TABLEAU XXI
CÔTB PATERNEL
CÛTB MATBKN8L
Tunte. Pète. Mère. Tante.
"* ^'tnattoM mentate. Diabète, goutte. Tuberculosa. Bémifkgie.
Cousin. I
Imputtif. Kec .. Tabe$.
CUAHCOT, T. a.
ÎM^ NUTRITION BT STSTéMB NBRVECX.
On voit par les exemples précédents que le diabèle alterne avec le labes dans les divers membres d'une même famille, absolument comme il allerue avec les vésanies et les névroses. El cette alternance semble plus fréquente qu*ou ne pourrait le croire : elle s*y présente d'une telle manière qu*elle ne peut être ex* pliquée que par des liens de parenté enlre ces deux afTeclioiis. Assurcmeiil, lorsqu'il s'agit de fiiits rares, il est impossible de prouver qu'ils contiennent autre chose que des coïncidences fortuites. Mais, quand ces cas sont noml>reux au contraire, la relation n'est pas niable; ils sufliraieDl mêmeà prouver l'existence d'une parenté entre le labes et le diabète, si déjà la parenté de Tarthritisme et de la névropathie n'était point chose certaine.
La raison de ces liens de parenté consiste vraisembliiblement dans un trouble de ta nutrition, trouble commun aux manifeslalious arthritiques et aux manifestations nerveuses. « Celte connexion des aiïeclions du système nerveux avec ta maladie diabétique, dit M, Bouchard,... prouve assurément que le système nerveux a une influence réelle sur le développement de la maladie, mais celte inllucnce est sans doute la môme que colle qui prédispose à tant d'autres maladies générales, à tant de lâ"oubles permanents de la nutrition. Le système nerveux est, eu efTet, le grand modérateur des actes nutritifs; et ses désordres héréditaires ou acquis peuvent rendre la nutrition plusactive ou plus lente... Si les métamorphoses de la ma — lière peuvent être ralenties par un trouble nerveux.»elles le sont également par une disposition couslilu— ' lionnelle, congénitale ou hérédilaire, ou par une dia— -
A.RTUR1TI8MB KT TABSS.
êse acquise. ..Si ce retard de la nulrilîon vient à entraver les métamorphoses que le sucre doit subir dans Torganisme, il y aura aussi acheminement vers le diabète et à un certain degré production du dinbèle ', u Comme dans le diabète, i! y a dans le labes trouble Tiulriiif. Dans ces dernières années, MM. Livon et Aiezais', au cours de recherches sur les urines tabéliques, étaient fmppés de la tendance à Thyperchlorurie et de la faible quanlilé d'urée et d'acide phosphorique éliminée dans les vingt-quatre heures.
L'ataxie locoiiiotrice progressive afTecte du reste avec d'autres membres de la famille arthritique des rapports du même ordre. MM. Laudouzy et Ballet citent six cas de lalies où il n*y avait que l'arlhritisme (rhumatisme) comme facteur étiologique. Ce chiffre ne peut être interprété par une simple coïncidence, si on considère que l'hérédité nerveuse est représentée par le chiffre dix-sept et la syphilis par le chiffre quatorze <ïans la même statistique*. Nous avons rappelé plus '■«intque M. Charcot avait vu plusieurs fois coexister 'fi tabès et le rhumatisme chronique.
Le tabès survient souvent chez les dialhésiques, sxiv-
'^ui chez les rhumatisants (héréditaires ou person-
^^Is), (Combal, etc.). « On trouve souvent, dit Gras-
t, chez les ataxiques un arthritisme héréditaire et
ï*^rsonnel qui a préparé le terrain d*abord et qui
^tïBuite, sous rinduence d*excès ou de toute autre hé-
<l) Bouchard. Loc. cit., p. 182, ^^<2) Livon et Alezaia. — R'^herches tur Uê urinai labétiqua. {Marteiltê ^^^icû/, IWJ8, p. 193 0l26'i.)
^ f3) Laiidoiizy et BaUct.— Du rôle de l'hérédité datia la genèse de l'attkrie ^^motrùc f/Tix Civrieu:c, 1883, ei Annales méd. psyck., I8H4, |». 29.)
ORIGINES DU TABE8 ET DU DIABETE
redite (névropaïliique), se localise sur l'axe spinal et développe dîins les cordons postérieurs les scléroses que, dans d'autres cas, on observe sur d^aulres organes. »
Faul-il menlionner ici que Rosenlhal est partisan de rorigirie rhumalismale du labes et que M. Belugou, sur trenle-deux malades, relève chez dix-sept des antécédents j)ersonuels rhumatismaux' ? Non pas que nous partagions celte manière de voir, mais il semble légitime de conclure que le tabès affecte des liens de parenté avec le rhumatisme, meml>re de la famille arlbrilique.
C'est sans doute en raison de ce fait que M. Laucereaux* considère le diabète comme une névrose complexe et que Duckworth 'regarde la goutte et le diabète comme deux aflecltons du système nerveux. Si Tétude que nous venous de faire ne permet poiut d'adopter cette manière de voir, elle permet au moins de soutenir que le diabète est rattaché à la uévropathie et au tabès par des relations étroites de parenté.
Nous venons de voir jusqu'ici le diabète alterne! avec le labes chez divers membres dune même famille. Nous avons hâte de démontrer que ces deux entités morbides peuvent s*associer chez un seul individu et évoluer pour leur compte personnel, sans qu'on ait^
(Ij BeluKOii. — Progr. méd,, 1SB&.
(2) Laiic«reaux. — Traité de rherpétitme^ I8R3. p. 273.
(3) l»iickworih. — .4 pUa for thc neurotic Iheory of goui. Brain^ fK « 1880, I. UK p. !.
le droit de songer au pseudo-tabes diabétique ou à la glycosurie labélique.
C'est la partie à laquelle nous avions primiliveraent limité noire élude; elle eu conslilue le chapitre le plus important en raison de l'oubli dans lequel ou avait paru la laisser jusqu'ici. Les ohservalious que nous allons rapporter ontéïé recueillies par nous, soit à la clinique, soit dans la clientèle privée de M. le professeur Charcot.
OosEavATioN m.
A. Lem..., claquaDtn-neur ans, maconi nnlre lo 10 juin tBOO, à la Sa]pêtriére, daii$ le service de M. le professeur Charcot.
ANT&cÉUE.\rs uÂHÉDirAiHEs. — Son père, très obèse el t:ùs alcoolique^ est mort subitement. Sa mère, alteintc d'asllinip fivec eriipbysèitie depuis de longues atuiée«, est morte à suixuule-Lrois ans dclrauglemenl heraiaire. Il a eu ciuq frùtes ou birurs qui sont tuus morts jeunes d'alTeoiious inconnues de notre maJade.
Il ne peut donner de renseipnemenL sur ses grand^-paienU mal^rnels ni sur un certain nombre de membres de 5a faniillo. Il .sait Cependant que son };rand-pore paternel était un grand buveur cl QD noceur. Il sait aussi i{ij'uiie du ses tmituâ, une &uïur de son péio avait des crisG.^ de somiian)!iiJli5mr\ En somme, sonbérédité palho- ^0(!ique peut se résumer dans le tableau &uivauL :