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TH H R A PEU TIQUE OBSTETRICALE

différentes variétés de gastro-entérites des nourrissons. Nous nous bornons à passer rapidement en revue les troubles digestifs qui se présentent le plus fréquemment dans la pratique journalière, cet exposé ayant pour but de fournir une base à la thérapeutique.

11 est capital de faire ressortir immédiatement;

1° Que chez les enfants nourris au sein ces troubles sont infiniment moins fréquents, moins durables et moins graves que chez les nourrissons élevés au biberon exclusivement.

2° Oue l’adjonction au biberon d’un certain nombre de tétées au sein (allaitement mixte) atténue dans une large proportion les inconvénients du lait de vache.

3° Que le fait pour un nourrisson d’être nourri par sa mère, ne fût-ce que pendant un mois, le place déjà dans des conditions de résistance bien meilleures que celles où se trouve l’enfant mis d’emblée au lait de vache.

L’augmentation de la résistance est sensiblement proportionnelle à la durée de l’allaitement préalable au sein.

i° Enfin, que la cause efficiente des gastro-entérites des nourrissons est le lait altéré par les fermentations microbiennes. La stérilisation faite postérieurement à ces fermentations n'enlève pas au lait ses propriétés nocives.

Nous allons exposer d’une façon peut-être un peu schématique et par conséquent critiquable, en deux chapitres distincts, les troubles digestifs : a) chez les nourrissons élevés au sein ; b) chez les enfants nourris au biberon.

A. — Enfants élevés au sein.

Il est fréquent d’observer au début de l’allaitement et même de l’allaitement maternel de légers troubles gastrointestinaux consistant en régurgitations, hoquets, rejets alimentaires plus ou moins abondants de lait finement caille. Les fèces d’abord constituées par du méconium pur deviennent d’un brun de plus en plus clair, elles finissent par

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acquérir une coloration qui normalement est jaune bouton d’or, mais qui souvent est verdâtre, franchement verte ou encore panachée de jaune et de vert ; on y trouve également des grumeaux blancs constitués surtout par de la graisse et de la caséine, très modifiées par l’action des sucs digestifs.

Parfois ces selles sont accompagnées de gaz abondants qui leur donnent un aspect mousseux. Le ventre est alors ballonné et l’enfant crie avec rage et persistance, l’entourage dit qu’il a des coliques, interprétation qui n’est pas invraisemblable dans ce cas, bien que ce soit, l’explication trop commode de tous les cris du nouveau-né.

Ces différents troubles sont communs au début de l’allaitement, surtout chez les enfants de primipares ou encore chez ceux qui ont une nourrice Ayant un lait déjà vieux. On les voit souvent disparaître spontanément, mais parfois au contraire ils s’aggravent : les selles deviennent liquides, très fréquentes, parfois glaireuses, l’érythème fessier apparaît et l’enfant cesse de progresser ou perd du poids.

Bien que la question soit encore à l’étude, ces accidents sont considérés comme étant dus pour une part à la nature de la flore intestinale, qui s’est développée dans les premières heures de l’existence. Ils sont assez fréquents chez les enfants issus d’un œuf prématurément ouvert et infecté; ayant dégluti un liquide amniotique septique ils ont ensemencé leur tube digestif de parasites anormaux ou même pathogènes. Mais il y a aussi un autre facteur qui intervient, c’est la qualité du lait fourni par la mère ou la nourrice. Certaines femmes ont un lait notoirement indigeste pour leur nourrisson ; c’est là un fait qui, pour être exceptionnel, n’en est pas moins parfaitement établi. L’analyse chimique du lait ne donne pas toujours l’explication de ce phénomène.

Il existe une cause assez fréquente de troubles pour le nourrisson élevé au sein, c’est l’absorption par la nourrice de certains aliments et notamment de boissons alcoolisées en

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quantité immodérée. Il est bon de rechercher discrètement cette cause quand on est en présence d’un nourrisson qui digère mal. L’usage immodéré de la bière est assez fréquent, cette boisson est considérée à tort comme anodine d’une part et d’autre part comme presque obligatoire pour une nourrice.

