TABLEAU XXI
ilÔTÉ PATrnNEL
firand-père.
AletjoUqmc.
"hnte.
ttiule.
Père. Obèse fi 'ift^iohi/u^.
COTE MATKRNF.L
Mère.
A. Lem...
DiahèU et Tabei.
Ahtécédisnts PEnsoNNEL5. — Lcm... n'a fait aucune maladie dans ^OQ ealauce. A quinze an^, il a appris le métier de maçon, qu'il a
OBSERVATION
exercé depuis lors. A dix-huit ans, blennorrliagie avec orcbîte. A dix-uouf ans il se marie; de ce mariage naissenl treize enfants» qui tuuâ sont inurLs â l'exception d'un seul.
A viii^l-ucuf ans, fracture luallùulaire du pied gauche. Peudant dix ans, dt; trentixicuf à quaranlc-nouf ans, il a eu tous les ans au priulempâ une attaque de rhumatisme articulaire ai'jn. Presque toutes les articulations étaient prises et chaque attaque durait do deux à quatre mois. Il a été >oi;;né soit àNccker, suit à Saint-Antoine et traité par le salicylute du &oude.
Début du diabète, — A ciuquunle-un ans, en 1882, il a eu une balano-posthite avec paraphiriiosis qui l'amena dans le service de M. Terrier. L'interne auralL pratique une inciiiun d'urgence et troi5 semaines après noire malade aurait quitté l'hùptlal Saint- Antoine, non complètement puéri cependant. En elTel, deux mois après il rentrait de nouveau. On lui fit une nouvelle opération sur le prépuce et cornnte la plaie ne se cicatrisait poinl, on analysa les urines vi on trouva du sucre. Une analyse laile à cette époque aurait révélé 80 ^*raiumes de sucre par litre, glycosurie énorme accotiipaf.'née do polyurie (>t k 9 litres par vin^'l-quatre heures), polyphagie et polydepsic. Le mulade fuL iilurs envoyé a Cusset, ayant loujouràsa poslhitc qui mit encore un an a guérir. A ta fin de ^a cure minérale ses urines, ne renfermaient plus, dil-il, que 60 grammes de glyco^e par litre. A sou retour de Vichy, il revint h l'hî^pital Suinl-Anloine on il fut soumis à un régime approprié et d'où il put sortir quelque temps aprè», très sensiblement amélioré.
L'année suivante, en 1883, il rentra à rhdpital Andral pour son diahèle. Il avait encore, dit-il, 8U grammes de sucre par litre, pis- &ait, mangeait et buvait heaui'.oup. Après sept mois de traitement (viande crue), le ï^ucre ayant notablement diminué, il sortait.
Depuis lors i^B maladie ne l'a pas autrement incommodé; il n*csl resté qu'une fois û l'hôpital pour le licnia eu <884. Lorsqu'il s'est préseulé à la Salp£trière il ne se duuUit point qu'il pissait encore du sucre. 11 venait consulter pour des doukurs nèrritU giqnes, pour des troubles oculaires, avec une urdonnaace des Quinze-Vingt;, où on lui avait dît de venir à la consultation de M. Charcut.
Vi^but du tnbcs. — En juin 1889, il a été pris de diplopie très manifeste qui a duré un à deux mois; il voyait dans la rue le* hommes, les chevaux, les fiacres en double. Celte dîplupie a disparu pour ne plus revenir.
11 y a un mois, sa vue a baissé surtout dans l'œil droit ; des douleur» névralgiques se sont montrées dans la région maAtoldienite gauche. C'est pour cette amblyopie qu'il s'est présculé aux Uumzc- Vingtâ et ensuite à ta SalpéLriére.
£xAi ACTUEL (juin 189U). — L'examen des urines révèle la pré-
OBSERVATION
âii
une quantité notable Je sucre. Le malade a de la poly- :ie et de ta potypha^ie modérées cependant. Une anairsd iquée le 2i juin par M. Grenouillel, interne eu pbarinacie de senice, donne les ré&ull;it.s suirants : urine de vingt-<[uatre heures : trois lîtrt^ s d'aspect louclke, de couleur jaune pftle, ammoniacale, aicaline, densité 1/^20, contenant en lulalilê 35 gramnios CsTÔe, 27 grammes de ctitorure et 6 irr. 3 de sulfate, sans alhumiae, sans peptone, ni acétone, cunlcnanl enfin 122 gr. 83 de^lycose par viii;;t-qualre heures (40 ;.t. Vi par litre).
