X. PtiKM dt tnoaltioo
ERVATIOX DK kUBIB B.
jfl nsrarocî-contre ^Fig. 6' peut servir à schèmaliser !a viedfl Sfarijiicrîle D... De sa naifsance à octobre !S81>, la vie normale (A) existe seule coinme chez tout le monde. Au moiâ d'octobre ltH9, se place une phase de transition, composée, ainsi que je Tai dit plus haut, do périodes détala A et B enchevêtrées les unes dans les autres. Enfin, depuis Octobre 188» jusqu'aujourd'hui, la personnalité Lï, interrompue par des apparitions accidentelles (a. b, c, d) et rc- ^licres (nocturnes) d'étit A est la seule habituellement apparente. La personnalité A est Intente depuis cette <^po<]ue, sauf les dites réapparitions, tant accidentelles que ï'éig'léea ^nocLurnes).
Jen ai pas besoin dlnsistcr plus longuement surl'obscr- Vaiion de celle malade. J'ai mentionné chemin faisant les points ks plus importants et les considérations qu'ils comportent. J'arrive tout de suile à notre second cas de vii^iïambulismo. Son observation se trouve résumée dans une ^oçon de M. Charcot publiée antérieurement (1). Il esl, comme on le verra, absolument tdenti<{ue nu précédent. ï*our plus de clarté, et pour éviter des redites, nous l'exposerons en suivant exactement la même méthode.
Observation de Marie H...
Marie II... a aujourd'hui 38 ans. Kl!e est à la Salpctrière depuis l'année IS80. ou elle a fait tout dabord un court séjour dans le service de beirrand du Saulle [mai à décembre), puis elle est entrée dans le service de M. lo P' Charcot,
Je Uisso à dessein du cùté l'histoire du sa vie antérieurement ^ cette époqne, qu'elle nous révélera cllc-raêmo on temps ^oulu. De t&8i) à I8S4 elle n'attire point particulièrement l'attcfilion sur elle. Mnis en 1881 et 1885 elle est à diverses reprises ^n proie à des attaques d'hystérie fi allure épilcptiforme qui se t^produisent plusieurs fois suus Torme d'états de mal pendant oeite période.
. *') Vuir plus haut, u" XIX, p.
iOS
Charcot. — Du vigitam-
ÉTAT DE MAL UYSTfiniQUB ÉPlLEPTirORUB.
Je passe rapidement sur ces états de mal Ruccesflifji dont « aoufferi Marie H... ix celle époque et qtii ont été décrit» plusieurs fois pjir M. L'harcot dnns «es leçons cliniques (li et ont fait l'objet d'un travail do MM. Marie et youza-Lcite (2).
Il B'açissait lu d'attaques hystériques subiiitrantes se reproduisant par séries ininterrompues de huit, quinze, vinffi jour» et même plus, à raison de trois cent cinquante ïittnqut-s par jour environ. Dans une période de treize jour», on en a compté quatre mille cinq cent six. Ce sont des attaques presque exda- Rjvement constiluées pnr la phase êpileptoide de l'attaque ordinaire, qui tient toute la pince à l'exc-luaion des antres pha<eii. quelques attitudes pasî^ionnelles rares venant beules leur donner un cachet nettement hystérique. De plus, â l'inverse de ce qui arrive dans l'état do mal comilial vrai, il n'y a point d'élévation de la température, malgré le nombre considérable des Hltaqties et leur carnctêre subinirant, cest-à-dire sans retour k la cunnninsance.
Guérie du ces ^anda étals do mal, Mario II... reste dann le «ervico. A cvUe époque (ISSr»', M. Charcot, après ses mi'morablea leçons sur l'hystérie mâle et le rûlc du traumatisna dans J'étioto^tc de cette névrose, «vait entrepris quelque» r^ cherches sur It's monopléfïios hystéro-traumatiqncs, On lit, À ce propos, ([ui'lqiies tentatives d'expérimentation chez Marie H... et on s'aperçut qu'elle était dans un état anormal que M. Charcot caiactérisait en ces termes dans les Icçon.s délivrées sur ce sujet (3|:
Il est des gens qui, a p:)sse7.-nioi le mot, dorment, alors même qu'ils semblent parfaitement éveillés ; ils pr-ooèdeni, en tous caa, dan» la vie commune ainsi que daaa un sonce, plaçant sur le mémo plan la réalité objective et U* rêve qu'on leur impose, ou tout au moins entre les deux ils ne Umi iruère de dilfc'rcnce. J'ai fait placer sous vos you\. ii titre d'exemple, un ni.jct de ce sronrc: il s'agit d'une hystéro-épileptique biM connue do vous par nos étudus antérieures, la uumiiiél H... Kilo est atteinte depuis de longues années d'anesthésie générali.séo, cumplèto, poraianente, et. chez elle, les atiaquef
(I) Charcot. — Etat de mal hystérique épileptiforme. l^eçiMi recueillie par B Edwards [Trtt. méd., I8H5) cl Lcxionc c/micAe.^ redatte dal U' Miliotti, lez. XX, p. 1&9: Dcllo ttmto di mulo ietero-cpileitico.
