‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 41 sur 95 · PHÉNOMÈNES PHYSIQUES DE L'ÈTAT A · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES PHYSIQUES DE L'ÈTAT A

lotlpiemps elle çagnalt t|uelque argent en travaillant à ourler des drapB ou h ooudrp àett aaf^fl pour In liniferlc d^^ rhoflploe), mai» esit incapable do faire aucun tmvnil au crochet et o»t fort étonnée quand elle trouvo dans sa pocha un ouvrage semblable en train.

Lille OBt encore nettement hystérique dans cet état, mais leê stigmates de l.i névrose sont beaucoup moins prononcés qu«» dans la vigiliimbulisrao. L!n eflel, elle n'est q^i'ht-niianesthéfilquo gaucho et non plus anesthéflique totale. Elle ne t<unhe plus comme une masse quand on lui fait fenner les yeux. Le rétrécissement du chum]> visuel, qui était dans l'ctat B de SV h gauche et de MO» à droite, n'est plus que de 80" de ce côté et de '^0** de l'autre. De plus, Pœil gauche seul re&te dyscbrom.-!topsiquo ; le droit pprgoit toutes les couleurs. L'ouie et le coût restent perdus à gauche, l'odorat est simplement plus faible de ce côté {Voir Fig. 8'.

Il n'existe, d'autre part, aucun trouble de In motiltté qui dUtlngue cot état du précédent.

Fit. B. — Champ visuel do Mono Mali... dans IVtal aoriiiol (uo voit que t« réltéclfluemcnl est lunlua pi-onoau(^ quo dans 1» TigilBnibMUsuit).

l'our bien ne rendra compte do sa situation k comomoni, il faut partir do co principo qu'elle ae croit on 1885. Elle dit quelquorols : on lH8-'i. nous avons vu pourquoi. Cttla posé, noua allons l'entendre nous raconter toute sa vie antérieure à cette date, avec des détails dont la vér.icité et la prooiflion ont pu être oontrôlées nettement par doH rtinsoignemente puinés dans les rogistros do TAssiatance Pu*

IB DAKS L*tTAT A,

Clique ol conformes, d'autre part, aux antécédents notés tlans le travail déjà cité do MM. Marie et Souza-Leile, ù propos tte son état de mal hystéro-épileptique de 1884.

KUe est née en 1853, lu 15 décembre (elle a donc aujourd'hui 32 ans. dit-elle), à Saint-Denis, Grande-Rue de La Chapelle, n" 3. 5?on pcre, qtii était très nerveux, est mort d'un ulcère de l'estotnac. Sa raèro est morte poitrmaire à îiarîhoisicre. Klle a UAB s<Bur, mariée, qui a deux enfants très nerveuses.

Kilo a été élevée à Persan, chez les Hœurî>. On n'a jamais pu lui apprendre à lire • bien qu'ollo fût mtelligento, mais elle ^Uittrop nerveuse et avait trop mauvaise tête. * Fendant son entaoco. elle eut des convulsions et fut sujette à de viotontos crims gastraUiques.

Rn 1871, pondant la guerre (elle avait à cette époque dix. liultans), elle habitait boulevard Ornano. passage Mosset. Son père tenait un ?arni et était en outre mécanicien au chemin de fer du Nord, où il resia quinze ans. Il fut blessé d'un éclat ^'obus pendant le bombardement de Paris.

bo 1X71 k 1878, de dix-huit à vingrt-six ans, elle fît dans les lîôpltaux plusieurs séjours dont nous avons pu contrôler l'exactitude. Elle entra d'abord comme inOrmicrc à l'hôpital des Enfants-Malades. Mais elle eut là dos crises de nerfs pour les- Mlles on la transporta à l'hûpilal Necker. dans le service de . Ollivier. Puis vient un séjour à l'hôpital Lariboisière, où Itt entre dans le service de M. Proust pour des attaques de fs et la ohorée.

Jo place ici le récit d'un incident fort singulier et tout à ^i^it inattendu qui se produisit un jour dans la salle dos *^ours, pendant une IdQOn à lac|uelLo assistait M. le ï" Proust.

