Les phénomènes observés hier se sont accentués
Poids, 2034.
™ ( Rect. 32,2.
TemP ( Ax. 32,3.
Pouls, 96.
La mort a lieu le 2 mars.
L’autopsie est faite le 4 à 11 heures.
Poids, 2013.
A la périphérie du ventricule latéral de l’hémisphère gauche, on trouve un petit noyau de stéatose cérébrale, très-opaque, presque crétacé. En outre, de gros corps granuleux sont disséminés dans toute la substance blanche.
Le larynx est rouge. La partie supérieure du lobe moyen du poumon droit et la région déclive du lobe inférieur gauche sont le siège d'une atélectasie très-prononcée. Les bronches contiennent une grande quantité de pus jaunâtre. La muqueuse gastrique est saine. Les reins et le foie sont congestionnés, mais ne contiennent pas de graisse.
la) Virchow, Encepha'ilis ' and iwjelilis ( Vircliow's Archiv. 1867, vol. XXXVH, p. 129, et Arcli. çjén. île mért. 1868).
(b) Loc. cit., p. 77.
LÉSIONS DE L’ENCÉPITALE.
rapporté la description de M. Virchow, il lui vient des doutes sur la qualification proposée par le pathologiste allemand. Ne l’admettant rpie pour un certain nombre de cas, il se demande « s’il n’existe pas dans la structure normale du cerveau des nouveau-nés, et dans son mode de nutrition, des conditions qui favorisent leur développement. »
La manière de voir de M. Virchow ne me semble pas juste. Interprétant les lésions tout autrement que lui, je rejette l'idée d’activité, pour admettre un processus primitivement et essentiellement passif. Nulle part je ne trouve les signes d’un travail inflammatoire. En effet, l’abondance des éléments figurés que l’on rencontre dans le cerveau des nouveau-nés ne peut être considérée comme due à l’inflammation, attendu qu’il s’agit là d’un état physiologique. C’est dans la substance périphérique des circonvolutions qu’ils sont le plus abondants; or, comme je vous l’ai dit, — et je ne saurais trop insister sur ce fait capital, — il est tout à fait exceptionnel d’observer dans cette région, même l’ébauche d’un corps granuleux ; tandis que les amas graisseux vont se multipliant, à mesure que l’on s’approche de la périphérie ventriculaire, où les éléments figurés de la névroglie sont à leur minimum. Bien plus, un examen attentif fait voir que là où l’on trouve des cellules infiltrées de graisse et des corps granuleux, les noyaux du réticulum, loin d’avoir proliféré, ont diminué de nombre ; qu’ils sont rares au voisinage des taches opaques ; et qu’à leur niveau, ils ont complètement disparu. L’infiltration graisseuse atteint donc les cellules préexistantes de la névroglie, et non des corps nouveaux dus à un travail d’hypergencse irritative.
11 est quelques causes d’erreur que je dois vous signaler, et qui, si l’on n’y prcnaitgarde, pourraient foire croire à l’existence d’un processus inflammatoire. La stéatose étant sur-
ANATOMIE PATHOLOGIQUE, loul accentuée au voisinage des ventricules, — si, pour l’étude, ■ l'on détache un fragment de matière nerveuse immédiatement au-dessous de l’épendyme, on pourra prendre pour des produits pathologiques les éléments nucléaires qui normalement sont accumulés là en très-grand nombre. Ailleurs, c’est une gaine lymphatique, qui, brisée, laissera échapper lescorpsque M. Robin compare aux corpuscules delalymphe; et qu’il faut bien se garder de confondre avec les cellules embryonnaires dues à T inflammation. L’aspect assez caractéristique de ces corps, leur accumulation au voisinage d’un vaisseau, dont la gaine en contiendra d’autres, empêcheront toute erreur.
De ce qui précède, il résulte que l’entassement de la graisse i dans les taches opaques reconnaît pour cause, non la multiplication des éléments normaux, mais leur état obèse, si l’on peut ainsi dire; car les corps granuleux, en lesquels ils j se transforment, acquièrent d’énormes proportions, prenant la place des tissus voisins, dont on ne trouve plus aucune j trace. S’il s’agissait d’un processus inflammatoire, on verrait, sinon au centre des taches opaques, du moins à leur périphérie, et partout où la présence de la graisse marque un travail pathologique, des amas de noyaux et de jeunes éléments; or nous n’avons rien constaté de semblable.
Enfin, les lésions vasculaires, si fréquentes dans l’inflammation, sont ici relativement rares, et elles consistent, non en une prolifération nucléaire, mais en l’accumulation de particules graisseuses dans les gaines lymphatiques.