('il F. Marie et Souza-Lcltc. — Progr. métL, 16 décante
(âi Ûbaroot. — i^tfçofia suriea maUdi€9 du •vH^wke nerveux^ t.ni,|>.35T.
PHÉXOUËNBS SOyATIQOKS.
f pondent de tout poinl uu type classique. Vous v.«)tx qu'ici. nen qu on n'ait employé aucune manoeuvre d'b} pnolisatioti, |»r cunbt-quetil à Tétat de veille, nous pouvons i<tjienir à In 119 cl la contracture pnr la pression e\erccc sur les misses Iflires, les tendons ou les troncs nerveux (contracture léthargiques) et Timmobilité cataleptique des membres placés dan« les altitudes tes plus diverses, et nus8i,À l'aide do légers rrôIrmentH ou de mouvements à distance, la contracture Gomnambulique. Tous ces phénomènes somatiques so trouvent dune chez ce sujet eu quelque sorte r.iclau'^es, cociisiant au même moment, sans distinction d<! périodos, contraircmi'nt a eu qui a lieu dans le urand hypnotisme. Mais, au point de vue p'iyohique, ce sont évidemment les caractères de IcUt soranambniiquc qui dominent. Rh bien, si, opérant par suggestion verbnïe, nous affirmons à celte malade, non endormie, je le répète, que son bras droit est paralysé, qu'elle ne peut plus le mouvoir volontairement, noua v.iyons immcdial«ment se produire la monopléiçrie llusque... Après quoi, la Biiuple afllrmation qu'elle peut mouvoir son bran, tout à rbviire paralysé, suffit pour que les mouvements volonlairej « rétablissent. •
A partir de ce moment, on s'habitua donc à considérer
Marie II... comme une sorte de somnambule éveillôo. Or,
«njour, le 7 mars 1890, au cours de mes recherches sur
h somnambulisme byalorique, jo mo trouvais seul iivec
'Marie il...danslecabinet du médecin, lorsqu'elle est prise
(l'une attaque prcsentanL le type classique à trois périodes.
Quand ello reprend ses sens, elle so trouve « drôle »,
^iTaclio vivement un tablier rouge qu'elle portait tous les
îovjrs et qu'elle dit ne point lui appartenir. Sur ma de-
'ïiando, elle dit ne point connaître telle el telle do ses
*^ODipaij^ncs récemment arrivées à Ihospice, et en parlicu-
'jor une pelile fille atteinte do chorée paralytique, que
' On avait confiée à ses soins. Intrigué par ce changement
^Ubii, je l'examine rapidement et je m'aperçois qu'elle
^ est plus anesthésique totale mais seulomcni bémianes-
^nésique du côte gauche, que son double rétrécissement
^U champ visuel, qui était à cette époque de 5" à droite et
de lu* à gauche, n'est plus que de 2U'' à gaucho et de 35** à
^•'oite. Mais je ne puis pousser plus loin mes investiga-
uoiu ; gurvicuQCQt un cri, quelques convtalâiuns et Li ma-
PHÉNOMÈNES PSYCHlOtES.
lade redevient telle que nous la connaissions antérieure ment.
Ce fut pour nous un trait de lumière. Cette femmo, que nous appelions une somnambule éveilli5L% terme qui se rapprocliuit beaucoup de celui de vigîlumbule, créé pour la Fèlidu do M. Azam, était en réalité un osoniple de dédoublen^ent do la persoanaUlé. Seulement, tandis que nous avions depuis longtemps, depuis six ans, remarqué chez elle les pbcnomcncs somatiquos qui caraolcrisaieut son état et nous lavaient f:iit ainsi dénommer, les troubles de la mémoire, si Importants cependant dans re.spôoe, nous avaient complètement échappé.
