II
importance, et peut être applique egalement à la pre- Tière variété. Pour cela, l’enfant sera mis dans de bonnes conditions hygiéniques ; on lui ^ '
alimentation reconstituante appropriée 1 â,e et
suivant les cas. L’enfant sera soumis à une madmation antiscrofuleuse; les bains salés, les amers, 1 huile de foie de morue, les ferrugineux et l’iodure de potassium
CONJONCTIVITE
seront d’une grande utilité. Un séjour à la campagne, aux bords de la mer, est également indique.
3» Conjonctivite granuleuse. — Elle est rare cbez l’enfant dans nos régions. „„„
4» Conjonctivite purulente. — Conjonctivite des nouveau-nés. — Toujours importante, souvent grave, elle est moins fréquente aujourd’hui qu’autrefois. Indiquer les causes de cette diminution constituera pour nous une excellente occasion de montrer le traitement prophylactique et d’en signaler la grande importance.
On s’accorde aujourd’hui à incriminer comme cause principale, sinon unique, de la conjonctivite des nouveau-nés, la présence d’un écoulement infectieux du vagin ou de l’urèthre de la mère. On s’est donc préoccupé avec raison d’éviter cette inoculation pendant 1 accouchement, en assurant l’antisepsie du vagin et des parties avoisinantes. On a cherché ensuite a éviter les contaminations ultérieures par la propreté absolue des mains, des linges, des objets et instruments.
L’application de ces précautions a donne d excellents
résultats. . , „„„
Enfin, il sera prudent de faire, ainsi que cela se pratique dans les maternités, où les chances d mfection sont plus nombreuses, un lavage soigne des régions oculaires au moment de la naissance et en cas de présomptions, d’introduire dans les yeux l a 2 gouttes d’un collyre de nitrate d’argent à 1 pour 140.
Lorsque la conjonctivite purulente est déclarée, on cherchera à modifier l’inflammation par des compresses antiseptiques chaudes, froides ou glacees (sachets de glace). ,
La lésion sera combattue par les cautérisations et les antiseptiques. Kirmisson conseille d’abord de bien laver la région palpébrale, d’écarter ensuite les paupières et de laver toute la conjonctive avec des solutions d al-
CONJONCTIVITE
cool, d’acide borique, d’acide salicylique et même d’acide phénique. Ce lavage pratiqué, on cautérisera toute la surface avec des collyres de nitrate d’argent à 1/10, à 1/lS, à 1/30. Les solutions fortes seront employées au début; l’action de ces collyres sera neutralisée en partie chaque fois par des attouchements avec une solution de chlorure de sodium. Le nombre des pansements variera avec la gravité des cas; au début, ils seront répétés trois, quatre et même cinq fois par jour (Kirmissonl.
Dans leur intervalle, les yeux seront recouverts de compresses trempées dans les solutions signalées plus haut.
Grâce à ce traitement, on arrive à d’excellents résultats; les complications seront soignées s’il s’en présente. Terminons enfin en signalant d’abord la nécessité absolue d’éviter les inoculations en assurant, avant et après les pansements, une asepsie rigoureuse des mains et ensuite la grande importance du traitement prophylactique indiqué au début de cet article.
4» Conjonctivite diphtéritique. — Nous la signalons pour indiquer qu'elle succède presque toujours à des inoculations secondaires, et pour signaler l’utilité des précautions à prendre pour l’éviter.
Quant à son traitement, il ne présente rien de particulier. Les douleurs sont quelquefois très violentes et seront combattues par les antiphlogistiques, la glace, etc.
Solution.
^ Eau. 500 grammes.
Sublimé. Os'.lO
Employé froid fsans alcool).
Laver avec cette solution, trois à quatre fois par jour, l'intérieur des paupières (Troosseau).
(Pommade).
^ Vaseline. S grammes.
Oxyde jaune d’hydrargygre. Os',20
(Trousseau).
En introduire le soir dans l'intérieur gros comme un pois en faisant ensuite une légère friction sur les paupières pour bien étendre la pommade.
