C. Angines des pyrexies
E. Angine rhumatismale. — Elle accompagne ou précède certaines attaques de rhumatisme articulaire aigü. Elle est quelquefois la seule manifestation rhumatismale. Les caractères principaux sont ; une évolution rapide, lésions inflammatoires peu marquées, et une douleur très grande. En dehors du traitement habituel : émollients, lavages avec solutions chaudes; cette angine est justiciable du sulfate de quinine.
L’acide salicylique et surtout le salicylate de soude font merveille dans ces cas. Les doses varieront avec 1 âge de OsqSO à 2 grammes. Contre la douleur, qui est toujours très marquée, nous nous sommes toujours bien trouvés des badigeonnages à la cocaïne et des garga-
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rismes avec la décoction de tête de pavot quand on traite des enfants qui ne sont plus en bas âge.
Nous conseillons surtout les lavages à l’eau de Vichy, car il faut ici redouter les astringents.
F. ^ngine érysipélateuse. — Cette angine peut précéder l’érysipèle cutané, mais souvent elle en est une complication. Il est donc utile d’examiner attentivement la gorge d’un enfant atteint d’érysipèle.
Nous n’avons pas beaucoup d’indications spéciales à signaler.
Cependant, comme la réaction inflammatoire est souvent très marquée, nous instituons un traitement antiphlogistique énergique : irrigations chaudes, fumigations, compresses froides autour du cou, etc. La nature microbienue de l’angine exigera l’emploi des lavages antiseptiques (voir Amygdalite); d’ailleurs, le traitement général se confond avec celui de l’érysipèle.
G. Angine de la scarlatine. — L’angine du début donne rarement lieu à des indications thérapeutiques spéciales ; elle disparaît seule en général. On n’aura guère à instituer le plus souvent qu’un traitement symptomatique contre la douleur, la sensation de sécheresse, etc.
Nous croyons cependant utile de surveiller attentivement la bouche et la gorge de l’enfant au cours de la scarlatine. En maintenant dès le début la propreté de la bouche par des lavages fréquents, nous croyons qu’on pourra éviter souvent 1’
Angine tardive. — Celle-ci n’est due le plus souvent qu’à une infection secondaire; elle est pseudo-diphtéritique, ainsi qu’on l’admet généralement aujourd’hui (Boühges, WüRTz, Guinon). Lorsque, par exception, cette angine est diphtéritique, c’est qu’il y a eu contagion. Il est alors permis d’essayer d’éviter cette infection secondaire en conseillant une propreté et une antisepsie buccale minutieuse. Cette complication est toujours
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grave et on devra instituer un traitement énergique aussitôt que l’angine est déclarée : lavages à l’acide borique, à 1 acide phénique, et même au sublimé très dilué. On fera de plus des attouchements avec des solutions fortes contenant de l’acide phénique, du naphtol camphré, etc.
Pour le traitement général, voir article Scarlatine.
H. A ngine varioleuse. — Elle résulte de la localisation des pustules varioliques sur les parois du pharynx et en particulier sur le voile du palais. Cette manifestation de la variole est toujours sérieuse, à cause de l'ulcération consécutive dans une région difficile à désinfecter. Parfois aussi, on peut observer des hémorrhagies, de l’angine phlegmoneuse, etc... En dehors du traitement symptomatique, sur lequel nous n’insistons pas, nous croyons qu il est urgent de faire dans ce cas des lavages fréquents de la bouche et de la gorge.
I. Angine morbilleuse. — Elle est beaucoup moins grave que les angines précédentes. En effet, les lésions anatomiques sont simplement constituées ici par l’hypérémie des muqueuses. Cette angine guérit seule en un ou deux jours. Elle a une grande importance pour le diagnostic, car elle précède en général l’exanthème et par ses caractères bien tranchés, permet de faire le diagnostic lorsque l’érup'tion cutanée se fait mal ou n’est pas encore faite. Cette angine donne rarement lieu à des indications thérapeutiques spéciales. Signalons cependant la gangrène qui peut apparaître au déclin des rougeoles graves. Ici encore le traitement antiseptique est celui qui donnera les meilleurs résultats.
J. Angine de la fièvre typhoïde. — Elle revêt souvent 1 apparence de 1 angine pultacée ou de l’angine pseudodiphtéritique. Les procédés ordinaires suffiront pour la .traiter avec les modifications nécessitées par la forme
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OU 1 intensité. Dans quelques cas rares, cette angine devient phlegmoneuse et suppure.
^ D. Angines toxiques. — Ces angines résultent de l’absorption des produits toxiques pris par mégarde ou donnés à un point de vue thérapeutique.
Les toxiques agissent de deux façons : localement, en a,ltérant les tissus sur lesquels ils passent. Telle est l’action des caustiques ; phosphore, iode, acides purs ou dilués, sels de mercure, de cuivre, tartres stihiés, etc...
Les toxiques agissent en second lieu par absorption et par leurs éliminations pah les glandes de la région : (bouche) et par l’action irritante des liquides organiques (salive), ainsi sécrétés. Exemple : sels de mercure, iode, solanées, etc. ’
Les lésions produites varieront avec les toxiques, avec la quantité absorbée, et les susceptibilités idiopathiques.
Dans tous les cas, on suspendra le traitement et Tusage des préparations incriminées.
Si le toxique a été pris par mégarde en abondance, il faut en débarrasser l’organisme au plus tôt et donner des antidotes appropriés.
Quanta l’angine consécutive, on la traitera énergiquement par les émollients, les astringents, les lavages d’eau-bouillie chaude, etc.
2° Angines chroniques.
En dehors des angines relevant des diathèses telles que scrofule, tuberculose, syphilis, etc. (voir ces articles), elles sont rares dans l’enfance. Nous avons donné à l’article Hypertrophie des amygdales les indications thérapeutiques des angines chroniques ordinaires.
Antimoine. — L’antimoine et surtout quelques-uns de ses sels, tels que le kermès, le tartre stibié et l’oxyde blanc, sont très employés dans la thérapeutique infantile. Les propriétés principales de ces sels sont les sui-