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ALBUMINURIE

La peau est enfin une voie importante cf élimination pour les matériaux extractifs et les produits toxiques normalement éliminés par les reins. Pour faire agir la peau, on s’adressera aux diaphorétiques. Le jaborandi a donné peu de résultats à Demme, qui s’est mieux trouvé de la pilocarpine (OsLOl, ou plus). Huchard conseille ce dernier médicament dans les néphrites scarlatineuses.

Mais il faut en surveiller l’usage et craindre le collapsus. L’albuminurie persistante est presque toujours compliquée d’anasarque chez l’enfant, et il est bien difficile de séparer les deux traitements. D’ailleurs, les traitements signalés plus haut agissent et sur l’œdème et sur la lésion rénale.

Quand l’anasarque est très développé et que les diaphorétiques semblent avoir peu d’action, il est bon d’agir directement sur la peau, par les frictions sèches ou médicamenteuses, à l’aide de fumigations de baies de genièvre projetées sur des charbons ardents; les bains de vapeurs, les bains sulfureux, sont également indiqués. Les bains chauds répétés, mais de courte durée, nous donnent d’excellents résultats chez les enfants (Blache).

Si, malgré tous ces soins, les urines restent rares et très albumineuses, Baginski préconise un plus grand usage des diurétiques qui produisent un très hon effet : digitale, acétate de potasse, baie de genièvre, eaux de Vichy, d’Evian, etc.

• En un mot, il faut beaucoup de soins, de précautions et de patience dans le traitement de l’albuminurie chez l’enfant. L’état général sera soigneusement surveillé ; pour peu,que l’albuminurie et l’anasarque persistent plusieurs mois (1 à 3), l’enfant devient très anémique et la nutrition est défectueuse. Il faudra alors instituer un traitement tonique approprié. Le fer, le quinquina, le

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tanin, le séjour à la campagne seront très utiles. Baginski préconise contre Fanémie et les hématuries qui l’accompagnent souvent le sesquichlorure de fer (3 à 10 gouttes), le malate ou Falbuminate de fer.

En résumé, on agira simultanément sur les reins (régime lacté) *, sur l’intestin et sur la peau pour essayer de diriger et de rétablir la sécrétion rénale et pour faciliter l’élimination des produits toxiques.

On préviendra et on évitera ainsi l’apparition de l’urémie, les dangers de l’anasarque, etc. Mais il faut beaucoup de prudence et de patience ; il faut éviter avec soin Faction du froid, de l’humidité et les erreurs de régime. Au bout d’un certain temps, il faudra combattre l’anémie par les préparations toniques, une bonne alimentation et une excellente hygiène.

Alcalins. — (Voir Eaux minérales.)

Alimentation des enfants. — (Voir Lait.)

Amygdales et amygdalite.

A. Hypertrophie des amygdales. — Les amygdales proprement dites : Affection de la seconde enfance, peu sérieuse quand les amygdales ne sont pas très développées. Elle prédispose singulièrement aux angines souvent ennuyeuses et parfois graves. Quand l’hypertrophie est très marquée et surtout lorsqu’elle est accompagnée de l’hypertrophie des amygdales accessoires (végétations adénoïdes), elle donne lieu à un

■1. A propos du régime lacté, nous avons vu au début de cet article, l’importance que nous attachions au lait. Aussi doit-on insister pour le faire accepter par l’enfant pendant toute la durée de la maladie ; et lorsqu’il y a répugnance on s’ingéniera à le modifier comme nous l’indiquons à l’article Lait (voir ce mot).

AMYGDALES ET AMYGDALITE 1/

certain nombre de troubles fonctionnels. On observe alors des troubles de la respiration, des difficultés à la déglutition. L’hypertrophie devient alors un obstacle au développement de l'enfant. Guersant avait signalé chez les enfants porteurs de grosses amygdales la déformation de la face et du thorax qui ont ete hien étudiées ces dernières années.

