués d'une hyperacuité extraordinaire. GUe enfile son aiguille sous la table. Klle va chercher et trouve des objets en pleine obscurité, t Elle cause en travaillant, et une personne qui n'a pas été témoin au commencement de l'aocès pourrait ne s'apercevoir du rien, si M"'' 11. L. ne chan-

(1) Voir ù eu sujet lii uuto cualcnuc tlaas mon précédent travail sur ïo somnambulisme hystérique, note dans laquelle je lento de raltnclier le somnarabulitime naturel ou noctamhulisme au soinnambiilibme hystérique dont il serait purement et simplement une manifestation noclurne. déduction faite, bien eutendu, des eos 80 raltacbani ft J'autoinaiibme comilial ambulatoire nuciurne, vl peut-Cire mémo au vi^^Mlambulisme. Dans le cas de M. Dufay, pas plus que dans un grand nombre de cas de ce genre, on ne trouve noté aucun signe pcrmetlatit de conclure à l'idenKîte des deux phénomùncb. Des recherchos cliniques nouvelles, dirigées systématiquement dans ce sens, recherches que j'ai commence à entreprendre avec l'aide de Mlle b. F'olnkind, élôvo du service do clinique de M. Cbarcot, seraient nécessaires pour arriver à sa faire une conviction à ce point de vue.

tSOlCÈXSS HTSTÈBIQUB!

Lit de façon de parler dès qu'elle est en somnambulisme, lors, en effet, elle parle n^yrc^rempluçani je par inuit comme enfants, et usant de la troisième peraonne du verbe à la kce do la première ; a Quand moi est béte » signiQe : a Quand je ne suis pan en acmnambulismo. >

C*est qu^Gn effet, pendant son état second, la malade a conservé la nation très exacte des ùixis accomplis non seulement pendant cet état do crise, mais aussi pendant Tctat Normal, c'est-fi-dire pendant toute sa vie antérieure. Dans [état normal, au contraire, oUo a perdu tout souvenir des

irîodea de somnambulisme. Elle est donc forcément

mche, emprunlco, pendant cet état normal, où il lui

inquo des morceaux tout entiers de sa vie. Elle a notion le cet èlat de gêne de la condition normale lorsqu'elle se

mve on condition seconde, et voilà pourquoi dans cotto lernière clic désiirnc la première en disant : « Quand mol [Mt bote. V Elle est plus communicalive en état second et ilicconnaît sibîon son état primo qu'elle prie les personnes

qui elle vient do faire quelque confidence de no point régler à «I la fille bête n que « l'aut'-e » les leur a faites^ car celle-là en serait très f:\chee.

Il existe aussi quelques modincatîons physiques pondant la condition seconde. Les globes oculaires sont légèfïroent convulsés en bas. les paupières un pou abaissées (sans doute par un certain degré do blèpharospasme), ce lui fait que la malade est obligée do relever lu tôte pour ''Ogardcr les objets placés devant elle, à la manière des mnes affectées d'un ptosls double.

[r Dufay a constaté pendant l'accès de conlition seconde

ic nnesthésie générale du tégument cutané. Mais voici un fait cjui acquiert en l'espèce une importance considérable et qui nous permet sans contredit d'assimiler véri-

iblemcnt les périodes d'état second à des attaques vuî- Çiirca d'hystérie. M. Dufay s'est aperçu que la sensibilité P^istait en deux pointa : « à la région latérale moyenne *iucol, de chaque côte, ot au môme niveau dans la gorge... Le contact sur une de ces régions, avec le doigt ou autre choac à l'extérieur (une barbe de plume même suffît), avec une goutte do liquide ou un aliment quelconque à Tinté- "eur, provoque le réveil subit, ou le retour à l'état normal,

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