Marie H..., interrogée on état B sur les personnes qu'elle Minaissait autour d'elle, avait désigné M. Charcot, moi et les '«vcs du service. On la place ensuite en état A et on lui fait OH'rae question, pensant qu'elle allait montrer, comme d'haitude. M. Charcot et moi. Mais, après nous avoir désignés, "le jette un coup dreil autour d'elle et, tout à coup, souriant : • *ien8( voilàM. l'roust... Bonjour, Monsieur ! Est-coque vous ^<ï roconnaisaeï ? j'ai été autrefois chez vous à Lariboisière..était M. Comby qui était interne. » Ce fait étonna fort l'aTi- |toiro et nous-raciiies, bien qu'il fût en somme assez naturel. '*ia nous ne pensions pas sur le moment que la malade pût

VËMOIRH DANS L'ÉTAT A*

reconnaître M. l'roust qu'elle n'avait pas vu depuis treize an«.

Après son séjour à Lariboisière, elle retourne chez sa sœur, puis va habiter jusqu'en I80O au couvent des Dames de la rue Notre-Dame-des-Champs, qu'elle quitte enfin pour entrer dans le service do M. Legrand du 8aullc. k Je le connais bien. M. Legrand du Saulle : j'ai été sept mois dans son service autrefois... Vous me demandez s'il est mort? Allons donc ! je Tai rencontré ces jours-ci dans les cours, Il se porte comme vous et moi I «

Elle connaît bien M. Ballet : « C'est l'ancien chef de clinique. Maintenant c'est M. Marie qui est chef de clinique..., tiens ! où dono est-il?... il est sann doute dans les sallcH... Ab! votlà M. Guinon, l'interne. » C'était ainsi en effet en isy.'i. De même puur ce qui eut ûea malades, ses compagnes, elle connaît bien B... et P..., mais elle n'a jamais entendu parler de C... ni de Louise H..., dont nous lui citons les noms. (Voir plus haut les mêmes queslions dans l'état B).

On lui présente la jeune L..., celle qui lui a appris à lire, à écrire, à faire du crochet dans l'état B. 1 C'est une petite nouvelle, dit-elle, je ne la connais pas beaucoup. Kilo n'est guère à l'hospice que depuis une quinzaine. » Et en effet L... est entrée à la Salpêtrière au commencement de 188ô. Elle ta connaît donc dans ses deux états. Mais quelle différence entre Tun et l'autre !

Bien entendu elle ne connaît rien de ce qui s'est passé depui.4 1885, l'Exposition de 18Svf, par exemple. Elle ne sait pas ce que c'est que la tour Eiffel. Elle n'a jamais été nulle part avec dea Américains.

La modirication, si nettement caractérisée parce trouble de la mémoire, porto cgalcmont, dans l'état .\, sur les phénomènes hypnotiques que la malade présentait à un si haut degré dans le vigilambulisme. Plus d'hyperexcitabilité neuro-musculaire; à peine un certain degré de diathèse de contracture. Un bruit, môme a.ssez intense, produit auprès d'elle, no la plonge plua dans l'état cataleptique. Enfin l'absencode BUggestibilité est complète.

3' Passage d'un Etat a 1,'autre.

Chez Marie II... comme chez Marguerite ï)... on peut dire d'une façon générale, considérant et rétablissement primitif de Tétat second, le début de la maladie, et les

âges ultérieurs accidentels spontanés ou provoqués, que la transition se fait toujours à la faveur d^une attaque convulsive hystérique plus ou moins complète ou fruste. Les considérations auxquelles nous noua sommes livrés à propos de la précédente malade, et qui peuvent être nppltquiies à Marie H..., nous dispenseront d'entrer dans (l'aussî longs détails.

Il parait certain que l'établissement de l'état second s'est i^it û Toccasion des états do mal successifs auxquels la alade a été en proio pendant la seconde moitié de 1S84 H la première moitié do 1885. Il y a eu là une périndo ^vcpsée par des oscillations irrégulicres entre Tétat A et lotatB, cequi explique les divergences existant dans les papolesdela maladsqui, ramenéeen condition première, dit tantôt être en 1884 et tantôt en 188ri. Puis, peu à peu, l'état ^ a do plus en plus empiété sur l'état normal et a fini par I© remplacer complètement. Car ici, à rencontre de ce qui ^© passait chez Marguerite D..., laquelle avait toujours 'Conservé une période nocturne d'état normal, Tétat D existe d'une façon permanente. Le retour de l'état A est toujours accidentel, soit qu'il survienne spontanément, ^oitqu'on le provoque artificiellement.

r)ans ces deux cas, le passage de l'état D à l'état A est toujours marqué par une attaque convulsive hystérique <i'unc violence assez notable. Au début, nous ne connaissions (jue le passage accidentel, à la suite d'une attaque survenue dans Tétat B, pour une contrariété ou tout autre fïïotif, présentant une violence assez grande et caractérisée P*r les trois phases caractéristiques do rattat|uc classique. ÏMustard,on s'aperçut que Ton pouvait, par une sugges- '*on impcralive et énergique : a Héveille-toi, je le veux, il lo faut, >i provoquer artiliciellement le retour de l'état A. ^fais, entre la suggestion et le retour se place régulière-" ^ïenl une attaque convulsive.