Il faut donc traiter cette hypertrophie et ne pas attendre l’apparition de ces phénomènes. Le traitement sera local et général. .

Traitement local. — Au début, on peut essayer d agir avec des topiques tels que : applications d’alun, attouchements au nitrate d’argent, gargarismes astringents, badigeonnages au jus de citron, ou cà la teinture

d’iode. . . t ur '

Le plus souvent, ces moyens échouent et on est oDiige d’avoir recours à l’ablation.

Celle-ci se fera de préférence avec l’amygdalotome. C’est une opération bénigne, mais exigeant certaines précautions (voir pour les détails les traités de chirurgie). Le morcellement avec la pince de lluault est un excellent procédé. Dans ces dernières années, on a préconisé un traitement qui a donné de nombreux succès ; l’ignipuncture. Elle peut se faire avec le thermo-cautère ou le galvano-cautère. . „

A la suite de quelques séances, on voit 1 inflammation disparaître, la régression se faire. Les récidives sont rares à la suite de ce traitement. Gompert preconise la discissioii. Signalons enfin un traitement médical qui donne des succès ; il consiste en pulvérisation d’eaux sulfureuses telles qu’on les fait à Luchon.

Wert préconise l’excision et semble avoir peu de confiance dans le traitement médical local. Baginski voit surtout dans l’hypertrophie une amygdalite chronique et de ce fait conseille de soigner attentivement

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les inflammations de la gorge, qui, par leur répétition, créent l’hypertrophie. Cet auteur préconise l’acide tannique comme agent local. Lorsque l’hypertrophie est gênante, l’extirpation est le seul traitement logique pour cet auteur, qui la pratique au bistouri et surtout avec l’anse galvanique.

Vogel ne semble pas admettre les déformations signalées par Dupuytren et qui sont aujourd’hui parfaitement admises par tous les médecins. Il conseille cependant de soigner cette hypertrophie, car, dit-il, elle prédispose aux angines.

Traitement général. — L’hypertrophie de ces organes lymphoïdes (amygdales proprement dites et amygdales accessoires) n’est qu’une des manifestations d’un état général débilité (scrofule, lymphatisme, rachitisme, convalescence de maladie générale). Il faut donc compléter le traitement local par une médication générale fortifiante et tonique. On ordonnera d’abord de l’huile de foie de morue, qui, pour Vogel, suffirait au début pour amener la régression. Le sirop d’iodurede fer, les eaux sulfureuses et arsenicales, viendront plus tard.

B. Amygdales accessoires. — Connus sous le nom de végétations adénoïdes, ces amas existent dans l’arrièrenez et autour de la trompe (Amygcl. tubaire), sur le voile du palais {Amygd. palatine), sur la langue {Amygd. linguale), sur la paroi postérieure du pharynx (Anmd de Luslca).

Comme les amygdales vraies, elles peuvent s’enflammer et donner lieu à des angines locales; comme elles, elles s’hypertrophient. Elles contribuent alors à obstruer le canal naso-pharyngien et occasionnent des troubles fonctionnels de la respiration.

Les végétations adénoïdes ont été bien étudiées ces dernières années. Le traitement médical et local a peu de prise sur elles, et l’ablation est le seul traitement

amygdalites

rationnel. Elle se fait avec une curette, des pinces ou des anneaux tranchants. Nous renvoyons a ce sujet aux traités spéciaux. ^

Amvedalites. - L’inflammation de l’amygdale existe rarement seule. En effet, l’inflammation se propage presque toujours à tous les organes de 1 arriere-bouche pour constituer l’angine. L’amygdalite pourrait donc être étudiée avec les angines, car le traitement

est sensiblement le même. t n

Nous ne procéderons cependant pas ainsi. La structure de l’amygdale et ses relations étroites avec le système lymphatique, sa situation anatomique, font de cet or“ane uL des localisations les plus fréquentes des mdadies infectieuses, et, réciproquement, un point de départ d’infection,car les considérations pathologiques et thérapeutiques auxquelles cette localisation^ donne lieu nous obligent à lui consacrer un article speciaL