. Après cela, ost-il besoin do faire remarquer n nouveau combien ces vigilambulcs peuvent être, en apjiare«ra, semblables aux individus normaux, quand des obserxateurs aussi compotonls en la matière quo M. Charcol, j>ar exemple, ont pu passer des années à côté d elles sans remarquer le de>louI)icment de la personnalité ?
Aussitôt, cchiiré par te cas de Marguerite [)..., que nous connaissions depuis quelques mois, M Chareot cxainin» avec soin 1 élat mental de Mario II. . il ac|uit bicnltM la corwicliua qu'il s'agissait chez elle tout bimplement d'un cas idontitjuo do vi'^tlanibuhsmo hystérique, marqué par lo tlé>!oublemout on deux personnalités distinctes l'une do l'autre : I" la personnalité U (état B, étal second, état d« vigilambuliaine), postérieure à 18^4-1885 et interronipuo (le temps en temps par des retours brefs de la peroonnaliio A; 2* la personnalité A (étal prime, étttl do veille, étftt^ normiil), antérieure à 1884-1885.
Suivant le plan adopté pour notre pi^mîcro maladfc^ commençons parétudior I état U.
!• Etat B {état anormal, condition seconde, élat d« Kigtlambiilisme],
C'est rétal dans lequel, depuis 1881-1885, la malade ^i habituellement jour et nuit. Il nVs' guère interrompu i^m do temps on temps par do très courtes apparitions, sof spontum-es, soil provoquées, do l'étal A. Il c^t tenace à point (|uo la maladie même no peut le fuiro diui
i>h£noh£xss pstchioubs.
Cest ainsi qu'au mois de mars 1891, Mario H... fut &Ueînte d une pneumonie double assez grave, avec éleva* tion considérable de la température, sans que son état fût Ifi moins du monde modifié. Tous les jours à peu près, Pendant cette maladie, qui fut assez longue, nous lavons éprouvée à ce point de vue, et toujours nous nous sommes ^fouvés en fuce de notre somnambule éveillée, catalepti- *able, sugrgestionnable^ etc.
Klle présente, nous l'avons assez montré ci-dessus, tout 'aspect d'une personne normale. Elle \a. vient, marche, court, danse, parle comme tout le monde. Depuis six ans ^ïu'clle est dans cet clal, elle a pu acquérir un grand 'Nombre de notions nouvelles qui. ajoutées à celles qui ont Persiste des le premier jour dans l'état second, lui porïï^eitont de passer dans la vie, sans avoir l'air trop crnpruntce.
I^llc sait lire couramment, écrire et compter à peu prèid l*icn et exécuter, outre des ouvrages de couture vulgaires, quelques travaux d'aiguille ou de crochet plus délicats et plus compliqués. On verra plus loin que l'interrogatoire *ians l'état A nous réserve une singulière surprise à ce «ujet.
DanH cet état second, elle est sujette à des attaques •i'hystério vuliraires, classiques, avec phase épileptoide, l>êriode des grands mouvements et arcs de cercle, phaso ^i'attitudes passionnelles. De plus, elle a été de nouveau, ^t en particulier au milieu de 1890, alteinto d'une nouvelle période d'état de mal hystérique épiloptiforme, identique aux périodes précédentes dont nous avons parlé plus haut.
En outre, elle porte à un très haut degré de développc- ''leni tous les sliijmates ordinaires do riiy&térie. Elle pré- ^^tiic une ancslhcsie totale, non seulement superficiollc, ^ïais encore profonde, avec perte du sons musculaire, ac:- ^eniuéc à un toi point qu'elle tombe connue une masse 'lUand on lui fait fermer les yeux.
En ce qui concerne les sens, le goût, l'ouio et l'odorat *ont complètement abolis à gaucho. Il existe un double '"etrécissement du champ visuel très prononcé (25'' à gau- ^^e, SO* à droite) {Fig, 7) avec dyachromatopsie compléta Charcot, t. u, 1G
STI6HATB8 UYfiTBRJQUEt».
des deux côtés pour toutes les couleurs sauf pour le rouge Eafin on note la présence de deux points hystérogèncs. Tun au niveau du vertcx, l'autre au niveau de la région ovarienne droite.
I\ff. 7. — Ciiamp Visuel de H&rift Hu... dAitt l'état vigUambuUqne.
Si l'on s'adresse à la mémoire, en particulier à la mémoire des faits, on s'aperçoit tout de suite qu'elle n'a pas le moindre souvenir de tout ce qui s'est passé antérieurement à une période assez mal délimitée qui paraît comprendre la seconde moitié de 1864 et la première partie de (685.