:2£ Sulfate de cuivre..-........ 1 gramme.
Glycérine neutre. 10 grammes.
Contre les granulations, en badigeonnage une à deux fois par jour ou encore
Tanin... 1 gramme.
Glycérine neutre. 10 grammes.
Constipation. — La constipation est assez fréquente dans la première et la deuxième enfance; elle constitue parfois une véritable maladie et exige un traitement.
L’ordre à suivre comporte deux étapes : la première consiste à changer et à étudier le régime ; là deuxième, à laquelle on ne doit recourir qu’à la fin et dans les cas d’insuccès, est la médication purgative.
En effet, le plus souvent, en interrogeant les parents, le médecin s’aperçoit rapidement que la constipation relève d’une mauvaise alimentation.
Parmi les causes incriminées le plus souvent, signalons, afin de les écarter dans la mesure du possible, la suralimentation, le lait de vache dans certains cas; nous conseillons alors de l’alcaliniser par le coupage d’une eau minérale. Dans la deuxième enfance, les causes deviennent plus nombreuses : alimentation insuffisante, indigeste, irrégularité des heures des repas, abus des sucreries, vie sédentaire, surmenage intellectuel, etc. Nous avons signalé, comme Comby, la dilatation de l’estomac, le rachitisme, l’arthritisme héréditaire.
Traitement. — 1° Constipation delà première enfance.
Réglementation des selles, alcaliniser le lait de vache.
On changera le lait, ou bien on emploiera un lait moins riche en crème. Vogel conseille de diminuer les bouillies, de supprimer les potages mucilagineux. Dans certains cas, Baginski a dû recourir au sevrage.
Lorsque, malgré ces moyens, la constipation persiste, on pourra essayer, quand l’âge le permettra, l’usage des fruits mûrs et cuits, l’ingestion d’une certa’ine quantité d’eau après les repas (Vogel), mais il faut craindre la dilatation de l’estomac. On peut obtenir parfois la régularité des selles avec de légers massages sur l’abdomen (Bi.ache), l’enveloppement mouillé (Baginski).
Après ces moyens, et en cas d’échec, on aura recours aux petits lavements d’eau tiède pure ou avec un peu de glycérine. Les cônes de glycérine et de beurre de cacao nous ont alors donné d’excellents résultats (Blache). Comme Baginski, nous proscrivons les suppositoires aux savons, qui occasionnent facilement de la rectite. On a préconisé aussi les grands lavements froids (Vogel), des irrigations intestinales qui ramollissent en même temps les selles. Disons enfin qu’on a été obligé parfois de retirer les cybalqs du rectum.
On n’aura recours qu’en dernier lieu aux purgatifs. On tentera d’abord les purgatifs légers : manne, sirop de chicorée. Malheureusement on est obligé d’y avoir recours souvent afin d’assurer la liberté du ventre. Le sirop de nerprun (Bohn et Baginski) a donné d’excellents résultats; Vogel conseille d’employer au début la teinture aqueuse de rhubarbe (une à deux cuillerées à café).
Lorsque ces laxatifs resteront inefficaces, on sera obligé d’administrer l’huile de ricin, le calomel. Mais on répétera le moins souvent possible leur adminis* tration. On a obtenu aussi de bons résultats avec le podophyllin : 0«‘’,00o à 0 k'',01.
Disons enfin que nous avons administré, avec grand succès, la glycérine, à l’intérieur (de 3 à 5 grammes dans un quart de verre de lait).
L’huile de foie de morue a été très utile dans quelques cas (scrofule, etc.) (Bohn). La fleur de soufre sublimé (1 à 4 grammes), dans une tasse de lait chaud le matin, est également utilement ordonnée.
La constipation opiniâtre se complique parfois de lésions du rectum et de l’anus (rectite, prolapsus, fissure). Cette dernière peut même être une cause de constipation (voir ces articles).
2° Constipation de la deuxième enfance. — Ici encore, très grande importance du régime et de l’hygiène : quant aux indications thérapeutiques, tout en les subordonnant au traitement de l’alimentation et de l’hygiène, ou y aura recours plus rapidement que chez le jeune enfant ; chez lui, en effet, il faut être sobre de purgatifs.
