‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 43 sur 95 · MÉMOIRE DANS LE SOUMBIL NATUREL · texte numérisé non relu

MÉMOIRE DANS LE SOUMBIL NATUREL

cot... Dos (louchos j> n'en veux pas... Ce sale chien, m'a mordu ot a di'chiré toute ma robe, j) Ces rêves (jarlt-a témoisjnaient déjà hautement du dépôt inconscient, dans sa mémoire, des événements qu'elle iarnore à l'état de veille. Plus tard, des tentatives d*hypnotisme couronnées do succès sont venues confirmer l'existence de ce dépôt et démontrer, d'une manière péremploire et irréfragable, l'cmmagasinement do tous les faits écoulas depuis le 14 juillet au soir jusqu'au moment présent. Dans le sommeil liypnotique, elle nous a raconté tous les événements de cette période, nous apprenant même des détails que nous ignorions et dont nous avons pu depuis contrôler rauthenticité. Elle nous a raconté la scène du 28 août, la morsure du chien, Tarrivée à Paris, le traitement antirabique, ses courses dans Paris, son entrée à la Salpêtrière, etc., avec une facilité et une fidélité très frappantes, dont nous allons essayer de vous rendre jugées.

Mais, pendant qu'on va tâcher de Teudormir, il noua faut, Messieurs, discuter ensemble la nature de cette étranf,^e amnésie. Je me bornerai ici exclusivement au côté médical, laissant volontairement dans Tombre le côté psycliolotcique pur. Très évidemment, il ne saurait s'agir ici d'une lésion organique, d'une lésion grave résultant, par exemple, d'un ramollissement cérébral. C'est l'hystérie, ^Messieurs, qui est en ijeu, et l'hystérie U seule. Or, Tattaque convulsive et délirante a duré trois! longs jours. Ne pourrait-on pas, pour expliquer cette amnésie, invoquer un ébranlement profond, un épuise- ■ ment nerveux consécutif à cette longue crise ? .le no le | pense pas. A mon avis, il s'agit simplement d'un équivalent dattaque d'hystérie, d'une attaque d'hysléroépilepsie prolongée sous forme d'amnésie. Vous savez que la période délirante de l'attaque se transforme souvent et que cette transformation peut revêtir des modalités cliniques très différentes. Vous savez que le somnambulisme hystérique, peut-être aussi le somnambu-

MEMOIUK DANS LUYPNOSE.

wme spontané, n'est autre chose qu'une transformation ecette phase délirante de l'attaque, et que l'automatisme mbulatoire, le sommeil hystérique, le vii^ilambulisme lèvent, dans la théorie, de la même interprétation. Eh îen! chez notre malade, il s'agit encore d'une transforation de la phase délirante de l'attaque classique, mais 'une transformation sous le mode amnésique, mode rt orîj^inal et inconnu jusqu'ici, si je ne me trompe. El longue durée de cette amnésie ne vous étonnera point, vous voulez bien rétléchir à la durée souvent très longée de certaines attaques de sommeil ou do igilambulisme hystérique.

Maintenant (1), Messieurs, nous allons interroger Dsemble cette femme dans le sommeil hypnotique. D. Madame, connaissez-vous R...?

R. Oui, Monsieur. J'y ai été le 17 août dernier avec ^!. et Mme V, Nous avons visité le parc, le casino; j ai \ a dans le parc une dame qui jouait a au sabot » et qui a perdu 500 francs. Le soir, nous avons été â la I comédie et nous ne sommes rentrés â C... que le lendo ^H main par le train de midi.

^B D. Votre fille a-t-elle eu des prix cette année-ci ? ^H R. Oui. Elle en a eu trois : un de lecture, un d'éj^^criture, un d'orthographe, le premier, je crois. D, Que s'est-il passé chez vous le 28 août? U. Je venais do quitter Mme V.; j'étais en train de fiquer un tablier à la machine, lorsqu'un homme que je ne connaissais pas entre et me dit brusquement : a Votre mari est mort, on va vous l'apporter, préparez uûlit, Madame D.,, » Il devait connaître mon nom. Je fitt tellement émue que je m'affaissai subitement; ma tête vint frapper sur le porte-aiguillo de la machine et j® me fis là une petito plaie qui me lit mal pondant

tlILa malade, qui avait été prise à l'écart, est ramenée devant lioditoiro après avoir été, ooa sanb quelques difficultés, pli>ngéo 'W03 le souimoil hypnotique.

MÉHOmB DANB l'UYPNOSK.

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plusieurs jours. Je sentis alors quo oet homme me frappait .sur répaule en me disant : n Au lieu de vous déuolor, monte/. Uono en haut préparer un lit. » Puis il partit, je no sais trop comment, tant j'étais bouleversée.

D. Et rhistoire du chien t

R. C'était le 30 octobre, un vendredi, à 9 heures du mutin. J^étais sur la route de S... J'allais chercher u: lo^'oment, un petit chien jaune me mordit à la main et déchira ma robe. Une dame vint à mon secours et me dit que je devais me faire cautériser, car il y avait de» chiens onratcés dans la ville. J'écrivis cela sur mon lopin. Je fus brûlée à 1 alcali, puis au thermocautèro

D. Quand êtes -vous venue à Paris ?

R, Je suis venue à Paris lo 5 novembre avec mari; nous sommes descendus ohei M. L..., rue de l'Odéon. Tous les jours, pentUinl quinze jours, noi avons été aux inoculations à l'Institut Pasteur, elo.

D. Quelles sont ces dames y

R. Ce sont mes deux voisines de lit; elles sont vi nues tout à l'heure au parloir avec moi. Elles sont ai 16 et au 18 de la siillc Cruveilhor. Ce sont Mme C... Mme X...

l). Quel jour sommes-nous, Madame ?

R. Nous sommes mardi, le 22 décembre.

Je crois superflu, Messieurs, de prolonger plus loi»^' temps ce dialogue. Vous voyez que tous les souvenirs, en apparence oubliés, sont inscrits dans sa personnalité inconsciente. Son sommeil hypnoli(|ue est réelleraonl peuplé de faits enregistrés à l'état de veille. Le contraste est éclatant et mes réticences du début entiôrt;ment léj^timées. Puisqu'il en est ainsi, allez-vous roc dire, rien n'est plus facile que de protiter du sommt*i| hypnotique pour suggestionner cette malade et lu rendre ainsi sa mémoire. C'est en effet le procédé que nous nous i)roposons de mettre en œuvre, ces sul'C**lions post-hypnotiques nous ayant déjà donne quelques résultats. No pourrait-on pas songer ici à provoquer'

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