En accordant quelques détails^à 1 amygdalite chez l’enfant, nous avons surtout pour but de montrer 1 importance de l’examen de la gorge. En effet, 1 amygdale est souvent seule atteinte au début, les propagations inflammatoires ou microbiennes ne se faisant que secondairement. Un examen attentif de cet organe, un traitement précoce, feront donc éviter Pl^® ^ vent une angine qui peut se compliquer elle-meme

d’infection secondaire (pneumonie, néphrite, etc.).

Voyons maintenant comment il faut traiter 1 amygdalite; nous n’indiquerons ici que ce qui peut être particulier à la conception microbienne..

Au point de vue prophylactique, et chez les^ enfants prédisposés aux angines, il faut conseiller d evitei le froid, mais sans exagération. Certains auteurs préconisent l’ablation des amygdales ; ils se [«“Jent sur qu’elles sont hypertrophiées et gênent la déglutition.

AMYGDALITES

qu’elles sont un réceptacle à microbes (Bouchard) et que ces organes ne sont pas indispensables.

Ajoutons que souvent la prédisposition aux angines persiste après leur ablation; néanmoins Sallard conseille de les enlever chez les jeunes enfants atteints d’angines répétées. L’origine infectieuse de l’amygdalite montre qu’il faut pratiquer l’hygiène de la bouche ; pour cela, on fera usage de lavages antiseptiques; mais il faut savoir que cette antisepsie buccale sera toujours fort difficile chez l’enfant et toujours incomplète.

Le traitement général ne devra pas être oublié, car la fréquence des amygdalites chez les lymphatiques, les strumeux, montre assez l’indication d’un traitement antiscrofuleux.

M. Sallard insiste avec raison dans sa thèse sur la contagiosité des amygdalites, etil ajoute que l’isolement de ces cas constituera un excellent traitement prophylactique.

Traitement curatif. — La plupart des amygdalites guérissent avec quelques soins d’hygiène : repos à la chambre, diète, etc. Voici en résumé les traitements employés le plus souvent. Chez les jeunes enfants, on ne pourra employer que les badigeonnages avec des collutoires émollients, astringents, ou avec de la teinture d’iode. Les émissions sanguines locales doivent être proscrites, elles ne font la plupart du temps que créer de nouvelles portes d’entrée à l’infection microbienne.

Quand on soigne des enfants déjà grands, si on ne peut avoir recours aux gargarismes, on pourra toujours faire des irrigations chaudes avec des infusions aromatiques, émollientes, astringentes (alun tanin).

Les solutions chaudes sont préférables aux solutions froides dont l’action décongestive est moins marquée et moins durable.

Les vomitifs agissent également fort bien, surtout

AMYGDALITES 21

chez les jeunes enfants; ils sont indiqués chaque fois qu’il y a un état gastrique concomitant.

Le chlorate de potasse en gargarisme et surtout en potion rend de grands services; il ne faudra pas dépasser 2 à 3 grammes.

L’amygdalite s’accompagne souvent d’une douleur intense ; celle-ci sera atténuée par les gargarismes avec décoction de pavots, quand ils seront possibles. Mais on pourra toujours agir contre la douleur en badigeonnant la gorge avec des solutions faibles de bromure de potassium et surtout de cocaïne.

La thérapeutique des angines et des amygdalites s’est enrichie à la suite des notions des théories microbiennes.

En effet, il était rationnel d'employer des antiseptiques à leurs traitements. M. Sallard l’ésume dans sa thèse les essais qui ont été faits dans ce sens. Les sels de mercure semblent avoir donné de bons résultats, mais ils sont d’un maniement difficile et dangereux ; il faut en pai’ticulier être très prudent avec le sublimé, qu’il' est impossible d’employer chez l’enfant. On a essayé avec succès les gargarismes avec l’acide borique, le borate de soude, l’acide phénique; ces solutions sont très utiles et agissent également par la température élevée à laquelle on les emploie.

