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ANUS

Il est alors très difficile d’atteindre le rectum et on n’y arrive qu’avec une opération sanglante ; celle-ci est presque toujours suivie de mort.

Les communications entre la vessie et le rectum sont également d’un très fâcheux pronostic.

Inflammations et fissures de l’anus. — L’inflammation des téguments de l’anus et des régions avoisinantes se rencontre assez souvent chez les jeunes enfants. La fissure en est souvent la conséquence; celle-ci s’accompagne de douleurs et de constipations. Cette inflammation donne enfin naissance à de fintertrigo, à de l’érythème, affections ennuyeuses et souvent rebelles.

Cette région devra donc faire l’objet d’une surveillance constante.

Comme traitement préventif, il faudra user largement des lotions, des bains tièdes simples, émollients ou légèrement astringents.

Lorsqu’on constate une fissure, tout en cherchant à en éloigner la cause, il faudra la soigner le plus tôt possible en raison de la constipation et des douleurs qu’elle occasionne. La constipation sera combattue par la teinture de rhubarbe, une demi-cuillerée à une cuillerée à café (West), huile de ricin; les lavements sont infidèles et douloureux. Trousseau préconisait les lavements avec 1 gramme d’extrait de ratanhia. Si les fissures succèdent à une diarrhée, il faudra l’arrêter.

En surveillant les selles et en prenant de grands soins de propreté, on évitera les récidives.

Lorsque la fissure persiste un certain temps, d’Espine et Picot conseillent de faire des onctions avec des pommades contenant 2 grammes d’extrait de ratanhia et 2 grammes d’extrait de belladone. Lorsque les douleurs sont violentes, on se trouvera bien de l’application de petits suppositoires belladonés. Enfin, dans

APHTHES

les cas rebelles on pratiquera la dilatation, forcée avec un ou deux doigts enduits de vaseline.

Nous nous servons avec avantage de la pommade à la cocaïne, qui calme rapidement les douleurs et modifie heureusement l’inflammation locale.

Pommade.

^ Oxyde de zinc. 2 grammes.

Cocaïne. 0s"-,10 à Oï',30.

Menthol.. O*',02 à Os'.OS.

Vaseline. 30 grammes.

Contre le prurit et la douleur.

^ Extrait de belladone. O^f.OS.

Beurre de cacao. Of.SO.

Pour un suppositoire, à répéter plusieurs fois par jour.

Aphthes {Stomatite aphteuse). — Les aphtes sont fréquentes au moment de la dentition ; le plus souvent elles succèdent à une mauvaise hygiène de la bouche, surtout chez les enfants débilités.

On a signalé de véritables épidémies de stomatites aphteuses. Ce point est intéressant à connaître au point de vue prophylactique.

Ces ulcérations sont d’une grande bénignité, et souvent toute médication est inutile, d’après d’Espine et Picot; nous sommes plus réservés et nous subordonnons le pronostic au traitement. Le plus souvent, de simples soins hygiéniques (propreté delà bouche, lavage à l’eau de Vichy, etc.), suffisent.

Le traitement est fort variable : lavages au borax, collutoires émollients, badigeonnages au permanganate de potasse à 1 0/0 (Baginski). Si les ulcérations persistent ou récidivent, on pourra faire des cautérisations légères au nitrate d’argent. Le plus souvent, il est inutile d’administrer du chlorate de potasse.

Worms a préconisé quelques gouttes d’éther comme dissolvant des membranes.

ARTÉRITE OMBILICALE

Dans notre pratique journalière, nous nous sommes toujours fort bien trouvés des lavages faits avec de beau de Vichy, des badigeonnages au citron; dans les cas rebelles, nous nous servons de collutoires contenant du borax dissous dans la glycérine (Blache).

Collutoire.

^ Borate de soude. 4 grammes.

Glycérine. 30 —

A étendre avec un pinceau après les lavages àl’eau de Vichy.

?£ Miel rosat.. 8 grammes.

Glycérine. 20 —

En badigeonnages avec un pinceau.

Arachnoïde et Arachnitis. — (Voir Méningite.)

Artérite ombilicale. — L’inflammation des vaisseaux ombilicaux (artérite et phlébite) est d’un pronostic très fâcheux.

Elle résulte le plus souvent d’une infection septique survenue pendant ou après la naissance.

Au point de vue prophylactique, on devra donc veiller avec soin aux pansements de la cicatrice ombilicale; cela sera surtout indiqué lorsqu’on se trouvera dans des milieux infectés. On aura pour cela recours aux pansements antiseptiques et aseptiques jusqu’à la cicatrisation complète de l’ombilic.

Si la plaie suppure, elle sera détergée et pansée avec des poudres et gazes antiseptiques (acide borique, acide salicylique, salicylate de bismuth, salol).

L’iodoforme donne également d’excellents résultats.

La gravité de cette affection, d’ailleurs rare, obligera le médecin à prendre les plus grandes précautions en assurant une propreté et une asepsie rigoureuse de la plaie ombilicale.

ASOITE

Ascarides-lombricoïdes. — (Voir Vers intestinaux.)