Huruiiie ohè^e. Dents en bon étal; pas de f:ingivile. Pas d'éruptions cntiinées, La peau céi de couleur normale sans sécheresse manifeste. Pas de siçnc de Romberg. Absence totale des rcfleics rolulicn^. La force rtiusculuirc générale est olfaiUlie; le ni:iladc se fdtipue plus vite c{ne d'habitude, et il se seul incapable do faire les courses qu'il fai.->ait l'an rirrnier. Cependant la force musculaire dans les membres inférieurs est normale; il oppose aux moiiveincnls ipAssifs une r^ai^tunce énergique. Au re^te, la démarcha est à peine troublée, si ce n'est qtie les jambes se dérobent de lempji it autre sous lui. La démarche est un peu f:Anée, mais sans caractère spécial, et celte gène acittble tenir soit à la fracture ancienne vicieusement consolidée, soit aux troubles de la vue.
Les troubles de la sensibilité sont multiples. Le malade se plaint d'engourdiiïscmnnt dans les di>ux jambes, de la sensation inij^ar- ^H ^*tle du sol Ol lui semble qu'il niarclie sur un tapis) avci: hypéres- ^H théiie assez marquée au niveau de ta face dorsale des mains et des ^H pifds, hypéreslhésie qui l'abli;:e pniTois k L-tilcver siis couvertures. ^B Pas d'aneslbésie. 11 n'a pas de douleurs ful^'urantes bien nettes ^^ Di dans les njenibres, ni au niveau de la ceinture. Il accuse simplement quelques douleurs rapideiî (comme de IVati qui ouulcrait) ^u\ ne sont du reste pas très vives el attirent peu .-^on iitti-tilion. 11 i ''osïent en outre une sf^nsaliou de lourdeur. SM appuie un instant, I ^^1 bras restent pendant quelques nnnnles « comme morts ». I 11 se plaint surluuL d'uiit; tiévralf:ie caractérisée par des «loulcurà
^ives, continuelles, au^si fortes le jour que la nnil, lancinantes par ^^ *tioments, cxa;:érées par les mouvenienls de [a léte et l'oldigCHnl ^■P^ tenir sans cesse sa main a|ipl]:quée contre l'oreille. Cette douleur ^^^îège dans la rcgion mastoïdienne du cùLé .^'auche. KIlea un foyer Maximum au niveau de TapopUyse maslu'ide, uu second à deux ^*:ntinieires au-dessous de celte apophyse. La zone duulourouso est ■imitée en arrière à trois ou quatre travers de doiirt du pavillon de ^"oreille, il n'y a en avant éi^ l'oreille, ni en d'autres points de la ^^Le et du cou. aucun point douloureux. Celte douleur est parfois lourde, tolérablei mais s'exaj^ère par la pression, par la marche, par les mouvements.
I bu côlè de la sensibilité viscérale il nous faut signaler t'impuis-
L &^uce remontant à de lou^^uu? années el parfois du la spcrmalor
OBSERVATIONt
rbee sans érection, la paresse vé?ica!e, qui l*ubltg« à pousser, avec arrèl momentané du jot de temps en temps.
Pas de crises vesicales, ni laryngées, ni slomacalef, ni rectale», elc.
Du côté des sens .«péciaax, le goût et l'odorat sont normaux. L'ouïe est très affaiblie, snrtoal à gauche uù le milade n'entend pw )e tic tac dune montre appliquée sur son oreille. A droite le lie lac o'est pasentcniii] au delà de 3 centimètres.
L'oeil est franebexncnl tubélique. Myosis bilatéral. Sipne d'ArfvIl-Hobcrtson avec absence complète de réaction des pupilles. Ré- Irécisscment irrégulier du champ visuel (v. /ff/. )(i). Dyschromatopsie
■• '..Ui
Fig, \Q.— flétrécitsemani ifréffulier du champ vUuel iTorigine taUtiqué
chez un diabétique.
prononcée. Atrophie nacrée des papilles. Amblyopie encore peu accusée, le malade voit assez neltemont, joue aux cartes, elc ..
