INFLUENCE DU DÉVELOPPEMENT INTELLECTUEL
baiser. KnCia clic parait honteuse et confuse de ce qu*elle vient de faire.
Sel de cuisine. — Dégoût.
Sulfate de quinine, — Elle fronce les sourcils, ferme les poings et se met dans la position de défense comme pour se battre.
Alcool.^ Elle joint les mains, lève les yeux au ciel et parait prier.
Les diverses excitations des deux autres sens, l'ouïe et 1a toucher, no nous ont donné aucun résultat appréciable.
Comme on le voit, chez cette malade, les expressions de physionomie et les gestes provociués par les diverses suggestions que donnent les sens, ne sont pas extrêmement variés. La joie, peut-être un peu d'érotisniLi, le dégoûl, la colèr*?, la prière sont les seulca manifestations que nous ayons provoquées avec les nombreux agents d'excitation employés. En revanche elles étaient très vives et paraissent correspondre à des hallucinations Lien nettes et fort intenses. H est bon do ilire à ce propos que cette lille est une simple. Enfant assistée élevée à la Salpêtrière, où elle entra dès son jouuo âge dans le service des enfants épileptiques, elle n'a pas grande culture et ses impressions ainsi que ses idées se bornent à un bien petit nombre. En présence do ces excitations, il est évident que le sujet réagit à sa manière, avec son propre fonds, dans la mesure de ses moyens. Il n'est donc pas étonnant qu'une fille simple, sans culture, ne présente qu'un nombre restreint de réactions simples. Nous verrons au contraire notre troisième sujet, lille plus cultivée, plus intelligente, noua donner des réactions beaucoup plus complexes et plus variées.
Nous n'avons pu ni à Tétat de veille, ni pendant la période somnanibuliffuo obtenir le récit des tiiblcaux ou des scènes quij pendant la catalepsie, avaient provoqué chez notre malade les sentiments dont ses gestes et ses jeux de physionomie étaient l'expression. Tout souvenir avait disparu.
SOHNAirBULtSUB HYPNOTIQUE.
Pendant la période somnambulique de l'hypnotisme les diverses excitations sensitives ou sensorielles n'ont jamais provoqué do sufçgostions quelconques, sans l'aido de la parole. Chez cette malade, comme chez la suivante et chez quelques autres que nous avons pu examiner dans la suite à ce point de vue, nous avons toujours observé que les sensations étaient perçues nettement et pour ce qu'elles étaient réellement, à moins d*un trouble morbide quelconque te! que la dyschromatopsie, Tanosmie, lagustie, l'anesthésio, etc. Le vorrc rou^e colorait en rouge les objets ambiants, le verre jaune en jaune, etc. L'ôlhcr, le chloroforme, le sulfure de carbone étaient perçus comme odeurs connues ou inconnues, mais bonnes ou mauvaises et c'était tout. II en est exactement de même pour les substances sapides, les excitations auditives, les sensations cutanées. Les réponses des malades étaient toujours formelles à ce point do vue et si quelquefois, nos expériences finies, nous avons demandé à Tune d'elles si elle no voyait pas quelque chose d'autre que des objets colorés en roufjTo, par exemple, elle nous regardait en souriant, paraissant se demander si nous n'avions pas un peu la berlue: « Qu'est-ce que vous voulez que je voie? Mo prenez- vous donc pour une folle? » Aussi no donneronsnous pas en détail la longue et fastidieuse liste de nos expériences à ce sujet, pour cette simple raison qu'elles ont toutes été négatives.
Notre troisième malade. la nommée Schey..., est une jeune Gîte de vingt-trois ans, cntréo en lS8r> dans le service de M. le P"" Charcot. Son histoire clinique est des plus chargées. Outre tous les stigmates qu'elle présente au degré le plus accentué, elle a eu pendant son séjour à l'hospice une multitude d'accidents hystOriquoa : chorée rhythmée, attaques do délire durant jusqu'à dix jours, paralysies, contractures, etc.
Le 16 mars 1890, nous l'hypnotisons par la pression sur les friobes oculaires. Pendant la pliaae létharj^'ique, aucune réaction aux excitations aonsitivo-scnBoriclles, comme chez nos
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deux autres malades, non plus quo dana la période somnambulique, ainsi quo noua lo disions plus haut.
Après l'avoir mise en catalepsie, nous plaçons un uerre rouge devant ses yeux. Immédiatement sa faceprend l'expression d'une grande frayeur. Ses bras se lèvent et ses youx regardant dana le lointain semblent contempler un spectacle terrible.
Verre bleu. — Kile lève les yeux au oiel, joint ses mains en Vair dana l'attituic de la prière, et finit par se mettre à genoux.
