‹ Clinique des plaies d'armes a feuChapitre 3 sur 65 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Pendant que le gouvernement faisait les apprêts de la conquête , de mon côté je compulsais tous les traités des plaies d'armes à feu; j'en faisais un résumé qui pût me servir de guide et m'éclairer dans la position neuve et difficile où j'allais bientôt me trouver sur le champ de bataille.

Je débarquai à Sidi-Ferruch avec une provision de science et de théorie que je croyais complète et inépuisable.

Et d'abord , imbu des doctrines qui dirigent encore aujourd'hui le plus grand nombre de nos chirurgiens , je n'hésitai pas à débrider les plaies faites par le plomb; j'agissais ainsi par conscience , mais non sans pitié pour les malheureux que je torturais cruellement. J'avoue que les cris de la souffrance avaient fini par ébranler vivement mon âme et même mes convictions, quand un voltigeur , qui venait d'avoir les deux cuisses traversées par une balle dans leur tiers supérieur et sans fracture , me fut apporté.

Il fallait , pour opérer convenablement le débridement, inciser largement et à une profon-

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