La constipation dans la deuxième enfance peut donner lieu à de véritables obstructions intestinales d’origine stercorale; elle explique en partie la fréquence à cet âge des appendicites, typhlites et pérityphlites. On voit dès lors toute l’importance qu’il y a à instituer un régime approprié.
En résumé, la constipation sera traitée avec soin, et on ne doit jamais faire intervenir les purgatifs et la médication interne qu’après avoir essayé l’hygiène alimentaire et générale : celle-ci constitue pour nous la chose principale, car la cause fréquente de cette constipation n’est autre que l’atonie de la tunique musculaire de l’intestin.
Potion purgative.
■2L Eau de fleurs d’oranger.
. Sirop de fleurs de pêcher-
Poudre de Jalap.
Glycérine.
ââ 30 grammes.
05',20 à 05'-,80 t3 grammes.
118 CONVULSIONS
Laxatif doux.
If, Huile de ricin. 6 grammes.
Sirop de gomme. 8 —
Eau de fleurs d’oranger. 2 —
Potions magnésiennes.
?£ Magnésie anglaise. 4 à 8 grammes.
Sirop de limons.. 20 à 30 —
Eau distillée. 100 à dSO —
A prendre en une fois à jeun,
?£ Magnésie anglaise. 5 à IS grammes.
Miel. 15 à 20 —
Eau de fleurs d’oranger... 2 —
Eau distillée. 30 à 60 —
Également en une fois, à jeun.
Ou bien ;
i;, Calomel. Oe^lO
Sucre pulvérisé... 1 gramme.
Un paquet de vingt en vingt minutes.
(Café purgatif.)
if, Follicules de séné.. 4 à 8 grammes.
‘ Café torréfié. 10 —
Eau bouillante. 120 —
A faire prendre dans une demi-tasse de lait sucré.
Contracture des extrémités. — (Voir Tétanie.)
Convulsions. — Sous ce nom et celui d’eclampsie, nous étudierons seulement les convulsions essentielles, c’est-à-dire celles qui ne relèvent ni de l’urémie ni d’une lésion de l’encéphale ; c’est la principale névrose des enfants en bas âge (Combt).
Avant de décrire le traitement, il nous semble intéressant de dire quelques mots sur le pronostic prochain et éloigné de cette affection. Au point de vue du pronostic
CONVULSION
immédiat, en se basant sur le caractère de l’attaque et des circonstances étiologiques, on doit craindre une issue fatale quand les convulsions se répètent coup sur coup, quand il existe du stertor, de la cyanose, un pouls petit, etc... Nous ajouterons même quand il y a enfin menace de spasme glottique et lorsque les coavulsions apparaissent au cours des maladies graves. Le pronostic éloigné est également intéressant à connaître. En effet, en dehors de la prédisposition idiopathique du jeune enfant aux convulsions, il faut bien dire quil y a une prédisposition innée. On retrouve souvent une tare héréditaire dans les ascendants, épilepsie, hystérie, alcoolisme, vésanie, etc. (Comby). Beaucoup de ces prédisposés meurent, et, s’il y en a qui guérissent complètement, il y en a d’autres, et en assez grand nombre, qui sont voués à l’épilepsie, à l’hystérie, et à l’aliénation mentale. Ceci est surtout vrai pour les convulsions de la deuxième enfance; quant au pronostic éloigné des convulsions des très jeunes enfants et du début des maladies aiguës, il est beaucoup moins’grave. Les convulsions semblent remplacer alors le délire des adultes (Blache). Exemple : Convulsion du début des fièvres éruptives, pneumonie.
En résumé, les causes des convulsions sont très nombreuses, malgré leur diversité. Comby les divise ainsi ; 1» convulsions idiopathiques; 2“ convulsions réflexes ; 3° convulsions toxiques. Et nous pouvons ajouter que dans la plupart des cas il faut en réserver le pronostic à cause de l’évolution ultérieure.
