‹ Clinique des maladies du système nerveux v. 2, 1893Chapitre 91 sur 95 · NÉVROSES · texte numérisé non relu

NÉVROSES

Ghorée de Bydenham 74

Cborée chronique 2

Epilepsie 177

Epilepsie Jacksonnienne d^origine non déterminée. 16

Convulsions de l'enfance 5

Paralysie agitante 17

Goitre exophthalmique !^6

iuî„>«î«- S ordinaire 4

Migraine I ^p^^j^jq^^ 2

Neurasthénie ^U

Hystérie 2i4

Âstasie-abasie t

Céphalée des adolescents 2

Tremblement merouriel 4

Tremblement sénile* 3

Tremblement de nature indéterminée I

Crampe des écrivains et crampes professionnelles. t?

Spasmes fonctionnels, du cou, etc 5

Incontinence d'urine essentielle 1

Polyurie essentielle 2

DiVERS IJ5

Maladie do Raynaud t

Myxœdème *

Sclérodermie '-^

Scoliose des adolescents 1

BTATISTIQnH DB Ll POUCtlNIQUE.

Tarsalf^e des adolescente.

CUudication intermittento.

Ërythromélal^rie. . .

Verliire de Ménière. ......

Alcoolisme

Ithumatieme subaigu et ohronlqup. . .

AhSOCUTlONb MORIIIDES DIVBRj^BS- . . - t :

Aspocifttion de la chorée de SydenhAm et de rbystéric. AssocUtionde l'hystérie et de la maladiede Basedow. Association du tabès et de la maladie de baacdow. Association du tabès et du diabète sucré

djagnustlcs non dëtehminê:» et duutelx.

Cas ke se rapportant pas a la nbdro-

PATHOLOr.IB

\'oA

Un point peut èlre relevé tout d'abord el dans cette

statistique. C'est le petit nombre de cas ne se rapportent pus ù la neuropalholoçie : 153 pour 1,913. En d autres termes, d'une façon à peu près exacte^ sur 100 malades venant consulter à la policlinique neuro* pathologique) il n'y en que S ne présentant pas de maladie nerveuse vraie. Et parmi ceux-ci un grand nombre se plaignent do phénomènes touchant do très près aux affections nerveuses, et nécessitant un diagnostic précis. Ainsi dans les 153 sujets en question se trouvent de nombreux cas de vertiges dus à l'anémie, à des affections cardiaques, à l'athérome artériel. Leur présence à la policlinique ncuropathologique est donc pleinement justifiée, du moins en ce qui les concerne eux-mêmes. Il semble en effet que les malades fassent spontanément la sélection entre eux, car elle n'est nullement faite d'avance et on examine indistinctement tous les malades qui se présentent à la consultation.

Le nombre des cas ne se rapportant pas à la neuropathologie serait, il est vrai, singulièrement augmentai si on y com;>reiiait les 1 tÔ cas de rhumatisme subaigu et chronique notés dans le tableau ci-dessus. Mai» les malades de ce genre forment depuis longtemps une sorte de clientèle spéciale do la Salpt'^trière. Ils y viennent

HY8TÉRIK ET NBURASTHÂNIB.

de propos délibéré et bon nombre d'entre eux, les chroniques, en particulier, fréquentent assidûment le service électrothérapique de l'hospice, où ils trouvent un certain soulagement à leurs maux.

Le chiffre très élevé des névroses (806) est dû au nombre considérable des épileptiques (177), des neurasthéniques (214) et des hystériques (24 i). A propos de ces derniers, on voit par leur nombre combien do manifestations variées de rhystérie il est possible de rencontrer dans un aussi vaste chanip d*observation. Si l'on s'étonne dans certains milieux, tant en France qu'à l'étranger, des résultats obtenus à la Salpêtrière et si Ton cherche même àen contester l'exactitude, cela tient sans doute à ce que bien des phénomènes, qui nous paraissent ici pas très rares en raison du grand nombre de nos malades, passent pour des fables ou du moins semblent très exceptionnels ailleurs. C'est un joli chiffre en effet que celui de 325 nouveaux malades liystériques examinés par an, à la policlinique seulement (car telle est la moyenne annuelle fournie parles résultats portant sur neuf mois) en omettant encore tous ceux qui, dans la statistique, font double emploi (liystérie etchoréo, hystérie et goitro exophthalmique, névralgie faciale hystérique, tremblement mercuriel, etc.), et ceux qui se trouvent dans les salles de Thospice. M. le P' Charcot insiste souvent sur ces considérations dans ses leçons cliniques (11 et je suis heureux de pouvoir apporter ici quelques chiffres en rapport avec ses conclusions.