L'état général est satisfaisant. Lem... est obë^e, plulùt vigoureux d'aspect. L'appélil e:il exagéré, lu soif auiriiicnlée, «ans troubles stomacaux ou inlestinaux. Il porte au niveau de la verge les vestiges ricutriciebdc son ancienne bulano-puslhite.une lijdrO' réle vaginale du côté gauche, avec induration épididyniuire et hydrocéle vaginale du câté droit. I.e pouls est normal et les visc^es ne présentent aucune altération appréciable.
Depuis :îOn entrée dans le service de la clinique, le malade a été soumis au régitne cl au traitement. Dans les deux pr(«niier» mois la glycosurie a diminué alor$ que Icâ manifestaiions oculaires onl pris une inteusilê remarquable. En quelques mois J'atrophie ai devenue complète, la cécilé absolue.
Dans ces derniers temps le traitement ayant été néglige par Lem..., le .sucre a atteint lu nifime taux iju'à l'entrée. LcschitTivs ci-de?sous montreront que le chilTre total de la glyco$e, sous Tin* fluence d'uue médication appropriée, avait baiss6 d'un tiers cl que
DUGNOSTIC.
rdbaodoi) presque complet de la mcdicatioa ^l du régime s'esl traduit par le retour au taux originel.
Examen de juillet 18^2
Examen du mois d'août IH90.
Kiamen du mois de septembre 1891
i 87 gr. 32 do sucre dans les . J vinfil-qtialrp liPiires.
' (-îpr. 4i par liire.)
. 78 tp-. 5i dans les viiigtqualre U**uri's.
^' (19 gr. 85 par litre.
à I35fniinmesdan&le8viiigt- . . gimire heures.
' (:iO grammes par tiire.)
Les autre? ^vmplnmes n'i^.it pas varié sauf la névralgie de la ré;;iou iii%ïtuîdi<*ntie qui a disparu spotilauC'meut dans Ie$ premiers jours de septembre iSDI, après avoir duré seize mois.
24 aeptrmbre. Ce malin au réveil, le malade s'est trouvé paralysé du cAlc $?aucbe, sans partieipation de la face ul énm troubles de la sensibilité. 11 s'a;:it d'une monoplêj:ie crurale prci^que complète uvec parêsie brachiale associée.
— Héréditairement, ou retrouve dans celte observaliou les deux tares névropathique et arthriLic|ue. Kt ces deux tares se Iradufsent chezLem... par uiieassociûlion du tabès avec le diabète. Nous d'sons associatiou, car si le diabète n'est pas douteux, le tabès ne 1 est pas davanlai^e et, eu aucune manière, il ue saurait être question du pseudo-labes diabétique.
En pleine évolution d'un diabète con(irrué, et huit ans après son début, surviennent d'abord une dipiopie Irausitoire et quelque lenqis après de l'amblyopie qui ue tarde pas à Taire place à une aniaurose complète transitoire. Acluellenientf outre les sit^nes classiques du diabète, on coustate un certain nombre d'accidents nerveux lels que : engourdissement, bypéresihésie, impuissance géuilale, perle des réflexes rotalieus. Ce» accidents relèvent-ils du labes ou en sont-ils indépendants? C'est là un problème dinicile à résoudre, car ,ous peuveul exister, dans le diabète sucré. Aussi bieu
314 TROCIïLBS OCULAIRES TABÉTIQUB3 BT DIABÊnQDSS.
n'est-ce pas, d'après leur présence, que nous voulons établir l'exislence du tabès vrai.
Les troubles vésicaux plaident bien pour Tataxie locomoïrice progressive : paresse vésicale avec arrêt momentané du jet^ mais ils ne sont pas ici sufOsamment caractérîsiiques et on pourrait objecter que de pareils troubles urinaires ont été observés dans le diabète. Par contre, les troubles oculaires nous semblent lever ici toute espèce de difGculté; il s*agil d*amblyopie tabétique, d'œil labétique au grand complet : myosis bilatéral^ signe d'Ârïj;yll I^obertson, rétrécissement irrégulier du champ visuel, dyschroraatopsie et atrophie nacrée des papilles. Ce sont là incontestablement des phénomènes qu'on ne trouve point chez les diabétiques. Non pas qu'où ne rencontre point dans le diabète des troubles et des lésions oculaires ; mais combien différents! On y observe, d'après de Wecker elLandolt, par ordre de fréquence, les altérations suivantes : 1" la cataracte; 2" la paralysie de Taccommodation et des muscles extrinsèques ; 3"^ les troubles hémorrhagiques du corps vitré; 4'^ des rétinites et des hémorrha^ies rétiniennes; 5" l'airophiedu nerr optique.