Ascite. — L’ascite chez les enfants comme chez l’adulte n’est point une maladie ; elle est secondaire généralement à. une maladie constitutionnelle ou à- des troubles circulatoires du système porte.

D’Espine et Picot admettent cependant dans la deuxième enfance l’existence d’une ascite essentielle ou péritonite exsudative simple. Cette ascite essentielle a été signalée et étudiée par Wolf, Rilliet et Barthez, Galvagni, Vierdort.

Void les considérations thérapeutiques auxquelles a donné lieu cette ascite d’ailleurs exceptionnelle. Elle guérit seule le plus souvent ; si la résorption tarde à se faire, on administrera des diurétiques, on appliquera des révulsifs sur l’abdomen, sans négliger la compression.

On observe rarement de la fièvre.

L’état général sera traité s’il y a lieu.

Quant au traitement de l’ascite secondaire, il variera avec les causes. L’action thérapeutique aura donc pour objectif d’éloigner ou de supprimer cette dernière.

Ascite d'origine circulatoire (affection cardio-pulmonaire). — On s’adressera ici aux purgatifs (drastiques) aux diurétiques (sels de potasse, digitale, scille), aux diaphorétiques (jaborandi, pilocarpine.)

Ascite d'origine rénale. — Compliquée souvent d’anasarque. Le meilleur traitement ici est le régime lacté, car il agit merveilleusement sur la lésion rénale. On lui associera les toniques. (Voir Albuminurie.)

Ascite d’origine hydrémique (Laveran et Tessier). — Elle s’observe dans les cachexies, à la suite de l’intoxication paludéenne, de la fièvre typhoïde. La base du traitement sera constituée par l’administration des toniques et des reconstituants : ferrugineux, malate et

ASCITE

lactates de fer, le quinquina, la quinine, l’arsenic, la strychnine, le jus de viande, etc.

Ascite d’origine hépatique. — On a préconisé dans ces cas l’usage des dépuratifs (iodure de potassium). Nous conseillons l’usage des alcalins.

Ascite d'origine péritonéale. — La péritonite tuberculeuse est la cause la plus fréquente. On essayera ici d’enrayer la lésion, on soignera particulièrement l’état général (bonne hygiène, toniques, etc.).

On cherchera à favoriser la résorption de l’exsudât (voir article Péritonite). Les ponctions suivies de lavages antiseptiques ont donné dans ces dernières années quelques bons résultats.

Voilà en quelques mots les indications principales; elles s’adressent surtout aux causes, et elles sont de ce fait très importantes.

Quant à l’ascite elle-même, elle ne donne lieu à une thérapeutique spéciale que lorsqu’elle est très développée et qu’elle occasionne des troubles importants.

Dans ces cas, on peut essayer la compression (S. Mackenzie), mais il vaut mieux donner issue au liquide par une ponction faite avec les procédés antiseptiques habituels et d'après les règles classiques.

Disons en terminant que souvent l’ascite est très peu développée et méconnue, par exemple dans la syphilis héréditaire, dans la tuberculose et dans les états cachectiques. Dans ces conditions, elle ne donne lieu à aucune indication thérapeutique spéciale et elle est de petite importance :

Potion diurétique.

^ Feuilles de digitale. 4 grammes.

A faire macérer vingt-quatre heures dans 150 grammes d’eau. Ajouter ensuite ;

Ether nitrique. 2 grammes.

Sirop des S racines. 30 —

.SPHYXIE

Vin diurétique.

Squames de scille coupées.... 8 grammes.

Feuilles de digitale. 4 —

Cannelle.... 12 —

Acétate de potasse.. 15 —

Vin de Madère. 500 —

A faire macérer cinq jours; une à deux cuillerées à bouche chaque matin.

Asphyxie.

Asphyxie des nouveau-nés. — On comprend sous ce nom l’impossibilité pour l’enfant d’établir ou de maintenir sa respiration. Cet état est surtout observé par les accoucheurs et les sages-femmes. Nous résumerons ici le traitement indiqué dans ce cas.

Asphyxie bleue. — Elle succède immédiatement à l’acte de l’accouchement. Elle semble due à la pléthore sanguine, et le meilleur moyen d’y remédier consiste à laisser couler avec grande modération une certaine quantité de sang avant de pratiquer la ligature du cordon.

Si la respiration ne s’établit pas, on aura recours aux moyens employés dans l’asphyxie blanche.

Celle-ci peut exister dès le début; le plus souvent elle apparaît après les premières inspirations. On rétablit cette dernière en excitant la peau par des flagellations, des bains sinapisés. Si ces moyens restent sans effet, il faut recourir aussitôt à la respiration artificielle.

On pratiquera l’insufflation directe par la bouche, et mieux avec un tuhe de caoutchouc et surtout la canule de Champetier. Un hon procédé, qui fut préconisé d’abord par Schultze, est le balancement de l’enfant, suspendu par les pieds, destiné à provoquer une respiration artificieile. Les tractions rythmées de la langue, préconisées par notre savant confrère le J.-V. Laborde, sont de tous ces moyens le plus efficace.

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