Lorsque l’allaitement au sein est régulièrement pourk suivi, le plus souvent soit spontanément, soit à la suite du traitement tout rentre dans l'ordre. Plus tardivement on peut voir apparaître des vomissements, vomissements immédiats ou vomissements tardifs survenant une heure et plus après le repas. Les premiers étaient considérés il n’y a pas encore bien longtemps comme synonymes de suralimentation. Yariot a montré que cette conception était parfois erronée. Très fréquemment les vomissements oui pour cause une alimentation insuffisante; pour être renseigné à ce sujet, il n’y a qu’à étudier la courbe de poids et à la comparer à la taille de l’enfant. Celui qui est insuffisamment nourri, hypotrophique, est un enfant maigre, mais long, sou accroissement statural est exagéré par rapport à son poids.

Les vomissements tardifs sont dus habituellement à un certain degré de sténose pylorique réflexe par acidité excessive du contenu stomacal; ils s’accompagnent souvent de salivation exagérée, ces enfants bavent beaucoup avant de vomir. Si on leur fait un lavage d’estomac quatre heures et plus après une tétée, on y trouve encore des caillots de lait, leur estomac se vide mal ou incomplètement. En résumé : perturbations gastro-intestinales, généralement peu graves, au début de l’allaitement, puis vomissements soit dès le début, soit à un âge plus avancé, constipation, tels sont les troubles qu’on peut observer chez les enfants nourris au sein. Ils sont habituellement bénins et facilement curables.

Traitement. — La mise en marche de l’allaitement maternel est celui qui comporte le minimum de précau-

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tions : l’aliment est presque toujours approprié au tube digestif qui va le recevoir, aussi la prophylaxie des troubles que nous avons indiqués plus haut est-elle en général des plus aisées. 11 suffit de se garder d’un double écueil : d’une part la surveillance exagérée des tétées, d’autre part la suralimentation ; peut-être le premier a-t-il plus d’inconvénients que le second, car le nourrisson a toujours pour se défendre de ce dernier le vomissement qui l’exonère de son trop-plein, tandis qu’il est sans défense contre les abus du rationnement. Nous ne voulons pas dire que la balance doit être laissée de côté, nous tenons seulement à mettre en garde contre ce qu’on nous permettra d’appeler l'élevage au compte-goutte. Les pesées sont excellentes quand il s’agit de contrôler la progression du nourrisson ; appliqués au dosage de la nourriture et entre des mains timorées, elles deviennent une source d’abus de régime.

La règle la plus importante à observer est de ne pas donner le sein plus souvent que toutes les deux heures et demie à un enfant de poids normal, l’expérience montre qu’il y a inconvénient à diminuer cet intervalle. Il n’y en a aucun à l’augmenter quand l’enfant dort ou ne paraît pas affamé.

La prudence devient indispensable, par contre, lorsque l’enfant est allaité par une nourrice mercenaire, surtout dans le cas où cette nourrice a, conformément à la loi Roussel, un lait de sept mois au moins. Ici peuvent apparaître les inconvénients de la suralimentation et il est sage de se servir plus largement de la balance, au moins jusqu’à ce que les digestions paraissent en équilibre normal.

Si les troubles gastro-intestinaux, que nous avons signalés, apparaissent dans les premiers jours ou les premières semaines de l'allaitement, deux procédés s’offrent à nous pour y remédier. L’un est la diète hydrique absolue, qu’il est rarement nécessaire de prolonger plus de 24 heures, ou la diète mitigée obtenue en alternant eau et tétées ; l’eau bouillie non sucrée ou à peine sucrée peut être remplacée

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par une décoction de riz ou d’orge. L’autre consiste à essayer de modifier le microbisme intestinal à l’aide de ferments lactiques introduits par la bouche : le kélir, le yohourt, le bouillon lactique ou mieux et plus simplement le fromage Gervais frais, dit petit suisse, peuvent être utilisés.

La quantité à employer est minime, il n’est pas question ici de remplacer une tétée entière par une prise équivalente de lait caillé. Il suffit habituellement de prescrire une ou deux cuillerées à café par 24 heures de petit suisse bien frais données au début d’une tétée délayé dans un peu de lait tiré du sein. Si les troubles intestinaux sont plus intenses, on peut en donner une cuillerée à café au début de chaque tétée. Cette thérapeutique est cessée progressivement dès que les digestions redeviennent normales. Elle est contre-indiquée s’il existe des vomissements très acides.

Le traitement des vomissements doit commencer par la correction de l’erreur de régime qui les a provoqués. S’il y a suralimentation, il suffit de restreindre légèrement la durée de la tétée, il faut éviter d’espacer les repas, car fenfant plus affamé a tendance à se gaver encore plus. En cas d’hypoalimentation, il suffit souvent de rendre à l’enfant la quantité de lait qu’il doit normalement absorber pour faire disparaître les vomissements.