Certains auteurs, voyant dans 'l’amygdalite une maladie générale (Landouzy, Bouchard), ont préconisé un traitement interne. Dans ce but, ils ont employé le sulfate de quinine (Landouzy, Bouchard), l’antipyrine, le salol (Goügenheim), le salicylate de soude et l’acide salicylique.

En résumé, le traitement, tel qu’il est conçu aujourd’hui, est très rationnel; malheureusement, il est bien difficile de l’appliquer aux jeunes enfants.

Chez eux, on peut cependant, comme le conseille

Baginski, recourir aux pulvérisations antiseptiques faibles et aux irrigations répétées (Blache) avec la canule abaisse langue dg Guersant.

Amygdalite phlegmoneuse. — Elle est une complication rare de l’amygdalite ordinaire; au début, son traitement se confond avec celui de cette dernière. Il est. bien difficile de faire avorter cette angine quand elle se déclare (Trousseau). La seule indication particulière est celle-ci : donner issue au pus aussitôt que possible. L’ouverture de Tabcès se fera avec l’ongle, ou mieux avec un bistouri garni. Les jours suivants, on fera des lavages antiseptiques fréquents chez les jeunes enfants, et on prescrira des gargarismes chez les enfants plus âgés. — Dans quelques cas, l’œdème péri-inflammatoire peut nécessiter la trachéotomie.

1» Lavages et irrigations :

2.' Eau boriquée à 4 0/0, coupée d’eau bouillie chaude. Infusions d’écorces d’oranges fraîches.

Infusions de feuilles de laurier amande, 4 grammes pour un litre, à dédoubler par la solution boriquée.

2» Gargarismes :

Chlorate dépotasse.. 4 grammes.

Eau de laurier-cerise. 15 —

Sirop de limon. 60 —

Eau distillée. 500 —

3“ Collutoire ; '

Z Phénate de soude. 3 grammes

Glycérine... 30 —

Alcool. S —

Anasarque. — Le traitement de l’anasarque se confond en grande partie avec celui de la cause qui lui a donné naissance. Voir les articles Albuminurie, Cœur, Urémie. Quand le développement de Tanasarque est excessif et que les moyens de thérapeutique habituels ont échoué, on n’hésitera pas à recourir aux mou-

chetures, en s’entourant des plus grandes précautions antiseptiques. L'ignipuncture peut être employée dans ce cas. On surveillera les pansements consécutifs pour éviter toute infection.

Anémie. — Les conditions nombreuses dans lesquelles apparaît l’anémie rendent fort difficile l’énoncé d’un traitement applicable à tous les cas. En effet, tout traitement rationnel de l’anémie devra d’abord s’adresser à la cause : ce sera là l’indication principale. Quant au traitement de l’anémie elle-même, il sera surtout constitué par l’emploi des ferrugineux (oxyde de fer, sous-carbonate de fer, etc.).

Aujourd’hui, on emploie volontiers des préparations assimilables, telles que les lactates,malates,saccharates et peptonates de fer. L’emploi de ces préparations ferrugineuses devra être associé à celui des amers (quinquina, quassia, Colombo, etc.).

L’anémie présente souvent certains symptômes qu’il faut s’attacher à faire disparaître : tantôt ce sont des troubles digestifs, des troubles nerveux, tantôt il y a a des symptômes cai’diaques, etc., etc. Le traitement variera donc forcément avec la prédominance de tel ou tel symptôme.

La médication sera complétée par l’application d’une bonne hygiène, d’une alimentation tonique et reconstituante. L’hydrothérapie, les bains de mer, les exercices au grand air, la gymnastique, sont des plus utiles dans la plupart des cas.

Voir également article (jhlorose.