Le traitement comporte deux indications :
fo Traitement de l’attaque;
2» Traitement causal.
1° Traitement de l’accès. — Lorsqu’il est appelé auprès d’un enfant atteint de convulsions, le médecin devra, tout en cherchant les -causes de l’accès, corn-
CONVULSIONS
mencer à faire débarrasser l’enfant de ses vêtements.
Celui-ci sera placé dans un grand lit, la tête élevée. On lui donnera de l’air, en ventilant la chambre. On le fera surveiller afin d’éviter qu’il ne se blesse.
On peut, dès le début, lui donner un bain tiède avec des aspersions froides sur la tête (d’Espine et Picot) , ou bien on se contentera d’aspersions froides sur la face et la poitrine (Vogel) ; on provoque ainsi souvent des inspirations profondes qui diminuent le danger de la suffocation.
Il est bon de prescrire à ce moment un petit lavement purgatif, puis un lavement contenant de l’assa fœtida ou de la valériane. L’évacuation intestinale, indiquée lorsqu’il existe de la constipation, donne dans tous les cas de bons résultats.
Lorsque les attaques sont plus violentes ou résistent à ce traitement, on devra essayer d’autres moyens : Trousseau conseille la compression des carotides.
West a toujours préconisé le chloroforme en inhalations.
Ces inhalations seraient sans danger, elles diminueraient les crises et les éloigneraient. Nous pensons néanmoins qu’on ne doit y avoir recours que dans les cas graves (persistance des convulsions).
Le chloral a été également très prôné; beaucoup d’auteurs lui accordent une grande confiance; son action est moins passagère. Son emploi est cependant contre-indiqué lorsqu’il existe de la cyanose, du collapsus (Steiner), de l’asphyxie (Comby). Pendant les accès, il sera administré en lavements à la dose de OfeTjOS à 1 gramme, suivant l’âge.
La saignée ne répond qu’à certaines indications (urémie, encéphalite). Vogel la proscrit absolument.
Les bains froids ou tièdes sont excellents dans les convulsions des maladies fébriles.
Trousseau les avait employés dans ces cas au début
CONVULSIONS
delà scarlatine. Nous les avons employés avec succès pour les convulsions du début de la rougeole et de la pneumonie.
2» Après l’accès, on devra instituer une médication antispasmodique énergique ; oxyde de zinc; musc (081,10 à 081,20), jusquiame, valériane. A part le musc (Grisolle), on leur préférera les bromures et surtout le chloral. Vogel prescrit, après les accès, les dérivatifs tels que ; sinapismes, bains sinapisés, frictions énero-iques. Nous croyons qu’il faut être très modéré avec Tes révulsifs douloureux sous peine de provoquer une nouvelle crise.
Traitement de la cause. — Le médecin cherchera en même temps à combattre les causes.
On se rappelle qu’un grand nombre de convulsions coïncident avec des troubles gastro-intestinaux (constipation, etc.). On les combattra efficacement par des dérivations intestinales (purgatifs), s il n existe pas de diarrhée toutefois. Quelques auteurs (Vogel, d’Espine) leur préfèrent les vomitifs (ipéca, tartre stibié); nous nous contentons dans la majorité des cas d’agir sur l’intestin. Les vermifuges seront indiqués dans les cas d’helminthiase. Si on soupçonne Timpaludisme, on ordonnera avec succès le sulfafe de quinine en injections hypodermiques pour éviter des troubles gastriques; les convulsions de Turémie seront combattues par le régime lacté et les révulsions lombaires.
Enfin on consultera le terrain sur lequel ces phénomènes évoluent ; rachitisme, anémie. On leur opposera le traitement par le fer, l’huile de foie de morue, l’aérothérapie, etc. (West).
Assa fœtida..■.
Infusion de valériane ... 100 à ISO grammes.
Lavement à garder.
22 COQUELUCHE
Ou bien :
^ Musc. O»',30 à Of.OO
Jaune d’œuf. q. s.
Eau de tilleul. 120 grammes.
Pour un lavement.
