CONSIDÉRATIONS PRÉLIMINAIRES SUR LE NOUVEAU-NÉ
ANATOMIE
Messieurs,
Dans l’enfance, les états morbides diffèrent notablement, Nécessité de dc-
. , . . . ,,, . . crire à part les
suivant 1 âge des suiets. Aussi, pour tracer 1 histoire pa- maladies des
G ° m 1 . nouveau-nés.
thologique de cette première partie de la vie, à un point de vue pratique, est-il indispensable de la diviser en un certain nombre d’époques, afin de n’attribuer à chacune d’elles que les maladies qui lui sont propres.
Parmi ces périodes secondaires, je n’en prendrai qu’une, celle qui suit immédiatement la naissance; et dans les leçons que je commence aujourd’hui devant vous, je vous
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parlerai seulement des nouveau-nés, auxquels sert d’asile la maison où nous sommes.
Dans révolution de l’individu , ce temps ne tient qu’une bien petite place, et les affections que l’on y observe sont en réalité peu nombreuses; mais presque toutes elles n’appartiennent qu’à lui, et à ce point de vue il n’est aucun autre moment de la vie qui mérite autant d’être étudié d’une manière isolée.
On comprendrait mal la pathologie des nouveau-nés si on l’abordait sans s’être préalablement renseigné sur ce qu’ils sont à l’état de santé ; car chez eux, plus manifestement encore qu’aux autres âges, le mal a sa source dans une condition physiologique.
Convaincu de cette vérité, j’ai cru devoir commencer par vous faire connaître les particularités anatomiques et physiologiques qui caractérisent ces enfants et leur assignent une place si particulière parmi tous les autres (1).
(1) Burdach (a) dit que la première des deux époques que comprend la vie non à maturité porte le nom d 'enfance ; qu’elle embrasse les sept premières années, et que la première enfance est limitée aux neuf premiers mois. Cette division trèsincomplète ne mentionne môme pas la période que nous étudions.
Les auteurs qui ont écrit le plus récemment sur la pédiatrique n’ont pas su éviter l’écueil que je signale, t Les Anglais, dit NI. Archambault (b), désignent par le mot infancy la
période de l’enfance, qui s’étend du moment de la naissance jusqu’à la fin de la deuxième année environ, et par celui de childliood la période qui, de la deuxième année, va jusqu’à la puberté. A défaut d’un terme spécial, j’ai traduit le mot infancy par l’expression première enfance, et childliood par celle de deuxième enfance... C’est surtout en clinique qu’il importe de conserver cette distinction, attendu que plus l’enfant est près du moment de sa naissance, plus les affections dont il est
(a) Burdach, Traité de physiologie, traduct. française, t. IV, p. 312. Paris, 1839.
(b) Charles West, Leçons sur les maladies des enfants. Traduction française. Paris, 1875; note, p. 1.