Anévrismes. — Les dilatations anévrismales sont excessivement rares chez les enfants ; leur symptomatologie et leur traitement ne diffèrent en rien de ceux de l’adulte. Le pronostic des anévrismes est des

.NGIOMES

plus sombres; leur étiologie et leur pathogénie, d’ailleurs très discutées, ne donnent aucun renseignement ni au point de vue prophylactique ni au point de vue de leur traitement.

Sanné et Hadder ont toujours constaté dans ces cas des lésions inflammatoires des parois artérielles. Baginski croit à l’influence prépondérante de la syphilis. Cette conception, si elle est vraie, est intéressante à connaître, car on pourrait espérer arrêter avec le traitement spécifique une lésion d’ailleurs exceptionnelle dans l’enfance.

Angiomes. — Ce sont des néo-formations vasculaires de la peau qui, suivant leur couleur, leur développement et leur structure, sont désignées sous le nom de taches nævi-vasculaires, angiomes cutanés, etc.

Le nævus vasculaire étendu est inaccessible à la thérapeutique. Il n’en est pas de même lorsque les taches sont peu développées. Dans ces cas, on préconise avec raison le collodion au sublimé, qui semble préférable à l’usage des caustiques et de l’ignipuncture.

Quelques auteurs préconisent les scarifications linéaires (L.\ssa.r).

L’inoculation multiple de la lymphe vaccinale agit également fort bien, chez les enfants qui n’ont pas été vaccinés, pour les nævi et les angiomes peu développés.

On se procurera une quantité suffisante de vaccin pour charger un nombre variable d’épingles absolument aseptiques. On se contente de les piquer sur les limites du nævus à deux ou trois millimètres les unes des autres. On en comble la partie cêntrale de la tache et on les laisse ainsi placées pendant deux ou trois minutes. Après les avoir enlevées, on recouvre ensuite la plaie avec un peu de baudruche gommée

ANGINES

qui arrête l’hémorrhagie et laisse se déveropper les pustules en s’opposant au frottement.

Dans certains cas rebelles, on s’est adressé au tatouage avec de l’oxyde de zinc, de la magnésie. Ce procédé a surtout pour but de diminuer la coloration.

Tous ces moyens ont donné des résultats, mais il faut se rappeler que beaucoup de ces pigmentations vasculaires disparaissent spontanément au bout d’un certain temps après la naissance. Aussi nous conseillons avec Vogel d’attendre plusieurs mois, car on évitera ainsi des cicatrices, autrement disgracieuses que les taches congénitales elles-mêmes.

Quant aux angiomes caverneux, et aux tumeurs érectiles saillantes, il faut savoir qu’ils persistent toujours et sont souvent susceptibles de s’étendre. Ces tumeurs résistent, en général, aux procédés signalés plus haut.

Le traitement rationnel consiste ici à commencer par les comprimer; on les scarifiera ensuite s’il y a lieu. La ligature élastique et l’ablation seront pratiquées, si les premiers moyens n’ont pas suffi. Certains auteurs préconisent d’essayer le traitement par l’électricité avant la galvano-puncture.

En général, l’ablation chirurgicale seule amène une guérison complète des grosses tumeurs érectiles.

Angines. — Nous avons l’intention dans cet article de passer en revue les angines les plus fréquemment observées chez les enfants. Sous ce nom nous comprenons l’inflammation de tous les organes" qui occupent l’arrière-bouche, c’est-à-dire le pharynx

Dans un article antérieur nous avons étudié à un point de vue un peu spécial, l’amygdalite. Les mêmes considérations peuvent s’appliquer aux pharyngites en grande partie ; richesse du tissu lymphoïde, localisations infec-

ANGINES

tieuses fréquentes, influence de l’état général, importance

de la propreté de la bouche au point de vue prophylactique dans les maladies générales surtout, et enfin, nouvelles indications thérapeutiques résultant des notions microbiennes récentes (emploi des antiseptiques). Nous n’y reviendrons pas ici, et nous nous attacherons dans cet article à signaler les particularités principales qui relèvent de chaque variété d’angine.