Sans m’arrêter plus longtemps à combattre l’opinion de M. Virchow, je dis que, pour moi, il s’agit simplement d’ure infiltration graisseuse primitive des éléments de la névroglie. Si je ne remonte pas au delà de ce fait, c’est que je ne trouve aucune preuve d’un travail morbide antérieur. — De
LÉSIONS DE L’ENCÉPHALE, plus, îv ayant pas constaté jusqu’ici d’altération appréciable des éléments nerveux proprement dits, et le réticulum paraissant seul en cause, je crois pouvoir qualifier la lésion de Stéatose interstitielle diffuse.
Comment se produit-elle et quels sont ses rapports avec l’Athrepsie?
Dans les premiers jours de la vie, l’encéphale est encore très-imparfait et se développe activement. Plus que tous les autres viscères, il exige une irrigation active, qui lui apporte en abondance des éléments tout à la fois réparateurs et formateurs. On comprend donc aisément qu’il soit le premier à ressentir les fâcheux effets des troubles circulatoires et nu tritifs de l’Athrepsie.
D’abord, on voit s’altérer le réticulum ; des particules graisseuses y apparaissent, affectant une véritable prédilection pour le voisinage de certains noyaux, autour desquels elles se groupent de manière à former des corps granuleux. Puis, ceux-ci forment des masses compactes, étouffant ainsi les autres éléments de la trame nerveuse.
Sur l’arachnoïde, on trouve des lésions de la même espèce que les précédentes. Elles consistent en des taches de peu d’étendue, d’ordinaire blanches et plus opaques au centre qu a la périphérie, rarement jaunâtres, irrégulièrement arrondies ou ovalaires. Il y en a sur les différentes régions des hémisphères, mais surtout au voisinage de la grande scissure. Elles n’existent que sur les confluents anfractueux.
Fréquemment, il s’en trouve sur les lobes cérébelleux, à droite et à gauche de Ja ligne médiane, au niveau du sillon horizontal de Yicq-d’Azyr. Dans ce cas, elles s’étendent suivant la direction du sillon, et j’en ai vu qui avaient plus d’un centimètre de long.
Stéatose des méninges.
Dans les points où l’on sépare aisément de la pie-mère l’arachnoïde, on constate que l’opacité siège dans l’épaisseur de cette dernière.
Examinée à un faible grossissement, chaque tache apparaît comme une constellation ovalaire ou arrondie de petits amas opaques, très-finement granuleux ; beaucoup plus petits, plus transparents, plus éloignés les uns des autres, à la périphérie qu’au centre, où ils sont plus gros, plus noirs et plus nettement sphériques. La partie la plus obscure, qui ne se trouve pas nécessairement au centre de la plaque, a ; elle-même une forme circulaire. A l’aide d’un objectif plus j puissant, on constate que les taches sont dues à des amas de granulations graisseuses, dont la forme et la disposition deviennent très-faciles à apprécier après l’action de l’acide ] acétique. Là où il y a le plus d’opacité, ce sont des J masses sphéroïdalcs, volumineuses pour la plupart, irrégulières, très-rapprochées les unes des autres et même 1 superposées. Quelques-unes, dont le contour est très-net, ; ont l’apparence de véritables corps granuleux. En allant vers I la périphérie, on les voit diminuer notablement de volume, | devenir irrégulières, plus transparentes et laisser entre elles 1 des espaces de plus en plus considérables. Elles tendent à prendre une forme allongée, étoilée ou fusiforme, et alors | affectent dans leurs rapports une disposition parallèle. Tout à fait à la circonférence, on ne voit plus que quelques granu- f lations, groupées autour de noyaux elliptiques.
En comprimant les masses granuleuses ou en les dilacérant, on n’y peut voir aucun indice de noyau ; il n’en existe! pas non plus dans toute la région foncée. On en trouve seulement à la périphérie de la plaque ; et toujours ils y sont moins abondants que sur les parties saines.
Los plaques jaunâtres ne diffèrent des précédentes que par
ESTONS DK L'ENCÉPHALE.
la présence, an milieu des groupes grannlo-graisseux, de la matière colorante du sang, tantôt à l’état amorphe, tantôt sous forme de cristaux rhomboédriques.
Des fragments de l’arachnoïde détachés au niveau des confluents anfractueux, là où l’œil ne découvre aucune tache, présentent parfois une infiltration graisseuse de quelques éléments cellulaires. C’est le début de la lésion que je viens de décrire.
Les plaques jaunes sont en général plus épaisses que les autres; et la pie-mère participe à l’altération, surtout par ses vaisseaux. Chez quelques malades, les plexus choroïdes sont lésés comme l’arachnoïde.
Cette altération méningée présente la plus grande analogie avec celle de la substance nerveuse; les taches opaques étant dues à l’infiltration graisseuse des cellules conjonctives de la séreuse encéphalique.