‹ Clinique et thérapeutique infantiles (volume 2)Chapitre 39 sur 63 · PURGATIFS · texte numérisé non relu

PURGATIFS

cherche à provoquer une ou plusieurs selles, ou à combattre la constipation.

Dans ce cas, il s’adresse aux laxatifs.

Lorsqu’on cherche une action plus énergique, on s’adresse aux purgatifs cathartiques ou drastiques ; or, les cathartiques seuls sont usités en thérapeutique infantile.

Quels sont donc les laxatifs et les purgatifs employés le plus fréquemment? Gomment et à quelle dose les administre-t-on?

1° Laxatifs.— Les principaux sont : la manne, qui se donne à la dose de 15 à 30 grammes, la mannite, dont la dose quotidienne sera de 0^',03 à 0s%15. On en fait des pastilles et des solutions titrées à Oï^Ol par pastille ou cuillerée à café.

L’huile d’amandes douces, la magnésie, la podophylline, le jus de pruneaux cuits avec deux ou trois grammes de follicules de séné, le le sirop de fleurs de pêchers, seul ou associé à l’huile d’amandes douces, sont des laxatifs fréquemment employés chez les enfants. Nous employons rarement le sirop de chicorée qui ne doit son action qu’à la teinture de rhubarbe qu’il contient. On les administre avant les repas, dans un intervalle variant d’une demi-heure à quelques instants avant les tétées. On les répète plusieurs fois par jour, ■et plusieurs fois de suite, suivant l’effet obtenu et désiré.

D’une façon générale, les laxatifs sont simplement destinés à combattre la constipation et il ne faut pas en abuser, car, outre qu’ils occasionnent une véritable paresse de l’intestin, leur usage prolongé n’est pas sans inconvénients sur les fonctions de l’estomac.

20 Purgatifs. — Nous signalerons d’abord les deux purgatifs principaux; l’huile de ricin et le calomel.

PUBGATIFS

Uhuîle de ricin employée à petites doses, 1 à 2 grammes par jour, peut agir comme laxatif, mais, même à cette dose, elle peut provoquer une véritable purgation. Malheureusement, son goût désagréable en rend l’administration parfois très difficile chez l’enfant. On arrive cependant à en corriger le goût par les émulsions; pour cela, nous nous servons ordinairement de la formule suivante :

^ Huile de ricin. 6 grammes.

Sirop de gomme. 8 —

Eau de fleurs d’oranger.. 2 —

On peut encore donner l’huile de ricin en l’associant au sirop de sucre et à l’hydrolatde menthe (Léger).

La saccharure de caséine est également très utile dans ce cas. Quant aux doses, elles varient avec l’âge et les auteurs; (1 à 10 grammes). Pour notre part, nous ne donnons que 1 à 4 grammes d’huile de ricin suivant les âges et nous en prolongeons l’administration pendant deux, trois ou quatre jours (Blachb).

Calomel. — Suivant son mode d’administration, il est purgatif, altérant, ou antihelmintique. Nous ne nous occuperons que de son action purgative. Dans ce but, on l’ordonne à la dose de Os^OS à 08^,30 et même à Oe^SO, suivant l’âge; ces doses sont administrées à jeun, en deux fois, à une demi-heure d’intervalle, dans un peu d’eau sucrée. On peut encore le donner à doses fractionnées de O^^Ol d’heure en heure, jusqu’à effet laxatif. J. Simon insiste sur la nécessité de proscrire, pendant la prise du calomel, l’usage du sel et de tout acide.

Le calomel est un excellent médicament, et par sa puissance antiseptique il est supérieur à l’huile de ricin et à la magnésie anglaise.

Magnésie calcinée ou magnésie anglaise. — G. de Gassicourt, J. Simon l’emploient volontiers. C’est un bon

PUEGATIFS

purgatif et peut être donné aux enfants les plus jeunes. Les doses varient avec l’âge, de 1 à 3 grammes. Quelques auteurs l’associent au bicarbonate de soude : 0s'’,20 à 1 gramme. On l’administre dans de l’eau sucrée, à jeun.