Chose remarquable : au début, cette attaque, marquant

■^ passage provoqué, était assez longue et violente et

^^^cessitait que la malade fût maintenue par deux ou trois

Personnes. Peu à peu, les phénomènes convulsifs s'atté-

puèrent et aujourd'hui, tout se borne à un cri accompagné

® Quelques mouvements des bras et d'un arc de cercle

?rin

ATTAQVE HTSTftRÏOOR PBPSTK.

caractéristique. D'autres fois l'arc de cercle manque, on est en présence d'une véritable attaque épileptoïde ai^ crt initial, phase tonique, plinse clonique, écume IcvroB, etc...

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Fig. 0. — A. I^tat normal, ttittnt ùepui» iHJf's mai* rcparuiiaanl J« Ul Autre aoU sponluii^moni, «oit .irtindeilniieut. et mtvrroiujiaat l'eut B eeurtaa Ineunion* {■, li, c, il) ilnn* at eontlnuitA.

B.Kutaeeonl Ininminiim iltj Ifitiiis an luin|>« par dea ratoiira d« T^H (a. b, c,.,) ; babhoal depula IHSt.

X. Phhtù do treaalUoo. période des granda éta(a de mil byst^riquea d«l

BCHAma or r.A T[B DE MABIK BAII^..

Quant :iu piirtsiii^c do Tùlnt A à l'état H, on n'ii jamais io!n de le provoquer. 11 io proilait toujours spontané- [Sient et m^me Irop vile au grc do l'observatour, qui orI obliffô de le faire reparaître plusieurs fois en une demiheure, pour pouvoir tenir une conversation quoique peu RUivle avec la malade dans l'état A. Même par les BUgfl;e8tions les plus éneri^iquea, noua n'avons iamats pu faire durer plus longtemps le retour à l'état A. Il se fuit toujours do même avec une parfatto régularité, à la faveur d'une p«tito attaque consistant on un cri, quoique» secousses des bnkSGt un arc do cercle.

Comme cliOK la précédente malade, la fîgure oi-contro

i^'ig. ïi) peut servir à schématiser la vie de Marie H... De

lADalBBance en 1884-8r>, la vie normale |A) existe seule

comme chez tout le monde. En 18b4-85 so place une phase

''e Iransition, marquée par les états de mal hystériques

''pileptiformos, à la faveur desquels a apparu tout d'abord

puis l'est installé définitivement l'IOiat B. Enfin, depuis

'*^Hî, jusqu'aujourd'hui, la personnalité U, interrompue

Perdes apparitions accidontollcs (a, h, c, d) d'état A, est la

^^ulo habituellement apparente. La personnalité A est

'^ tente depuis cotte ôjioquo, sauf les ditos rcapparltions.

Cotte malade est encore actuoUement (ilecoinbro \H\V2)

Via le servioû do M. Charcot^ dans la mémo situation

'^opuia plus de sept ans.

Comme on le voit par la locture de ces observations, nos 'oiix malades appartiennent à lu catégorie dana laquelle '} j a dédoublement le plus complet en deux personnalités

LBlInctos absolumuut ignorantes Tune de l'autre. Il ne fait pas en être ainKÎ dans La majorité des cas, tout au ^clns en nous bornant à ceux que nous avons rapportes ^^ qui sont les seuls parvenus à notre connaissance dans 'tt littérature médicale. Dans l'autre catégorie, la porson- *ialiié seconde conserve le sou vcnirde la personne première, ^ndla que celle-ci n'a pas la moindre notion do celle-là.

Mais il n^y a pas là, ce semble, de quoi différencier P'^ofondcmcnt ces deux espèces do malades. Le dédouble- '"cnt do la personnalité existe chez loua par le fait qu'il *** trouve une personne iiruoraïUo des faits et gfestes de

"" *o. Peu importe que hi seconde ait oonnuissunoo d9 la

nm

MÉMOIRE DANR LES SOMNAMHULISMBS

première ou non. M. Pitres (de Bordeaux)^ qui conBîdcre i'état second comme une manifoslation d'hypnoso spontanée, h>'pothèse que je me propose d'examiner tout à rheure,émet un avis analogue. « Peut-être, dit-il, n*y a-t-il là que des différences secondaires, des degrés pi us ou moi ni profonds d'une même maladie. 11 est même très probable qu'il en est ainsi (1). »