Les quatre premiers n'existent pas chez notre malade. Quant à Tatrophie du nerf optique, inutile de faire remarquer qu'elle est exceptionnelle dans le diabète. Elle ne ressemble du reste point à celle du tabès. M. Pariuaud, qui a fait à diverses reprises l'examen du fond de l'œil chez Lem... est catégorique sur Texisleuce, dans noire cas, d'une atrophie tabétique. Il n'est, du reste, pas éloigné de croire que l'atrophie de la papille n'appartient jamais au diabète. Quoi qu'il en soit, cette atrophie relève ici du tabes«
TABKS CH£E UN DIABÊTIOUB. 315
Eq outre, le myosis bilatéral, le signe d'Argyll, la I dtplopie qui a duré deux mois ue relcveut point du I diabèle sucré. Eu somme, nous trouvons d'une pari
tibscnce des signes oculaires classiques du diabète el i'aulre pari présence de lésions et de symplômes franchement labétiques. Lhésilalien n'est point permise. Nous ferons enfin remarquer que le développenieul de lamblyopie a coïncidé, chez notre malade, avec l'institution d'un réairae el d'un iraiiemenl anlidiabétiques el avec ramélioralion du diabète, ce qui u'aurail pas dû arriver, sans doute, si celle amblyopie avait été sous la dépendance de celui-ci.
En résumé, si quelques accidents uerveux : perle du réflexe rotalien, troubles de la sensibilité, fritîidilé énitale, troubles vésicaux même ne peuvent être équiblement partagés et peuvent à la rigueur dépendre du diabète aussi bien que du labes, les troubles oculaires relèvent inconlestabiemeiU de l'alaxie loconio- Irice progressive. Nous ne sommes donc pas ici en présence d'un cas de pseuJo-labes diabétique mais lïiei] d'un cas d'association du véritable tubes avec le ^^ai diabète sucré. Et ce talcs à début oculaire semble [ rester isolé et se cantonner aux yeux. Cet arrêt du tabès HR^^ débute par les yeux est la règle dans Tespèce. Le "fait a été signalé par M. Charcot, par Benedikt et tout I récemment étudié par M. Martin Joannès'.
^L OBâERVATlO^N 1 V.
^Bj^' Kal..., israélile, cinquante-six ans, courlicrcn assurances, se ^Rl^ftealeà la consullalioueiLcrne de la Salpôttière, le lïl auill 180().
I t1) Uartin-Joannès. — De Catrophie du nerf optique et de bu vaUur ^^Oêtitfu^ dans la acl^rote det cordons poêtérieuf de la moelle épi' '*^à-e.{rh. de Faris, 1890.)
316 OBSERVATION
Antécédents b£&édita.ihes. — Le malade ne peut donner aucun renseignement précis sur ses grands parents. Son père est mort dans la démence séniie ; it avait des hématuries. Sa mère est morte âgée; elle était, paraît-il, coléreuse et emportée. Il a eu six frères ou soeurs : trois sont morts d'affections n'ayant rien de spécial à noter. Parmi les trois qui lui restent, se trouve une de ses sœurs qui a eu ta danse de Saint-Guy, et dont une fille a également eu la chorée de Sydenham.
Un oncle maternel est goutteux, un autre du côté paternel est aliéné. 11 y a en outre un certain nombre de membres de sa famille qu il ne fréquente pas et qu*il ne connaît presque pas. La généalogie peut être représentée par le tableau suivant :
TABLlilAU XXIII fauille israélite
c6tb fatrrnbIj côte maternel
Oncle. Père. Mère. Oncle.
Aliéné. Démmee êénUe, Cotèn, Goutteux.
5 frères et sœurs. Notre malade. Sœur.
Kicn k noter. Tabei et diabète. Chorée de Sydtnham.
Nièce .
Chorée de Sydenham.
Antécédents personnels.— K... n'a jamais été malade, ni dans son enfance, ni dans son adolescence. A dix-neuf ans, en 1870, il s'est engagé et a reçu quatre blessures sans gravité dont on voit encore les cicatrices à Tépaule, au bras et au cou. Deux bleniiorrhagies, ù vingt-cinq et à trenlc-cinq ans. Pas de syphilis. Excès alcooliques durant une quinzaine d'années.