Enfin, on emploie encore chez les enfants le citrate de magnésie (limonade purgative) d’un goût plus agréable, mais qui provoque parfois des vomissements, à cause de la quantité de liquide dans laquelle il est administré, le sel de seignette, le sulfate de soude, les follicules [de séné (2 à 4 grammes en infusion) la poudre de rhubarbe (5 à 10 centigrammes).

Tels sont les principaux médicaments purgatifs employés chez les enfants; quant à leurs indications, elles sont nombreuses .et fréquentes; nous n’avons pas à y insister ici, car elles sont signalées dans différents articles de ce livre.

Rachis (Déviations). — Parmi les déviations du rachis, nous étudierons seulement celles qui se produisent dans l’enfance et qui se poursuivent dans l’adolescence. Il nous a paru utile de consacrer un article à ces déviations dans un livre de thérapeutique infantile.

En effet, la plupart de ces déviations commencent dans le jeune âge, et si quelques-unes sont au-dessus de tout traitement, il y en a beaucoup qui sont guérissables et qui peuvent être évitées par un traitement curatif et préventif approprié.

Nous aurons à étudier le traitement des déviations antéro-postérieures : cyphose et lordose, et celui des déviations latérales : scoliose.

Cyphose. — Elle apparaît surtout à la puberté ; avec Redard, nous pensons que les causes principales de cette déviation sont : les positions défectueuses dans le travail assis, la faiblesse musculaire au moment de la croissance, surtout si celle-ci est rapide, la myopie, etc. M. le professeur Verneuil pense que l’arthritisme et le rhumatisme doivent souvent être incriminés.

Traitement. — Fortifier les muscles par une bonne hygiène, les toniques, le massage et l’hydrothérapie, ou les douches sulfureuses.

BAOHIS

Penser aux malformations rachidiennes dorso-cervicales dues à l’obstruction nasale (Rbdard) et y remédier. L’électricité, une gymnastique rationnelle, certains appareils seront employés, soit pour combattre les déformations, soit pour les prévenir. Lprsque celles-ci sont dues à des lésions osseuses (mal dePott), s’adresser à l’immobilisation et puis aux moyens devant amener le redressement des points déformés.

Lordose. — Son siège le plus fréquent existe à ta région dorso-lombaire; elle est assez rare dans la première et deuxième enfance, bien plus fréquente au moment de la puberté.

Parmi les causes, il faut connaître les suivantes : les myopathies, les affections ostéopathiques et articulaires, amenant des courbures de compensation.

Le traitement variera avec le cas et l’étiologie : gymnastique suédoise, gymnastique de l’opposant (Bouvier), corsets prothétiques, flexions forcées et exercices de flexion. L’électricité, les massages, l’hydrothérapie viendront compléter le traitement en augmentant la force musculaire.

Scoliose. — C’est la plus importante des déformations et la plus fréquente. Dans le diagnostic de cette déviation, il ne faut pas se contenter du diagnostic banal; il faut surtout, à notre avis, chercher la cause de la scoliose. Or, c’est en y remédiant dès le début qu’on fera une bonne thérapeutique. Dans ce but, nous allons passer en revue les principales causes de la scoliose.

On doit considérer une scoliose de l'adolescence, dans laquelle interviennent plusieurs facteurs prédisposants tels que : débilité, anémie, faiblesse musculaire, croissance exagérée, le sexe (filles), vêtements défectueux (corsets). Quant aux causes efficientes, les voici ; mauvaise attitude dans la station assise (écoliers) pendant

l’écriture, le dessin, le piano. Ajoutons encore la nayopie certaines professions et les pieds plats (Redard).

Ces déviations, qui ne sont au début que passagères, deviennent permanentes peu à peu, avec le développement incessant à cet âge. On voit, d’apres cette énumération l’importance au point de vue thérapeutique qu il y a d’interroger l’état général et les habitudes de vivre

de l’enfant. ^ f t

En dehors de cette scoliose des adolescents il tant en ajouter d’autres ; par exemple, la scoliose relevant d’une obstruction nasale, la scoliose rachitique (scoliose des enfants débiles portés toujours sur le meme bras) la scoliose statique, avec des compensations dues par exemple à l’allongement ou au raccourcissement dun des membres inférieurs, la scoliose nerveuse qui peut être de cause statique, musculaire et osseuse, et enfin la scoliose cicatricielle des pleurésies.