Klle sait son nom. qu'elle entend répéter tous les îours, mais a oublié son prénom. KUe lie se rappelle pa& où elle demeurait avant d'arriver â la Salpôtrièro, où elle croit être entrée il y a cinq ans. Elle dit quelquefois six ans, mais coLa tiunl à lu présence des oscillations entre les deux états qui ont probablement rempli la pt^riode mal dtîlimitée do 1884 H 189^.
Elle ne sait point où elle est née; ■ on lui en demande trop Inn^. » niUe dit qu'elle a 38 ans, « c'est sa scnur qui !e lui a dit bien souvent. ■ Elle ne connaît point Legrand du hîaulle ; Aile a seulement entendu parler do lui ; il est mort il > a quelques jtnnccs.
Elle sait lire aujourd'hui, écrire et compter, mais ctlo ne savait pas lora de son arrivée à la Salpêtrièrc. C'est la jeune E,.., une de ses compagnes, qui lui a appris à lire, à écrire, à compter et à faire du crochet et de la dentelle, Cette malade, interro^, nous dit en effet que Marie H... ne
M^MOIBB DANS l'ÂTAT B,
rien quand elle-même est arrivée à l'hosploa et queo'Ml i lui a uppris tout ce qu'elle sait,
eurappuUc parfaitement bien rt^xposUion de 188'J. Ëlk ftst alléo avec un Américain et la femme de celui-ci qui avait journé quelque tempsi dans le service et y avait fait coninancc avec cite. lU lui ont même duniiô un fichu de laine, 'elle porte encore sur les épaules, et quelques autres objets tollellc. Klle est montée avec eux à la tour li^îffel. Eu revanche, oUe no sait pas ce qu'on veut dire quand on lui pîirlo de la guerre do 1870-71, du siège de Paris, do la I 'Aunmune. Hlle igntire absolument tout cela. ^L Kn ce qui concerne aa famille, elle ne connatl rl«n touobant ^Von porc, quelle profcHsion il exerçait, a*il e&t mort et de ^Kuelle maladie. 11 en est de même pour sa mère, bi elle con- Ppuit «a sceur. c'est que celle-ci est venue souvent la voir depuis qu'elle est dans son état second.
Klle ignore de même où elle a été élevée, ne connaît pas le *lllaKo de Persan, n'a jamais été à Necker, à Lariboisière, n'a JAniais habité rue Notre-Dame-dcti-ChiimpH. La connaissance ^esa vie antérieure, acquise par nous autrefois, avant IHK.4, *t reconnue conforme par les révélations obtenues d'elle ulténturement dans l'état A, nous permettait de lui faire des (Ittaitions absolument précises qui auraient dû, ni cela eût été powible, réveiller chez elle, par leur précision même, tout au "nom* des lambeaux do souvenirs. Mais jamais cela n'est arrivé la ia nuit a toujours été trouvée oomplèle on oe qui coa- <*nie sa vie antérieure.
l'oiircequi est de» nombreux médecins entre les mains de
t^ elle a été dans sa vie, elle ignore absolument tous ceux qui
t antérieurs à 1885. Lille ne connaît ni M. Ollivier, ni
Proust. A propos de ce dernier, on verra plus loin ù. quel
ulier incident a donné lieu sa présence dans (a salle dos
un jour qu'il assistait à une leçon de M. Charcut rela-
^v«â Marie H...
'^Ui^alpC'trière même elle ne connaît pas M. Kéré, M, Bftllet liulcrne et chef de clinique à l'hospico avant 1>>H5). Elle a Wnnuun peu M. Marie, en I8ïij, alors qu'il était chef de clinique, mais point auparavant. Inutile de dire qu'elle connaît ^. Charcot. Quant à moi, elle m'a connu, on 1885, alors que J'hais interne dans le service, mais seulement pendant quelque ^Ops. Bn un mot, depuis 1885, elle connaît et se rappelle bien ^ «uccession des divers internes et chefs do clinique da ^' Charcot.
lieu est de même pour les maladod qui ont séjourné avec vllo à l'hospice. Elle ne se souvient pas doU.... de i*.,., sorties
cARAcrenss de l aicnésik.
antérieureraent à 1885. Elle se rappelle bien C..., Louise H..., qui sont sorties plus tard. En ce qui concerne la Jeune L... qui lui a appris à îirCi « elle l'a toujours connue, s
Comme on lovoît, nous avons pu, ^rùce à notre connaissance de sa vio antérieure, adresser à la malade des ({uestions précises^ dont je donne ici les plus typiques et <jui mettent bien en lumière le dédoublement de la perïjonnaiité et l'amnésio.