Il s'est marié à vingt-neuf ans. Sa femme a eu neuf grossesses (cinq fausses couches, quatre grossesses à terme; il reste aujourd'hui trois enfants bien portants). Deux ans avant son mariage, il a en un eczéma variqueux à la jambe ^'auchc où on voit actuellement des varices et une pigmentation accusée.
Début du tabès. — A vingt-huit ans, six mois avant son mariage, il a éprouvé les premières douleurs au niveau de la cuisse gauche. Cette crise douloureuse a duré vingt-quatre heures sous forme de fulgurations rapides et courtes avec des iutervalles de calme de cinq à six minutes.
écrépî-
ttx «MlMs, ftstovr et la camUf» cl parfois «i nUre. n n'en a >ma» irawaii dam la laee, dim$ le N acahrea iaffrican. QIm hfa«i<mt ^rè» «Uca ■•• ky^ftwiMe cbUa«« très rm ^ù nirfiil U pntnaa da paaUlaa et la poids des «oiiT«r(ar«« ialolifablcs, Plai le lariakat à criey^ a sauter ea bas do Ut et l'cmpfriiaienl ««irlèliwwl dt 4armir. < Ce fc^Qt. d;i-il, des ddalears atroces, Jnlelirabk!, ^ m'empèehaâeat di dormir. * lïm msé oootrc eBcs de toales fes anèdkaliaas, brottiure, iodure... morpliîae.
11 y a Tin^l ans s'est mo>nlrêe sne îneoordîoalioo raolrwie : il r^Mit des écarts eime&açait delumber. Depois TÎa^ aus il marche it« one canne.
C'e4 â la iDéme ê|Hi^tic qae se soot moatrcs les troaMes ari-
'Biin^ caraclèrbès par one paresse résicale. U était obUp« d« poaster fortemeul, de se lirailler la verge et de pîaser accroupi. Ces l^^dbles D*ouL pa» cessé depnis lors : s'il «eut résister au besoio
■iurifler, l'urine sort loule seule brusquement. Parfois il pisse inro-
loatair^menl quelqaes fïouUes ditns ion pantalon.
Depuis une dizaine d'années» les Iroubles motears se sont nola-
^kment accrus; fréqucmnienl dans la marche sos jambes se
lérobent sous lui. Il marcbey dit-i], coninae un bomme ivre, el il
>t connu dans son quartier sous le sobriquet de ■ jambe de
Mld du diabète. — En 1^3, il y a sepl ans, il avait à la jambe [Bn ulcère variqueux qu'on ue parreoail pas à guérir. OUi examina tthoes et on y découvrit du sucre. Deux ans après, une ana]r$e vdique indiquait 40 graiiinies de glvcose par litre. Ou reste,
ttiio époque il avait toute la svnif>tumatoluçie du diabète confirmé ; il uiiuait souvent et beaucoup, sans qu'il ail jamais soiu'ê à i^ueillir la totalité des urines. Il se levait la nuit cinq â six fois
>ur pisser. Il buvait en proportion, ayant sans cesse la bouche )^ciie et pâteuse. Use levait ta nuit pour pisser el pour boire. Sa '^nime, qui l'accompagne, raconte quVlle a remarqué, il y a dix ^Q!, une augmeulalioo de la soif et de l'appétil. Son mari faisait ^ii repas par jour et se relevait même la nuit pour mander. Il Î^Tait des somnolences invincibles, deut ou trois fois par jour.
K... est inipui.*sant; depuis dix ans il n*a eu aucune érection ; il iccuse cependant des déâirs et même deséjaculatious.
Depuis un an ses symptônicsse seraient amendés. La polyphagio t'est pas très accusée ; il boit aux repas une quantité normale de liquide; il n'a de poljrdipsie que la nuit.
Si8
ODBBaVATION.
Dans nés dfîniiera mois son cnraclèrcs'csl modifié : il est devenu irritable et impaiient. Depuis trois mois il n'a pas eu de crise de douleurs fulgurantes, mais il i'prouve des agacements, des fourmillements permanetiU dans les jambest sensations qui n'ont, dil-)i, n'en d'analogue aux crises douloureuses qu'il connaît bien ; les fourniillenientâ sont soulagés pur la position croisée (ie^ membres inférieurs; au>s) ne tient-il presque jamais ceux-ci dans la poMlinii normale. Il accuse encore des crampes douloureuses que le port de bas à varices ont fait di.spaialtrc.