Pour éviter les omissions et pour ne pas être obligé de nous répéter, nous suivrons la classification dressée par Laveron et Tessier.

1“ Angines aiguës.

A. Angine aigue simple. — C’est le mal de gorge ordinaire, apparaissant chez des sujets bien portants. Cette angine a une durée de six à sept jours; le traitement se confond avec celui de l’amygdalite aiguë, dont elle n’est qu’un degré plus marqué.

L expectation et quelques soins hygiéniques suffisent le plus souvent.

Les gargarismes émollients sont indiqués, et chez les jeunes enfants on fera des badigeonnages avec du miel rosat, du jus de citron, du borate de soude en solution dans la glycérine, etc. Enfin, les lavages d’eau boriquée chaude seront utilisés avéc succès.

L’angine phlegmoneuse, qui complique quelquefois cette angine simple et les autres variétés, ne donne point heu à d’autres indications que celles signalées à l’article amygdalite.

B. Angines spécifiques. — Cette catégorie doit être divisée en quatre variétés :

I Angine diphtéritique.

t» Angine avec produits ' herpétique.

spéciaux, j Angine du muguet.

1 Angine de la stomatite ulcéro- ( membraneuse.

ANGINES

2“ Angine des pyrexies.

30 Angine des affections virulentes.

4“ Angine toxique.

du rhumatisme, de l’érysipèle, de la scarlatine, de la variole, de la rougeole, de la fièvre typhoïde.

Angine Angine Angine Angine Angine

Farcin.

Charbon.

Mercure.

lodure de potassium.

Solanées.

En raison de la difficulté qu’on éprouve toujours à savoir la vérité sur l’origine des maladies des enfants, on comprendra que les agents toxiques sont très variables, et qu’ils agissent pour la plupart par leurs propriétés caustiques; mais il faut y penser chez les enfants qui absorbent ce qui tombe sous leur main et qui n’avouent pas leurs méfaits, dans la crainte d’être corrigés sévèrement.

Voyons maintenant les particularités thérapeutiques auxquelles donne lieu chacune de ces variétés d’angine, car nous ne reviendrons pas ici sur le plan généraldutraitementqui aétéfaitàl’article amygdalite.

A. Angine diphtéritique (voir Diphtérie).

B. Angine herpétique. — Une fièvre intense est presque toujours la manifestation du début de cette angine. Elle accompagne ou précède en général d’autres manifestations herpétiques (herpès labialis, du nez, etc.). Celles-ci aideront d’ailleurs à faire le diagnostic. Cette angine peut faire croire pendant quelques instants à une angine couenneuse.

On comprend dès lors l’utilité d’un diagnostic précis. Nous pensons qu’il est prudent en attendant la certitude du diagnostic, d’isoler le malade et de pratiquer un traitement antiseptique modéré.

Cette angine est en général bénigne et guérit le plus

ANGINES

souvent seule au bout de quelques jours. On lui appliquera le traitement des amygdalites aiguës. H. lloger préconisait dans ces cas des badigeonnages avec des solutions diluées d’eau de chaux. Un éméto-cathartique est souvent utile dans l’angine herpétique, car elle s’accompagne fréquemment de troubles gastriques ; on conseillera aussi une alimentation légère pendant quelques jours.

G. Angine du muguet. — Son traitement se confond avec celui du muguet. Nous la signalons ici simplement pour indiquer la localisation possible de l’oïdium albicans dans le pharynx.

D. Angine de la stomatite ulcéro-membraneuse. — L’invasion du pharynx dans cette affection est toujours très grave. On doit alors craindre des auto-infections telles que pneumonies secondaires, angines phlegmoneuses, etc.

Le meilleur traitement prophylactique nous semble être celui des lavages antiseptiques fréquents et abondants à l’acide borique ou au borate de soude en solution.

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