Les vomissements, qui se produisent longtemps après la tétée, cèdent généralement à l’emploi des alcalins :

Bicarbonate de soude.

Eau bouillie . . .

5 g ram mes 100 " —

une cuillerée à café à la fin du repas.

Le citrate de soude aurait une action particulièrement heureuse; il faut prescrire une cuillerée h café avant chaque tétée de la solution suivante :

Citrate de soude 3 grammes

Eau bouillie 150

La persistance des vomissements, malgré l’emploi de la médication précédente, réclame un lavage de l’estomac.

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La constipation du nourrisson doit être combattue par des moyens anodins en rapport avec son peu de gravité habituelle. On conseillera des petits lavements de décoction de guimauve, d’eau bouillie additionnée de miel, qui seront donnés avec une poire en caoutchouc de 50 à 60 grammes de capacité, munie d’une canule en caoutchouc souple. Onpeut employer également des suppositoires au beurre de cacao et plus simplement encore l’introduction temporaire dans l’anus d’une petite canule de caoutchouc, préalablement huilée ou vaselinée, (pii par sa présence éveille le péristaltisme intestinal. Il faut éviter de recourir aux purgatifs et se méfier des spécialités pharmaceutiques qui cachent sous un nom anodin une activité trop réelle. La pauvreté des résidus intestinaux est une cause fréquente de constipation chez l’enfant qui tête un sein à sécrétion insuffisante, il suffit de compléter les tétées avec du lait de vache pour rétablir la régularité des selles.

Les lavages intestinaux non systématiques rendent service quand il y a une stase stercorale nette avec mauvaise odeur des fèces, mais il ne faut jamais les employer d une façon constante et régulière: c’est un procédé de nécessité et non de choix.

B. — Enfants nourris au biberon.

Tous les troubles, dont nous avons ébauché une description forcément succincte et schématique dans le chapitre précédent, peuvent être observés chez les enfants nourris au biberon. Mais chez ceux-ci ils sont à la fois plus fréquents, plus tenaces, plus graves et aboutissent facilement soit à l’athrepsie, soit au rachitisme suivant l’âge des enfants.

Ces troubles sont soit des troubles dyspeptiques simples, c’est-à-dire purement fonctionnels ou du moins accompapagnés de lésions très minimes, soit des accidents inflammatoires par infection du tube digestif.

bien n’est plus fréquent que de voir la dyspepsie pré-

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parer les voies à l'infection ou lui survivre et il est souvent bien difficile de faire la part exacte de la dyspepsie et de l’infection dans la perturbation observée. Il nous est impossible, nous l’avons dit, de tracer dans les limites réduites de cet ouvrage un tableau complet des diverses formes de dyspepsie infantile et de gastro-entérite, nous nous bornerons à indiquer sommairement quelques points de repère capables de servir de guide à la thérapeutique.

La dyspepsie gastro-intestinale est caractérisée par Y absence de fièvre, les régurgitations, les éructations, les vomissements plus ou moins tardifs, la fadeur de l’haleine, la blancheur de la langue, l’absence ou l’irrégularité de l’appétit, l'état stationnaire ou la chute de la courbe de poids. Du côté de l’intestin on observe de la constipation ou au contraire des selles trop molles, trop fréquentes, parfois fétides, décolorées ou verdâtres, le ventre est souvent ballonné, l’intestin allongé et inerte produit le gros ventre flasque, souvent le foie est un peu augmenté de volume. L’érythème fessier est fréquent.

La gastro-entérite se distingue de la dyspepsie par l’existence de la fièvre, elle peut être aiguë, subaiguë ou chro nique. Cliniquement elle revêt trois aspects :

1° Le choléra infantile ;

2° La gastro-entérite commune ou catarrhe gastro- intestinal ;

3° La gastro-entérite dysentériforme ou folliculaire.

Ln point mérite d’être immédiatement mis en relief, c'est que les gastro-entérites sont remarquablement fréquentes pendant les mois chauds, rares au contraire en hiver. Elles sont la cause principale de la mortalité infantile et elles sont dues aux altérations microbiennes du lait.

Le choléra infantile est la forme la plus sévère ; en quelques heures les petits malades succombent dans le collapsus algide avec des vomissements, des selles séreuses presque continuelles, entraînant un amaigrissement suraigu par déshydratation.

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