Rien de particulier h noter dans les membres inférieurs si ce n'est un a énervenieut » qu'il fuit remonter à ^ix mois.
Etat actuel (21 août 1890). — K... est un bomme de corpulence moyenne, &anâ obésité. 11 porte aux membres inférieurs de? varices très apparentes compliquées de cicatrices ulcéreuses et de piji^menlation brunâtre. H présente des placards de psoriasis aux deux mains (dos et paume de la main, petit doigt cl aiiuulairc gaucUes}. Il est porteur de psoriasis depuis trente ans et en a eu dans différentes régions.
PuUakiurie et polyurie modérées avec polyphagie et polydîpsle peu marquées. Les urines renferment, d'après un examen fait séance tenante par M. Oliviéro, interne en pharmacie du service^ (5 grammes de sucre, 8 gr. 15 d'urée, 5 grammes de cblorure, 0 gr. M de phosphate et 0 gr. 21 d'acide urique, le tout par litre, sans aucune Lrace d'albumine. L'urine est trouble, acide, d'une densité uormale, et laisse déposer des phosphates ammoniaco-magnésieas.
La boucbc est sèche^ coniplélemcnt dégarnie de dents qui sont toutes tombées depuis une dizaine d'années. La tangue eU quadrillée en gaufre avec quel([ues plaques blunchos, sans contractions llbrilluires, sans atrophie appréciable.
Pas de troutdcsde la sensibilité autre que des engourdiïtseincDts et les crises de douleurs fulgurantes. Pas d'&nesthésie, pIuLûl un peu d'bypércslbésie t-t un peu de retard dans la perception des sensaLions. Pas de crises laryngées ni gastriques. Le goûi, Todorat, Poule suut normaux. La vne e^t bonne, mais les pupilles sont iné* gales et le si^ne d'Argyll Hul)crtson est 1res net. Absence des réllexes rotuliens. Signe de Uomber^'. L'incoordination motrice est absolument typique. Le malade appuyé sur une canne progresse en déviant de la ligne droite, en jetant ses jambes à droite et i gauche. Celte démarche qui n'a rien de celle de hteppertèi encan plus iucoordonnée el môme impossible dans Tobscunté.
Le cœur est normal. Le pouls a 76. Pas de troubles digestifs. Troubles urinaircs déjà signalés. Hien au foie u, dans les divec5 organes. L'éUl f.'éaéra] est liés salisfaisaut, le caractère gai et Phumeur joviale.
DIAB^TB CHEZ UN TABBTIQDB. 319
Ici encore nous avons à relever la double hérédité orlhrilique et nerveuse. Nous souliguerous en outre ce Tait qu'il s'agil d*un israéltle. La race juive enible plus prédisposée au diîibèteet aux névropalhies que les autres races. C'est Topiiiion de nombreux médecins, de MM. Charcol et Bouchard, elc... et celte opiuion contre laquelle s'est élevé récemment M. Germain Sée * semble parfaitement établie. Klle repose du reste sur ce fait d'observation clinique que les juifs sont particulièrement atteints de maladies arthritiques et névropalhiques.
K... a éprouvé les premières douleurs fulgurantes, il y a près de trente ans. Depuis lors, ces douleurs ont reparu sous forme de crises absolument classiques, dans les membres inférieurs et autour de la ceinture. Puis, huit ans plus tard, est survenue une incoordination motrice, avec des troubles urinaires bien spéciaux. Ce n*est que vingt ans après, en plein labes confirmé, que la présence du sucre a été no(ée dans les urines (40 grammes par litre) à propos d'un ulcère qui ne guérissait point. Du reste cette glycosurie n'était pas isolée ; elle s'accompagnait de tout le cortège classique du diabète : pollakiurie noclurne, polyurie, polydipsie, polyphagie. Sous rinduence d'un traitement approprié, les symptômes diabétiques s'amendent considérablement, sans modification parallèle des manifestations tabéliques.
En présence de ces divers symptômes, de leur mode (l'apparition, de leur caractère, de leur évolution, nous P^ûsons qu'il s'agit ici d'une association du tabès avec
()) BulUt. de VAcatiémU de méd., septembre 1H9I.