:if, Teinture de castoréum. 4 grammes.
Sucre. 8 —
Eau de mélisse. 60 —
De cinq à dix gouttes d’heure en heure dans un peu d’eau sucrée.
Ghloral. 1 à 3 grammes.
Eau distillée.. 100 à 200 —
Lavement à garder.
(Potion.)
ÿ Hydrate de chloral. là 3 grammes.
Sirop de menthe. 15 à 25 —
Eau chloroformée.. 60 —
Eau distillée. 100 —
Une cuillerée à dessert d’heure en heure.
2£ Bromure de sodium. ) i
Chloral.la3 grammes.
Sirop de framboise.. 30 —
Eau distillée.. 120 —
De trois à cinq cuillerées par jour.
Coqueluche. — II est aujourd’hui généralement admis que la coqueluche est une affection parasitaire.
Appelatcheff croit avoir trouvé le microbe spécifique de cette maladie. D’ailleurs, la contagion et les épidémies de la coqueluche prouvent surabondamment sa nature infectieuse.
Le traitement de cette maladie comprendra donc plusieurs points :
1» Prophylaxie et hygiène générale, isolement des malades ;
2“ Traitement spécifique ; i\ reste à trouver, mais nous
COQUELUCHE
signalerons les principaux essais faits ces dernières années ;
3» Traitement symptomatique;
40 Complications;
5“ Convalescence.
10 Prophylaxie et Hygiène générale. — Tout coquelucheux doit être isolé immédiatement; on éloignera aussitôt les autres enfants. L’isolement sera prolongé et il serait prudent de le faire durer deux mois au moins.
Au point de vue de la contagion tardive, on ne devrait admettre les enfants dans les écoles qu’après la disparition complète des quintes pendant au moins quinze jours (Baginski, Comby, Blache).
Cadet de Gassicourt conseille d’éviter avec soin les refroidissements, à cause des complications pulmonaires qu’ils occasionnent. Dans les coqueluches bénignes, et pendant les saisons douces, nous ne croyons pas utile, comme Archambault, de faire garder d’une façon absolue la chambre, et surtout le lit, aux petits malades ; ces précautions ne semblent indiquées que lorsqu’il y a de la fièvre ou des complications. Dans ce cas, les enfants seront placés dans des chambres spacieuses, dont on renouvellera l’air assez souvent. Quand il fait beau, et à la campagne surtout, il est préférable de laisser les enfants sortir au grand air pourvu qu’ils soient chaudement vêtus (Baginski, Comby, Vogel, etc.). Nous les laissons absolument à la chambre pendant la saison froide.
Quant au régime, rien de particulier a signaler pendant que là coqueluche reste normale. Vogel conseille d’éviter les aliments secs, qui réveillent les quintes. Le lait, le bouillon, les œufs, formeront la base de l’alimentation, qui doit être reconstituante (voir plus loin Convalescence). . ,
2° Traitement proprement dit. — Il doit être envisage
COQTJBLTJCH]
à la période de début et à la deuxième période, et doit répondre à trois indications principales : 1“ chercher à combattre l’infection (traitement spécifique) ; 2» traiter le catarrhe bronchique; 3° soigner l’irritabilité du système nerveux (médication antispasmodique).
Pendant la première période ou,période de catarrhe, on se comportera comme si on avait à soigner une bronchite simple : boissons chaudes, révulsions thoraciques et vomitifs dans quelques cas (C. de Gassicouet, d’Espine et Picot).
A la deuxième période (quintes), il suffira, dans les cas simples et peu intenses, d’entourer l’enfant de certaines précautions signalées plus haut.
Pendant les quintes, on maintiendra la tête des enfants, on écartera les causes qui les occasionnent ;jeu, rire et exercices violents. On aura soin de les faire manger doucement et en silence.