Dans le somnambulisme hypnotique, on sait que le souvenir des actes accomplis ou des faits survenus pendant cet état, est absolument perdu au réveil, tandis que, au contraire, dans rétat de somnambulisme, le malade con* serve non seulement la notion de sa personnalité mais encore la mémoire de tout ce qui s'est passé à Tétat de veille. Telle est la règle habituelle. Mais on sait qu'il peut exister des cas, rares ù la vérité, dans lesquels le som* nambule ne conserve point le souvenir des faits accomplis dans rétat normal. « Quelquefois, dit M. Pitres (2), les choses se passent autrement. Le lien qui doit rattacher en un seul faisceau le souvenir du passé aux impressions du présent est rompu ; le moi de Tétat de sommeil ne recon^ nait plus pour sien le moi do l'état de veille ; la notion de Tidcntité morale est altérée ; la personnalité est changée. > Est-ce une raison pour cela de créer deux catégories distinctes de somnambules hypnotiques, profondément diffêrenciées Tune de l'autre? Une pareille distinction ne paraît point nécessaire et il en est de même en ce qui concerne le dédoublement de la personnalité d'origine hystérique.

Dans tous les cas, ce qui incite encore à considérer ces malados comme dédoublés en deux personnes, c'est que, dans les deux états, il existe des modifications plus ou moins profondes, mais distinctes dans Tun et dans l'autre. D'une façon générale, dans l'état second le malade conserve la notion de son être, contrairement à ce qui a Heu dans les cas d'aliénation complète de la personnalité. Il ne se prend pas non plus pour un autre individu ignorant

(i) Parea» — LeçoTXf^ cliniques êur Vhystèrieet VhypnotiBme, Paris, 4891, t. U, p. 2i9.

(2»Pilroa. — Loc.cir.,p. 210.

DBS ACTES AUTOMATIQUES.

absolument son existence, ainsi que cela se voit dans la substitution de la personnalité. Cela vient sans doute de \a conservation chez lui de la cénesthésie ou sensation Intime de ses organes vitaux. M. Ch. Richet établit très oettement la distinction qui existera ce point de vue, entre le moi et la personnalité. « Le mol, dit il, e&t un phénomène de sensibilité et dMnnervation motrice; lu personnalité est un phénomène delà mémoire (1). » Nous avons déjà rtbordé, en commençant, cette question de la participation de la mémoire dans la constitution de la person* Billté; nous n'y reviendrons donc point.

Outre celte conscience intime de son être, le mulade

conscne encore dans l'état second un certain nombre de

DotioDs acquises et devenues plus ou moins automatiques.

A cet égard, il y a des différences assez grandes suivant

'w sujets. Tous savent marcher, parler, dans la condition

seconde. Mais, tandis que les uns parlent correctement^

Jc9 autres ont oublié leur grammaire et " parlent nègre u

Comme ladamoaméricainedeMacNiah, par exemple. L'c-

^Hture. 1 orthographe, sont également conservées dans la

Plupart des cas, mais l'exemple ci-dessus nous montre

Qu'il peut aussi en être autrement.

« Si toutes nos actions, dit M. Jules Simon i2), étaient ^'ûulues et réfléchies, nous serions capables de bien peu de *liosc3. L'action de marcher, t|ui noua parait si simple, niinuerait d'être pour l'homme un sujet de préoccupation d'étude pour toute sa \ie. Nous parlerions notre propre JangUB avec les mômes clToits qu'exiirc l'emploi d'une ngue étrangère nouvellement et imparfailcaient apprise, recherche d'un mot et la préoccupation do la syntaxe ctnpècheraiont notre esprit de se donner tout entier à la ursuite do la pensée. En écrivant, nous ressemblerions un écolier qui copie péniblement un dessin. L'homme le "lieux doué n'arriverait pas à jouer cinq mesures de piano **n« perdre haleine. Tout ce qui passe inaperçu dans notre ^'<^i et qui pourtant en fait le fond, absorberait toutes nos

Cb. Richet. — L'homme ei l'intelligence. f*ari8, Ib84, J. 6imon. — Le Devoir, p. 77.