Th.aitement. - Occupons-nous surtout de la scoliose des adolescents : les résultats seront d’autant plus efficaces qu’on aura commencé de bonne heure. On cherchera à soustraire le rachis à l’action de la pesanteur et au poids du corps, à corriger la déformation et a maintenir la correction.

Enfin, on fortifiera l’organisme et on surveillera la croissance. . + •

Redard résume hinsi les différents temps du traitement. ^

l» Traitement préventif ■ — Éviter les positions assises défectueuses, augmenter la durée des récréations et-des mouvements physiques.

Corriger la myopie. Surveiller les modes de station assise (chaises, bancs, tables). Proscrire l’écriture anglaise et conseiller l’écriture droite ou bâtarde commune (J aval). , , i. t

Proscrire l’inclinaison de la tête. Coucher les enfants

rachitisme:

dans des lits durs et résistants. Hygiène appropriée. Hydrothérapie, douches sulfureuses et 'massages sous la douche.

2° Moyens mécaniques. — C’est toute l’histoire des appareils prothétiques (lits, corsets, etc.).

3“ Exercices de redressement mécanique. — Manipulations, redressements actifs et passifs.

4° Exercices de gymnastique, massage, électricité.

5» Traitement général (tonique alimentation reconstituante).

Rachitisme. — On considère aujoud’hui que le rachitisme est l’aboutissant d’un défaut d’assimilation dont la cause efficiente se trouve être dans une mauvaise hygiène générale et surtout dans une mauvaise alimentation (allaitement artificiel, mixte, servage prématuré, alimentation solide précoce, etc.).

L’étiologie de cette affection a donné lieu à des discussions très nombreuses. (J. Championnière, Desprès, Hortelodp, Magitot.)

On sait aujourd’hui que la syphilis n’est pas la cause unique du rachitisme, comme le voulait Parrot. Le rôle de la'syphilis n’est autre que celui des autres maladies aiguës et chroniques; et celles-ci agissent d’une façon nocive sur l’apparition et l’évolution du mal en amenant ou en exagérant les troubles de la nutrition.

Le rachitisme est fréquent entre six, douze et dix-huit mois, et sévit particulièrement dans les classes pauvres.

19 Traitement. — Propliyla.rie. — On doit avant tout chercher à obvier au rachitisme; or, la tâche est difficile dans bien des cas. En effet, la misère est une des causes les plus fréquentes.

L’industrie nourricière, l’allaitement artificiel, les nécessités sociales sont des causes qu’il est parfois impossible d’éviter (Comhy).

rachitisme

Mais il va des mesures prophylactiques des plus utiles et Ïe le médecin doit chercher à faire observer par tous les moyens. Voici quelques précautions importantes signalées par Comby. . f

Diriger et régler de bonne heure 1 ahmentation(dllai-

tement naturel, mixte ou artificiel). ■

Eviter l’alimentation prématurée et proscrire le sevrage brusque avant l’apparition des dents.

S’assurer cependant que l’enfant se noumt suffisamment par les pesées périodiques, par 1 allaitemen mixte, et Ifintroduction progressive d aliments utdes et bien supportés. Les bouillies, panades, etc., nmter-

viendront que le plus tard possible.

Les dangers sont encore plus grands dans 1 allaitement artificiel; aussi, il faut redoubler les précautions. On surveillera le sevrage, et on se contentera longtemps du lait, œufs, laitages, etc. ^

Tous ces moyens seront complétés par 1 application d’une bonne hygiène générale.

2“ Traitement proprement dit. — L enfant est rachi tique ou va le devenir. Il ne faut pas perdre de temps Mesures hygiéniques. - Séjour au grand air, bords de la mer. Les essais de sanatorium ont prouve es beaux résultats qu’on peut en espérer. Les bams sales (artificiels ou naturels, Sahes-de-Bearn, etc.), le séjour dans une station thermale, font enregistrer des cures

^Il^faut savoir que l’hygiène seule peut amener la guérison des petits rachitiques; pour cela, on completeia le traitement par les moyens climatenques, lorsqu ils seront possibles, et par une bonne hygiene ahmen-

'^^Gomme Comby, nous conseillons de diminuer le nombre des repas, de rechercher des aliments nourrissants et digestifs : lait, œufs, pâtes, legumes farineux,

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