CHLOROFORME
resse parfois très douloureuse. Avec d’Espine et Picot, nous conseillons d’user avec modération du chlorate de potasse dans la diphtérie, quelle qu’en soit la localisation, à cause de son action déprimante.
Ce sel peut être administré à l’intérieur après la trachéotomie, mais avec modération. West l’a employé comme topique local dans le noma.
En résumé, le chlorate de potasse doit être utilisé surtout chez les enfants, dans les affections de la bouche et du pharynx. Il rend ainsi de très grands services, mais il faut savoir qu’il n’est pas aussi inoffensif qu’on a bien voulu le dire. On ne devra donc jamais avoir recours aux doses élevées, ni massives ; à haute dose, en effet, son action déprimante est manifeste, il devient alors un poison cardiaque ; il altère les globules et anémie.
Chloroforme. — Le chloroforme est assez souvent employé dans la thérapeutique infantile. Nous dirons d’abord que l’enfant supporte très bien le sommeil chloroformique, mais nous renvoyons, pour ce point, aux traités de chirurgie infantile.
A l’intérieur, on emploie l’eau chloroformée dans les affections du tube digestif (coliques, diarrhées, gastralgies) . Nous conseillons de ne pas employer l’eau chloroformée à saturation chez les enfants, mais une solution coupée au tiers ou au quart. On l’ordonnera tantôt en potion, tantôt en lavements. Le chloroforme rend ainsi des services comme anesthésique, comme antispasmodique et même comme antiseptique.
Al’extérieur, on l’emploie en pommade et en liniments contre les douleurs articulaires ; ici, il semble surtout agir comme révulsif.
Enfin, on a eu recours à des inhalations chloroformiques dans les convulsions, dans les attaques subintrantes
OHLOEOSE
de l’épilepsie, dans l’hypercoqueluche, et dans les chorées graves.
Chlorose. — Le traitement de la chlorose est souvent embarrassant pour le médecin.
En effet, à côté de la chlorose, il y a des chlorotiques. Nous voulons dire par là qu’on voit journellement le même traitement réussir, être inactif et même nuisible, suivant les dispositions individuelles.
Il faut avant tout et au début de tout traitement de la chlorose s’assurer du diagnostic.
En effet, les fausses chloroses et celle de la tuberculose en particulier se trouvent fort mal du traitement de la chlorose proprement dite. On a pu voir, dit J. Simon, à la suite de l’administration des ferrugineux et de l’application des moyens thérapeutiques de la chlorose, évoluer brusquement une tuberculose latente.
Le fer constitue la base principale du jtraitement de la chlorose ; c’est le seul remède à l’altération globulaire du sang (J. Simon).
Certains auteurs cependant (Lotaud, Dujardin- Beaümetz) prétendent que le fer est inutile dans la guérison de la chlorose. Nous reproduisons ici cette opinion, sans nous y associer entièrement, mais pour dire qu’en effet le fer ne réussit pas chez tous les malades. Dans ces cas, il faut surtout chercher à activer la nutrition et l’assimilation, et on aura recours dès le début à d’autres adjuvants que nous indiquerons plus loin.
Quelles sont maintenant les meilleures préparations ferrugineuses à employer? Hayem et Comby préconisent les proto-fers (protoxalate). Nous croyons qu’il faut d’abord s’adresser aux ferrugineux faibles; le sous-carbonate de fer, le lactate de fer, le tartrate ferrico-potassique seront employés avec succès.
ÎHLOEOSE
Si ces préparations ne réussissent pas, si elles ont une action trop lente ou si elles sont mal supportées, il faudra tâtonner et on essayera alors le fer réduit; son action est quelquefois trop violente (J. Simon) ; le perchlorure de fer en gouttes, associé à l’alcool, nous a donné d’excellents résultats dans les cas rebelles.
Le protoxalate, le peptonate et le carbonate de fer sont également d’excellentes préparations; elles sont solubles et facilement assimilables.
Toutes ces préparations seront données en potions, poudres ou pilules, suivant l’âge, et elles seront toujours prescrites au moment des repas. On se trouvera bien dans la majorité des cas de changer ces préparations. Enfin, il faudra faire attention dans leur administration à certains symptômes.
Quelquefois, avons-nous dit, le fer n’est pas supporté; ces cas nous ont toujours paru graves. S’il existe de la diarrhée, on prescrira les sels peu solubles et on leur adjoindra le bismuth, le diascordium (J. Simon). Plus souvent il existe de la constipation; on la combattra en ordonnant le tartrate, le lactate, l’oxalate de fer ou simplement le sirop d’iodure de fer. Nous ajoutons alors volontiers du miel aux préparations ferrugineuses. Dans quelques cas, nous avons eu recours aux petites doses de rhubarbe et de belladone.
Quant aux autres symptômes qui accompagnent la chlorose, ils donnent lieu à des indications spéciales. Exemple : spasmes, névralgies, gastralgies, inappétence, lassitude, palpitations, etc. Mais nous ajouterons que nous les avons vus souvent disparaître après le traitement général bien approprié.
Quelques-uns de ces troubles exigent cependant un traitement particulier. La dyspepsie, si fréquente, sera combattue tantôt par les alcalins (bicarbonate de soude), tantôt par les acides (acide chlorhydrique).