Si le catarrhe est marqué, on donnera un ou deux vomitifs, sans les répéter coup sur coup, comme le préconisait Laënnec. En effet, ils amènent des spasmes, débilitent et sont contre-indiqués dès qu’il y a des coinplications pulmonaires, etc... Les vomitifs sont cependant utiles au début contre l’élément catarrhal. ’Y a-t-il un traitement spécifique? Nous n’en possédons pas encore, et, sans vouloir signaler ici tous les médicaments employés dans ce but, nous indiquerons cependant les essais importants qui ont été faits. D’une façon générale, la conception microbienne de la maladie a dirigé toutes ces recherches. Aussi, presque tous les antiseptiques ont-ils été tour à tour essayés. Les fumigations de soufre, d’eau de goudron, de thymol, n’ont pas donné de résultats.
Le traitement par le gaz d’éclairage, par les vapeurs sèches, a été essayé, mais sans grand succès. A l’intérieur, on a fait prendre de l’acide salycilique, de la résorcine.
COQUELUCHE
du phénate de soude, de l’essence de térébenthine, etc. MM. Burger et Paulet conseillent de maintenir les enfants dans une atmosphère imprégnée de vapeurs antiseptiques (thymol), etc., et d’administrer à l’intérieur du sirop de goudron, de l’acide phénique, de l’eucalyptol, etc.
Le professeur L. Somma dit aussi de commencer le traitement par les médicaments antiinfectieux, tout en combattant l’élément catarrhal et spasmodique; cet auteur conseille en outre les vapeurs de gaz d’éclairage. Le sulfate de quinine a été préconisé également (Lœwemberger, Gensen, Pervers). Le phénol iodé aurait donné d’axcellents résultats àRothe (Legroox).
L’antipyrine a été essayé (1 à 4 grammes par jour) ; Lœwemberger l’a employé très souvent et a signalé de nombreux succès ; ce médicament abrégerait la durée de la maladie. Pour terminer cette longue énumération, signalons enfin l’oxymel scillitique (Widowitz), le hromoforme (Concetti, Lgewenthal), les insufflations dans le nez d’acide benzoïque, d’acide borique et de sulfate de quinine.
Disons en terminant qu’aucun de ces médicaments n’est spécifique, et que les succès enregistrés par les auteurs ne permettent pas de se prononcer ni sur' leur valeur, ni sur la voie à suivre dans ce but.
Si nous ne possédons pas encore de médication spécifique, nous pouvons soulager les malades (C. de Gassicourt). Ici encore, la liste des narcotiques et des antispasmodiques est longue et indique que la tâche n’est pas toujours facile.
Répétons que la médication vomitive peut être employée (Os^SO à 1 gramme d’ipéca) ; on la répétera tous les huitoudix jours(GRANET) ; elle a surtout pour but de combattre l’élément catarrhal qui devient une cause de toux. On devra toujours agir avec prudence; quant à Vogel, il proscrit absolument les vomitifs.
COQUELUCHE
La médication antispasmodique est indiquée chaque fois que la fréquence des quintes donne heu à des accidents (vomissements, insomnie, etc.). ,
La belladone constitue pour nous le traitement ordi naire ; Cadet de Gassicourt en fait également le fond du traitement. Les doses fractionnées sont préférables aux doses massives et rapides de Trousseau.
D’Espine et Picot emploient parfois l’atropine (1/4 a 1/2 milligramme et jusqu’à 1 et 2 milligrammes).
L’opium a été donné à petites doses, mais nous nous méfions de son administration ici, quoiqu il soit très utile pour provoquer le sommeil.
Lorsque la belladone reste sans effets ou qu elle est mal supportée, on aura recours au bromure de potassium, au chloral; ces derniers médicaments calment parfois fort bien diminuent en outre les vomissements et permettent l’alimentation. On a signalé encore comnie ayant une action sédative ; les pulvérisations d’ether le long des pneumo-gastriques (Baginski), la pilocarpine en potion, le valérianate de caféine, l’extrait de cannabis, le droséra ou le grindelia en teinture (20 à 50 gouttes par jour) (Goùel) et le café peu sucré, qui semble calmer les vomissements (Blache). Rossbach a préconise les courants continus le long de la moelle.