Knce qui concerne les maladies du cerveau, nous signalei'ons laproportion relativementgrande des tumeurs cérébrales de nature tuberculeuse. En effet sur nos 10 cas, il y en a 3 qui sont très vraisemblablement des tubercules cérébraux. Cette prédominance des produits bacillaires parmi les tumeurs cérébrales a été sig-nalée

(1) Vtïir en parliculiei* rtiir ce sitjel : Tome I de cet nuvrajfe, p. '■^Sfi ot «uivîUiles.

438 HORPHIXOM\NBB, TAB^TIQnBâf AUY0TB0PHIQT7E&.

par plusieurs auteurs et M. Charcot y fait allusion dans la leçon publiée au début de ce volume (n" XXIV).

Parmi les trois cas de morphinomanie qui se trouvent dans le tableau ci-dessus, il y en deux qui présentent quelque intérêt à un point de vue particulier. En effet ils'af^issuit dans ce cas iVun ménHtje de niorp/iinorruines. Le premier, le mari s'était adonné à la morphine. Puis peu à peu il avait poussé sa femme à faire usaj^e de ce médicament et celle-ci à son tour était devenue morphinomane. Après les avoir adnus tous deux h rhôpital, nous les avons séparés Tun de Vautre, plaçant le mari dans le service des hommes, la femme dans le service des femmes, ot avons tonte de les démorphiniser. Mais ils ne tardèrent pas à communiquer malgré nous, tout d'abord ensemble, puis avec dos personnes du <lehors et nous tûmes obligé de leur lais* sor quitter l'hospice non guéris.

Sur nos 81 cas de tabcs il est intéressant de signaler que nous n'avons vu qu'une seule fois les réflexes rotuliens conservés. Parmi ceux de sclérose latérale amyotrophique, il en existait un fort intéressant, mais d'une interprétation assez difticile. Il s'agissait d'un malade qui présentait tous les signes classiquos de la maladie de Charcot et de plus avait des troubles oculaires tabétiques.

Les diverses classes d'amyotrophies sont largement représentées dans notre statistique. Le diagnostic est loin d'en Hre toujours facile et on a vu que nous avon» été obligé d'en laisser un certain nombre JO), sans indication positive, sous la rubrique d'amyotrophies d'origino indéterminée. Signalons en passant !o nombre relativement grand dos cas d'amyotrophies d'origine articulaire ot abarticulaire (Charcot), dont la connaissance a fait de grands progrès dans ces dernièroA années.

Parmi les 18 cas de névralgie faciale, il y en a deux qui relèvent manifestement de Thyàtérie et appartiens

STATISTIQUE ANNUBLLE.

nent à cette catégorie de cas étudiés récemment par M. Gilles de la Tourette (1) et M. Artières (2).

Nous avons cru devoir placer sous des rubriques spéciales quelques cas d'associations morbides bien caractérisés. Nous avons ainsi trouvé sept fois l'association manifeste de la chorée de Sydenham avec l'hystérie, sans comprendre las cas signalés par M. P. Marie, dans lesquels on trouve seulement de l'ovarie chez les choréiques; quatre fois Tassociation de l'hystérie et de la Lmaladie do Basedow; une fois celle de cette dernière kvec le tabès; enfin une fois la combinaison du tabès ivec le diabète sucré. Ce dernier cas est à ajouter à ceux [du mùme n:enre que nous avons publiés dans ce volume [î(Voir plus haut, n*" XXXIl).

Si nous revenons maintenant sur les chiffres généraux ^résultant du tableau ci-dessus^ noua trouvons dans une ►ériodo de neuf mois (février à novembre 1891), pour 37 jours de policlinique, un total de 3.168 consultations données à la policlinique de M. Charcot, Sur ce total, [on compte 1.255 consultations données à des malades encours de traitement et 1.91.'^ malades nouveaux vus pour la première fois, ce qui fait en moyenne par jour [de consultation 86 malades, dont 52 nouveaux.

En mulliijliant ces derniers chiffres par 52 (nombi^e de semaines de l'année), nous aurons pour un an un nombre total de malades passés à la policlinique, se montant à 4.472, sur lesquels 2.70^ nouveaux. Ces chiffres montrent I importance considérable qu'a acquise aujourd'hui le service de policlinique dans la clinique neuropathologique de M. le P' Charcot à la Salpêtrière.

(1) Gilles de la Tourette. — \otes ffur quelques paroxysmes hystériques peu r.onnun; attaquera forme de névralgie faciale ,elc.,.. {Prog. méd., 1891. NoSI).

(2) Artières. — Dt^^i névralgies hystériques^ enparliculier de la. névralgie faciale (Th. Paris, 1891).

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