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deur de plusieurs pouces , les quatre plaies déterminées par le plomb , et le courage me manqua. Les blessures furent pansées simplement; un bandage roulé et contentif, constamment arrosé d'eau froide , fut appliqué sur le membre dans toute son étendue ; quelques saignées générales furent pratiquées de bonne beure , pour ne pas laisser trop d'éléments à la fièvre traumatique ; et tandis que , redoutant d'avoir été téméraire, je m'attendais à voir survenir l'étranglement avec tous les symptômes alarmants qui l'accompagnent , la guérison s'opérait avec calme et rapidité.
Dès ce moment ma conversion fut opérée, et j'ai démontré depuis , par des milliers de faits observés de bonne foi, que le débridement préventif des plaies d'armes à feu est toujours nuisible.
J'ai fait voir que les balles n'agissent pas sur nos parties comme un emporte-pièce , mais à la manière d'un coin, par dépression et refoulement avec déchirure , éclats et attrition profonde ; et après avoir fait connaître leur action sur les par-
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ties molles , j'ai dit comment elles se comportent à l'égard du tissu osseux , selon sa configuration et sa densité. J'ai bien établi qu'il y a nécessité de retirer immédiatement toutes les esquilles mobiles, nonobstant leurs adhérences, et j'ai formulé nettement les indications des blessures des trois cavités splanclmiques.
En travaillant de toute ma puissance à modifier les procédés opératoires relatifs aux amputations , j'ai cédé à une conviction profonde , et non au désir d'innover. J'ai presque toujours donné la préférence à la méthode mixte que j'ai créée ; et^ en effet , en empruntant à chaque mode opératoire ce qu'il a de bon , et en rejetant ce qu'il a de défectueux, il fallait bien que j'arrivasse à une méthode plus parfaite qu'aucune de celles qui avaient servi à la former.
A l'occasion des plaies de l'oesophage, je décris dans ce livre l'instrument que j'ai imaginé pour retirer les corps étrangers arrêtés dans ce conduit et à l'aide duquel on pourra presque toujours éviter l'œsophagotomie.
En parlant des fractures de jambe , je fais éga-
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lement connaître mon nouvel appareil à fracture. L'extraction d'une balle qui était restée dans la vessie m'a fourni l'occasion de décrire mon procédé opératoire pour la taille sus-pubienne. Enfin, je termine par une courte description du moyen simple et facile que j'ai inventé pour la guérison des ongles incarnés.
J'ai appelé cet ouvrage Clinique des plaies d'armes à feu, parce qu'en effet j'ai voulu m'appuyer sur des faits et non sur des théories fragiles, dont l'édifice s'écroule si souvent quand elles sont mises en pratique.
Ce titre ne m'impose d'ailleurs pas la dure condition de compiler ces redites froides et fastidieuses qu'on retrouve dans un traité complet , et dont je n'ai usé qu'avec sobriété, uniquement pour donner la clef de certains faits, pour établir entre eux une corrélation nécessaire , ou bien pour corriger certains préceptes quand ils nous ont paru erronés.
Plus heureux que la plupart des chirurgiens d'armée qui m'ont devancé clans la carrière, j'ai