■ Baginski a eu de bons résultats en donnant alternativement du tannate de quinine, du bromure, du chloral et de la morphine. Guéneau de Mussy préconisait les applications iodées pour combattre l’inflammation des ganglions bronchiques, qui étaient pour lui la cause de la toux spasmodique.
Dans certains cas très intenses, on a eu recours aux inhalations d’éther (G. de Gassicourt) ou de chloroforme (Churchill). On a même essayé de provoquer le ' vomissement avec l’index, pour diminuer et arrêter certains accès de longue durée. Quelques auteurs, adver-
COQUELUCHE
saires des narcotiques, ont préconisé les antispasmodiques métalliques végétaux pour combattre le caractère convulsif de la toux : oxyde de zinc (0o'’,20 à 1 gramme), acétate de plomb, nitrate d’argent, musc, castoréum, assa fœtida.
Quant aux cautérisations du pharynx avec le nitrate d’argent, outre qu’elles n’ont ni le pouvoir curateur qu’on leur a accordé, ni la propriété d’éviter les quintes, elles sont douloureuses et nuisibles.
Les badigeonnages à la cocaïne ont rendu des services à Labric, mais leur action est éphémère et leur application difficile.
En résumé, aucun de tous ces médicaments n’a une action efficace et constante, et, si les meilleurs parmi eux réussissent chez certains sujets, ils restent absolument inefficaces chez d’autres. Néanmoins, nous pensons qu’on ne doit pas prolonger leur administration; quelques-uns cependant, sont très utiles au paroxysme de l’affection. Il faudra, pour cela, souvent tâtonner et essayer successivement la belladone, les bromures, le chloral et même l’opium pour les accès trop violents, mais l’administration des calmants devra toujours être surveillée.
3“ Période de déclin et de convalescence. — Ici, on soumettra l’enfant à une alimentation reconstituante, on évitera avec soin toutes les causes qui occasionnent les accès. A ce moment on précipite la guérison en changeant l’enfant d’atmosphère et en l’envoyant à la campagne. Baginski et Vogel ne croient guère à l’efficacité du changement d’air, .même à cette période ; nous croyons, au contraire, que l’enfant n’a qu’à gagner à un séjour à la campagne.
Il persiste souvent delà bronchite assez longtemps; elle sera combattue par les sulfureux (Eaux-Bonnes), les balsamiques, l’arsenic, etc.
128 COQUELUCHE
Au moment delà convalescence on Prescrira en outre . des ferrugineux, l’huile de foie de morue, ! lodure de
potassium, le quinquina. tnuiours
40 Traitement DES complications. — On dévi a toujours penser à la broncho-pneumonie ; elle est frequente et Surs grave. Aussi doit-on éviter toute cause de refroidissement (G. de Gassicourt). Dès q’ielle ^ soupçonnée, on suspendra les vomitifs et on fera de la révulsion locale, etc. (voir Broncho-pneumonie) Les convulsions seront combattues par 1 antipyrine, es bains. Parfois les accès sont si violents quil Y ^ “i®® tendances aux syncopes, à l’asphyxie; dans ces , excitera la luette, on essayera de provoquer les vomis- Smènïïavecle diigtet de faire de 1. révulsion généra e.
Les bains d'air comprimé, la respiration,artiflcielle, rpndpnt alors des services.
Lorsque les vomissements se répètent trop souvent, la nuSn est compromise Outre le traitement calmant on sera obligé de nourrir l’enfant immédiatement anrès la auinte et même de recourir aux lavements
XStifs Ignalons enfin quelques complications qu on
pXvoir à traiter, telles que hernies, prolapsus du rectum, hémorrhagies nasales et circum-oculaires, ulcérations sublinguales, etc.
Potion calmante :
^Chloroforme... 2 grammes.
Glycérine........ „„
Sirop de gomme.
Eau de laurier cerise..... *
Une^cudlèreïdessert toutes les trois heures.
■if Sirop thébaïque. 1
de belladone. 1 ââ 20 grammes.
— de fleurs d’oranger .. |
d’éther. '
Quatre à cinq cuillerées à café par jour.