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ÉVENTRATION

L’éventration est la disparition partielle ou totale de la sangle musculo-apo névrotique de l’abdomen. Au niveau d’une éventration le péritoine se met en contact direct avec le tissu cellulaire sous-cutané ou du moins il n’en est séparé (pie par des plans fibreux très amincis.

Cette lésion doit être distinguée" des hernies dans lesquelles il y a simplement dilatation d’un orifice préexistant.

Dans l’éventration la masse intestinale et même d’autres viscères abdominaux tendent, à la moindre poussée, à pénétrer dans la brèche plus ou moins largement ouverte. Le mésentère subit alors une élongation et des tiraillements douloureux; aussi ces malades sont-elles incapables de tout effort et se fatiguent-elles avec une grande rapidité. Ce sont parfois de véritables infirmes.

Kien n’est plus facile à reconnaître qu'une éventration, qu’elle soit spontanée, déterminée par des grossesses antérieures, ou consécutive à une laparotomie. En palpant h' ventre à l’état de relâchement complet on peut ne pas la reconnaître tout d’abord, mais elle devient évidente, si l’on fait contracter l’abdomen. Il suffit pour cela de prier la patiente, placée dans le décubitus horizontal, de prendre la position assise sans s’aider des mains on des coudes. Dans ce mouvement on voit une saillie plus ou moins forte se dessiner sous la peau au niveau du point faible, et par la palpation on constate (pie les téguments se laissent imaginer dans la cavité abdominale sans offrir la moindre résistance.

Le siège le plus habituel de l’éventration spontanée est la ligne blanche ; les deux muscles grands droits de l’abdomen, normalement contigus par leur bord interne, s’écartent l’un de l’autre en même temps que le tissu fibreux qui les sépare disparaît comme par atrophie.

Dans le passage du décubitus horizontal à la position

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assise le ventre bridé par les droits forme une triple saillie. La saillie médiane est la pins accentuée, les saillies latérales sont plus ou moins apparentes suivant la résistance des plans musculo-aponévrotiques correspondants.

À un degré extrême, il semble y avoir atrophie totale de la paroi antéro-latérale de l'abdomen. Il faut palper les lianes pour sentir entre les dernières côtes et la crête iliaque une bandelette fibreuse qui est le dernier vestige de la sangle abdominale.

La grossesse peut créer l’éventration ou du moins la rendre évidente et l’aggraver, mais la distension de l’abdomen par l’utérus gravide n’est pas le seul facteur de sa production.

Il faut reconnaître qu’il y a des aponévroses abdominales de qualité plus ou moins bonne, les unes capables de « faire un long usage » et de supporter sans faiblir une poussée considérable; les autres rapidement forcées ou même annihilées. Néanmoins, on peut dire que l'éventration est d’autant plus commune et d’autant plus grave que l’utérus a eu un développement plus grand (grossesse gémellaire, hydramnios, gros œufs) et que cette distension s’est répétée plus fréquemment (multipares).

Les bossues y sont prédisposées en raison de l’exiguïté de leur cavité abdominale; l’utérus ne peut pas s’y développer, il se porte de bonne heure en antéversion cl il ne peut le faire qu’en forçant la paroi.

Si 1 a grossesse influe sur l’éventration, celle-ci à son tour retentit sur la grossesse ou plutôt sur l’utérus gravide. Ce dernier n’étant plus maintenu par la sangle abdominale, il bascule en avant; il peut même tomber au-devant du pubis, produisant le ventre en obusier ou en besace (voir Antéversion de l’utérus). Enfin l’accommodation dufœtusne s’y fait plus suivant les règles normales et il en résulte des p rése ntations v i ci eu ses .