NOTIONS CONSERVÉES UANB CATAT SECOND.

forces, et, pour la pensée, pour les ftrraires, pour Im wnnê* liorations. pour les tiécouvertes, il ne rcatcrait rien •

Ce sont ces actes, devenus |)ar l'habitude prestiue automiitiques ou réflexes, qui sont, dans l)on nombre do cnv, conservés en tout ou en partie dans le vigilambulisme. On ne saurait, malgré cela, dans l'état actuel de nos connaissances, formuler de règle absolue à ce sujet. Dés que !* notion acquise devient un peu complexe, il est rare qu'elle persiste dans son entier. Je n'en veux pour exemple que celui de notre malade, Marguerite D.,.. qui savait encore lire, écrire et composer un nombre de deux chiffres, mats était incapable de lire un nombre de trois chiffres et de faire une opération, si simple qu elle fût, d'arithmétique.

Dans certains cas, il est remarquable (]uc le malade choisit pourainsi dire, parmi ses acquisitions antérieures devenues à peu près aulomaliques par I^habitude, telle ou toile qui persiste pendant la condition seconde» tandis que les autres disparaissent. A ce point do vue, le Jeune Albert X... de M. Azam est fort intéressant. Comme un la vu, ce {euno ;;ar^*on avait tout oublié, lecture, écriture, caUul, otc..., dans l'état second. Mais it continuait à monter à cheval et à conduire. Ces deux notions acquises et devenues automatiques par rhabiiude, comme chacun sait, avaient seules persisté, tandis que nombre d'autres, plus utiles cependant et surtout plus fondamentales parmi les notions de ce genre, avaient totalement disparu.

£n présence de la persistance, dans l'état second, de cer* laines notions acquises dans l'état prime, il n'est pas sans intérêt de faire remarquer que les acquisitions faites dans le vigilambulisme ne se reportent pas dans l'état de \eiUe. On a vu plus haut quo Marie II... avait appris à lire, à écrire, à compter et à faire du crochet dans l'état second. Elle ignorait tout cela, comme par devant, dans l'étal nor* mal. Cola tient-il à ce que les notions acquises dans l'état second sont moins profondément implantées, ainsi que Je l'ai montré chemin faisantâ propos d'une de nos malades? Ksl-ce dû au contraire à ce que ia seconde personne est plus complètement ignorée de la première (jue la première de la seconde, ce qui parait vrai, puisque dans nombre de cas celle-ci a une notion, soit parfaite, comme chez Félldii

OlFPRRENfîBS SNTAB I.BS DEUX 1CTAT8. '4.^.^

eotre autres, soit fort obtuse comme chez Marie H..., d'un autre état? Ou ne saurait, co mo semble, trancher dêllni- Uvement cette question.

Je no cite pour ainsi dire que pour mémoire les actes Kilexcs absolument instinctifs, tels que ceux qui manifestent les expressions de la physionomie, « phénomènes mimiques qui sont constamment en rapport avec les sentitaenia si divei^ et si nuancés qui agitent l'esprit et que chacun sait accomplir, bien que leur exécution n'ait jamais été enseic^nèc par qui que co soit (1) n. Ceux-là sont toujours conservés dans l'état de vigilambuiisme et Ton peut mémo y voir quelquefois, ainsi que nous l'avons mentionné ^hez notre malade, Mart^uerite D..., la physionomie plus viv«. plus expressive que dans l'état normal.

Mais ce n'est pas tout : d'autres modifications peuvent

encore survenir dans Tétat second, qui le difrércncicnt

witemcnl de rôtal normal. Ces modifications portent sur

^^ caractère, les habitudes, Télat pliysique du sujet, le

fonctionnement de ses organes et son état de santé, enfin

^OTsa condition psychique. Mentionnons tout do suite les

pnînomènes hypnotiques constatés chez nos deux vigihim-

^tïles^ contractures lothargi(iuo et somnambulitiue, cata-

'(ïpsje provoquée par le moindre bruit, suggeslibilité 1res

"^^eloppée. Ces phénomènes ne sont mentionnés dans

'l^ouno des observations légitimes que nous avons pu

''<^'^nir. et n'ont été rencontrés que chez nos deux malades.

•"*>is si les auteurs ne les mentionnent pus dans les autres

*^*'î du moins ne constatent-ils pas expressément leur

™©nce. Nous ne pouvons donc savoir s'ils les ont rechor-

^"^H, En présence do ridenlitc de nos deux cas, dont l'un

ttVi\i^ évolué sous nos yeux et chez qui les phénomènes

**^^icntctc constatés cinq ans auparavant, et dont l'autre,

^^^ récent, s'était développé à Féronne, hors do toute

/^'^^Tnunication avec le premier, il est permis de se deman-

^^ &ion n^eùtpas, en les recherclianl, découvert des mani-

^^') V. Deapiïic. — Elnda scicntifiijue sur U «om««m6u{|«ïuc ^^'* etc. Paris, 1880, p. 54.

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