Verre jaune* — Elle fronce les sourcils, cligne les paupières et met SCS mains en abat-jour au-dessus de ses yeut, comme pour so protéger d'une lumière trop vive. (Ce même verre jaune, placé sur nos propres yeux, noua donne à nousmêmes l'illusion que les objets environnants sont éclairés par un vif soleil d'été).
Verre x^ert foncé, — Elle sourit et fait un geste de oonteotement. Llto porte sa main à quelque distance de son nez et flaire un fleur qu'elle tient entre ses doigts. Elle la passe ensuite à une boutonnière de son corsage. Elle se lève alors de la chaise sur laquelle elle est assise et regarde h terre autour d'elle. Fuis elle se baisse, arrache de la main droite une fleur à quelque diatance du soï^ sur un arbuste imaginaire et la pisse dans sa main gaucho. Elle recommence ensuite, cueille aussi un certain nombre de fleurs sur divers arbustes de différente hauteur et en compose un petit bouquet qu'elle met à son corsage. Elle recommencerait ensuite cette petite scène indénnimentsi on no l'arrêtait pas.
Verre vert très ciair^ semblable h un mauvais verre do vitre. — Elle semble regarder dana le lointain. Puis sourit et salue de la main. Tout h coup elle fuit quelques signes de tête et agite l'index comme on fait pour faire signe à queliiu'un de venir vers elle ou de s'arrêter; alors elle sourit de nouveau et envoie un baiser. Puis son regard semble suivre quelqu'un qui s'éloigne; enfin ses mains retombent sur ses genoux, elle baisse la tète, l'air profondément triste comme si co qu'elle suivait des yeux avait disparu pour ne plus revenir. Nous avons pu observer pendant toute cette scène dont les divers tableaux pc déroulent assez lentement, qu'il se produisait dans la pupille un certain nombre de modifioationa. mais nullement en rapport avec les mouvements d'accommodation nécessités par les diverses distances oi\ paraissaient se trouver les objets qu'elle semblait regarder. On peut voir là la prouve qu'il no s'agit quo de simples hallucinations ou mieux de phénomènea puroment psychiques.
SENS DK LOOOnAT,
HK
Cn ce qui concerne l'odorat, un morceau do camplire placi aoua SCS narines lui fait faire une lésera grimace. Pui^ ollo porte sa main à son front comme si elle avait mal fi la tète. Alors prenant le devant do sa robe ontro ses mains oHo la sent, elle se met à la secouer. On pourrait croire qu'elle tient à la main un vêtement qu'elle vient de retirer d'une armoiro où il a passé l'hiver saupoudré de camphre et qu'elle le secoue. Mais on comprend que Tintcrprétalion de mouvements aussi spéciaux soit assez difficile. Cela peut être interprété ainsi et noua ne donnons celte hypothèse que pour ce qu'elle vaut. Après la scène de la robe secouée, revient le mal de tète, puis ainsi de suite.
Le sulfure de carbone provoque un mouvement assez banal. Sa face exprime le dégoût; elle se bouche le nez entre le pouœ et l'index.
L'eau de Cologne amène sur le visage une expression do contentement. Puis elle se baisse pour cueillir une fleur, la porte à son nés et rocommcnoc exactement ce qu'elle avait fait avec le verro vert foncé. Mais au lieu de placer quelques Heurs à son corsage^ elle fait un véritable bouquet, qu'elle arrange des deux mains quand il est fini. Puis elle recommenoe à cueillir des Heurs et fait une couronne qu'elle place sur sa tète, et pique quelques lleurs dans ses cheveux. Puis elle tire un miroir imaginaire de sa poche, se regarde et a Pair enchanté. Elle pose la main sur son oœur avec une expression do profond ravissement.
Cklortiforme, — «on regard devient fixe, puis on voit peu h peu son pied droit se placer dans TattiCudo d'une contracture du muscle tibial antérieur.
Eiher. — Elle fait de grandes inspirations comme pour e inhalation. Puis elle se comprime avec les deux mains 'ovaire droit, ties yeux sont fixes et un peu hagards, sa face exprime une certaine souffrance.
11 est bon d'ajouter, a propos des résultats fournis par l'éther et le chloroforme, que dans le service on a l'habitude de donner de Péther pour calmer les grandes attaques d'hystérie, pour lesquelles on fait aussi usage de la compression de Povaire, tandis que les inhalations de chloroforme sont réservées géaéralement pour faire disparaître les contractures plus ou moins persistantes,
Alcool. — Elle fait le geste d'enlever une tache sur sa robe, qu'elle frotte entre ses deux mains, puis brosse. Elle parait désolée de voir que la tache persiste malgré ses efforts.
Les excitations gustativea donnent des résultats non moins intéressants. On humecte la langue avec quelques gouttes de