J*en aurai fini avec les détails, quand j'aurai dit qu'elle sait parfaitement Tannée, le mois, la date et le nom du jour où nous sommes.
Il est remarquable que chez elle, comme chez Marcruerite !>..., bien que <' cela l'agace un peu qu'on lui fasse toutes ces questions, » 11 existe à l'égard de cette amnésie, qui devrait cependant lui donner à penser, une sorte d'indifférence qui la lui fait accepter sans révolte.
Je n'insisterai pas sur lu présence chez elle des signes somatiqucu et psychiques que Ton rencontre habituellement dans le grand hypnotisme : hypercxcitabilité neuro* musculaire, contracture somnambulique, suggestibilité. Le passage plus haut cilé des leçons de M. Charcot montre l'existence déjà ancienne de ces phénomènes. Il suffi en outre du moindre bruit pour la plonger dans l'état ca lalepliquo avec respiration superficielle, ralentie, flexL bilité cireuse spéciale des membres, qui gardent la posi. tion qu'on leur donne, sans signes manifestes de fatigts. (tremblement du membre, efforts et accélération do L si respiration). Ces phénomènes, je l'ai dit, avaient persisC^ sans la moindre modification pendant le cours d'une pnemJt'H monie grave survenue on mars 1891. H
En ce qui concerne la suggestibilité. elle est tout à fatît complète. On lui fait voir, entendre, sentir, toucher. ^^^ (ju'on veut. Elle fuit devant des serpents, cueille des fleu f« imaginaires dans un jardin, voit des élèves du servi c:^ avec des cornes de rhinocéros sur le front, etc., etc--- Elle réalise morvcillcusement Tcxpérience du contrasto des couleurs. En appliquant sur un papier blanc l'hall^'' cination d'un carré rouge, elle voit immédiatement,©*^^ un autre papier blanc qu'on lui présente, un carré vert mêmes dimensions»
PHÉNOMÈNES PSTCHIQDBa DB l'bTAT A.
>n peut même transporter par ordre dans la condition première des suggestions faites dans le vigilambulisme, comme de véritables suggestions post-hypnotiques. A cet Sgar-ci. l'expérience de la photographie, que j'ai décrite détails à propos de Marguerite D..., réussit parfaite- 'fnea t chez elle.
J'sLï parlé aussi, à propos de Marguerite D..., de l'épisodo du charlatan qui a tenté, en !8^>0, de les enlever toutes deux de l'hospice pour les faire servir à des expériences.
Ktat a {Kiat normal, ét&t prime^ élnt de veille).
Cl^orsque, à l'aide d'un des procédés de réveil dont je parlorai plus loin, on provoque artiHciellement chez Marie ii- • un retour à cet état, ou lorsqu'il reparaît spontanéinoat à la suite d'une attaque, elle éprouve tout d'abord un trouble assez violent. «Où suis-je? dit-elle; qui m'a •nicnèe ici ?... Mais je ne connais personne ici t » (sauf M. Charcot et moi, comme on le verra plus loin]. Elle cl^epche à se débarrasser du fichu de laine qu'elle a sur les •épaules, ce lichu qui lui a été donné par les Américains *vecqui elle est allée à l'Hxposition, en 1889. « Ce n'est P^sà moi, ce fichu, je n'en veux pas... on va me prendre P^Ur une voleuse ! a Elle ne sait ni la date du mois, ni le '^oni du jour, bile regarde par la fenêtre et, voyant de la •^eige dans la cour, dit: « Nous sommes en hiver. »
Mais peu à peu, elle se calme et si on lui demande com- '^entelle se trouve, elle répond : « Je suis bien... je me ^^ns bien... Ah! oui. quelquefois je suis colère, agitée, 'Meneuse..., mais maintenant je me sens bien, je suis plus f^alme. o Fait-ello allusion par ces paroles à l'autre état, "Ont elle aurait une vague idée ? Peut-être; en tous cas. 'loiis constatons ici un phénomène qui ne parait pas habituel chez les vigilambules. En effet, sans parler des autres, de Félida, de la dame de Mac Nish, etc., on a ^ que Marguerite D... préférait, comme toutes ces derrières, l'état second à l'état prime.
tians cette condition première, elle ne sait pluM ni lire, ni ^""tre, ni compter. Elle sait coudre grossièrement [depuis