Traitement. — On pourrait dans une large mesure prévenir l’éventration par une gymnastique bien comprise des

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muscles abdominaux exécutée avant la grossesse et poursuivie jusqu’au quatrième ou cinquième mois de celle-ci. A défaut de cette méthode rationnelle, mais rarement employée, on doit se contenter du procédé habituel: maintenir le ventre par une ceinture en tissu élastique et résistant, moulée sur l’abdomen et rendue indéformable par des baleines. Cette ceinture prend point d’appui sur la région lombaire et sur les crêtes iliaques, elle s’oppose à l’antéversion de l’utérus et seconde la paroi dans son rôle de soutien.

Au moment de l’accouchement, s'il existe une éventration considérable, l’effort est impossible, il y a alors souvent intérêt à abréger la période d’expulsion par l’extraction artificielle du fœtus.

Dans le cas d’éventration légère ou moyenne, on peut se contenter de renforcer la paroi par un bandage approprié que l’on impro\ ise avec une ceinture de flanelle, des plaques de carton et du coton. En outre, à chaque effort de la parturiente. on applique ou l’on fait appliquer une main à plat sur le point faible de la paroi. Si ces précautions paraissent insuffisantes et si la femme se fatigue sans résultat, on termine l'accouchement comme précédemment.

L’éventration post-opératoire est justiciable d’un traitement chirurgical qui sort du cadre de notre ouvrage.

Après l’accouchement , il est absolument inutile de serrer énergiquement l’abdomen, comme certaines patientes le réclament instamment. Néanmoins il n’y a aucun inconvénient à leur accorder en partie cette satisfaction à la condition de serrer modérément le bandage.

Il est plus important de surveiller l’évolution de l’éventration. Elle peut guérir progressivement une fois la cause de distension disparue. Là encore une gymnastique abdominale méthodique et le massage peuvent donner d’excellents résultats pour hâter et consolider la guérison. Elle peut enfin persister et nécessiter le port permanent d’une ceinture abdominale ou d’un corset rationnellement établi.

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EVISCERATION

Le but de l’éviscération est de vider les cavités abdominale ou thoracique du fœtus des organes qui y sont contenus. Pour la pratiquer, il suffît d’avoir à sa disposition un instrument coupant quelconque, ciseaux, bistouri ; un simple couteau suffirait à la rigueur, mais les ciseaux de Dubois sont l’instrument le plus commode.

Cette intervention est indiquée soit pour faire disparaître l’obstacle créé par le développement excessif de l’abdomen ou du thorax du fœtus (voir Fœtus), soit pour réduire le volume normal de ces cavités et favoriser l’extraction du fœtus au cours de l’embryotomie rachidienne.

La parturiente est placée en position obstétricale sur le bord de son lit ou de préférence sur le bord d’une table. La vessie est vidée, les organes génitaux, vulve et vagin, sont savonnés et lavés. La main gauche antiseptisée est introduite avec douceur dans le canal vaginal, puis dans l’utérus, elle prend contact avec la région fœtale la plus abordable, région sur laquelle doit porter la section. L’instrument, tenu de la main droite, est glissé avec précaution le long de la main gauche qui le guide en même temps qu’elle protège les tissus maternels. Arrivé au contact de l’abdomen fœtal, il attaque la paroi qu’il sectionne prudemment pour éviter des échappées. Lorsque l’ouverture est suffisante pour l’introduction de trois ou quatre doigts, l’instrument est enlevé. La main droite rendue libre est alors appliquée sur le fond utérin pour le maintenir, puis les doigts de la main gauche pénètrent dans la cavité abdominale du fœtus, saisissent et arrachent les différents organes qui y sont contenus. Ceux-ci sont alors entraînés au dehors, l’opération est terminée lorsque l’abdomen et le thorax sont vidés de leur contenu.

Après l’extraction d’un fœtus qui a été « éviscéré » il faut toujours pratiquer une injection intra-utérine au moyen

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d’n ii liquide antiseptique non caustique et ensuite un examen de toute la surface interne de l’utérus.

Les différentes variétés de dystocie fœtale qui nécessitent l’éviscération entraînent en elfet fréquemment des ruptures utérines.

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