‹ Clinique et thérapeutique obstétricales du praticienChapitre 134 sur 268 · GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

GÉNÉRAL

Chaque fois que l’état général aura été affaibli par une forte hémorragie, il est nécessaire de maintenir la femme dans la position déclive (enlever par conséquent oreiller et traversin), de l’entourer de linges chauds et de houles d’eau chaude, de lui éviter tout mouvement, de lui faire boire a la cuiller des boissons alcoolisées chaudes (grogs, punch), enfin de lui injecter dans le tissu cellulaire sous-cutané de 5U0 à 1 000 grammes de sérum artificiel (eau 1.000 grammes, chlorure de sodium S grammes).

S'il v a des tendances svncopales, on luttera contre elles par des injections hypodermiques d’éther, d’huile camphrée et de caféine, et par des inhalations d’oxygène.

HÉMORRAGIE RÉTRO PLACENTAIRE

L’hémorragie rétro-placentaire se produit soit pendant la grossesse, habituellement dans le courant du dernier mois, soit pendant le travail. Ses conséquences sont parfois tellement graves qu’elle peut entraîner la mort de la femme dans l’espace de quelques heures, elle détermine alors une sorte de shock qui n’est pas en rapport avec la quantité de sang perdu. Nous n’étudierons que celle \ariélé. car elle est la seule qui présente un intérêt pratique : savoir la reconnaître à temps et savoir lui appliquer rapidement la thérapeutique convenable pourra dans bien des cas sauver la femme chez laquelle survient cel accident.

RURAUX

THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE

Pendant la grossesse il s’agit presque toujours d’une albuminurique ; elle éprouve brusquement une douleur vive dans l'abdomen au niveau de l'utérus, douleur qui s’accompagne d’agitation, d’inquiétude, d’un malaise général pou-

vant aller jusqu’à la tendance syncopale et même jusqu’à la syncope vraie.

Le faciès est angoissé et pâle, les yeux sont rapidement excavés, le pouls est fréquent, petit, quelquefois filiforme. Des vomissements accompagnent parfois - ce tableau classique de l hémorragie interne ; en effet, si l’on découvre les organes génitaux, on ne constate souvent aucun écoulement sanguin, celui-ci peut cependant exister (hémorragie mixte), le sang accumulé entre le placenta et l’utérus décolle en effet les membranes et se fraye un chemin jusqu’à l’orifice interne du col. Cette hémorragie externe est rarement très abondante et ce n’est pas elle qui domine la scène.

Palpons l’utérus, qui a pu augmenter assez rapidement de volume, il est dur, contracturé, tendu, comme tétanisé; sa consistance est ligneuse, suivant l’expression de Pinard ; aussi le palper ne donne-t-il aucun renseignement sur son contenu.

L’auscultation est négative, car dans la forme grave, que nous avons choisie comme exemple, le fœtus meurt en même temps que le placenta se décolle.

Parle toucher nous recueillerons du côté du segment inférieur des impressions analogues à celles que nous avait révélées le palper : tension et dureté ; parfois même le muscle utérin donne au doigt la sensation d’un tissu infiltré. Le col est également modifié, il est empâté ; souvent entr’ouvert, on arrive sur les membranes intactes qui sont constam m en t tend i les .

Les différents signes, que nous venons de signaler du côté du col et du segment inférieur, ont non seulement de l’importance au point de vue du diagnostic, mais encore une valeur considérable au point de vue du choix de l’intervention elle-même. Les hémorragies les plus graves sont très rare-

THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE

ment supérieures à un litre ; cel te quantité est souvent dépassée en obstétrique sans qu’on observe des symptômes ayant un tel retentissement sur l’état général, surtout si elles surviennent pour la première fois. Nous n’envisagerons bien entendu que les hémorragies rétro-placentaires s’accompagnant du tableau clinique que nous avons tracé. Nombreux sont les cas où cette variété d’hémorragie ne détermine aucun trouble apparent, le diagnostic n’est posé que rétrospectivement par la constatation d’une cupule sur le placenta et par l’expulsion d’un caillot plus ou moins volumineux au cours de la délivrance.

Quant au pronostic fœtal, il doit 'être considéré comme presque toujours mortel (95 p. 100), aussi en pratique ne faut-il jamais faire entrer le fœtus en ligne de compte dans la conduite à suivre, la vie de la mère seule doit nous guider.

Le salut de la malade réclame l’évacuation rapide de l’utérus, or les modifications anatomiques du col et du segment inférieur peuvent mettre un obstacle à la terminaison de l’accouchement par les voies naturelles et même constituer un nouveau danger, l’application d’un ballon étant susceptible de déterminer une rupture utérine. En présence de tels symptômes locaux accompagnant un état général grave, c’est à la voie haute qu’il faut s’adresser, si l’on veut sauver la femme.

Pendant le travail, le tableau clinique est le même, mais la brusquerie du début ne semble pas aussi éclatante, elle se dégage moins bien des douleurs de l'accouchement, surtout si le décollement placentaire, cause de l’hémorragie, est déterminé par la brièveté naturelle ou accidentelle du cordon. La thérapeutique est souvent simplifiée dans ('es circonstances ; le travail ayant déjà déterminé un commencement de dilatation, on atteint plus facilement et plus rapidement le but cherché, c’est-à-dire l’évacuation de l'utérus.

D’une façon générale, le pronostic maternel doit toujours être réservé dans l’hémorragie rétro-placentaire, la mort

peut survenir très rapidement ; elle paraît due beaucoup plus à un état de shock qu’à l’hémorragie. Différents cas se présentent en clinique.

Traitement. — /. Etat general bon , ponts normal. — Mettez la femme au repos, surveillez-la attentivement, prenez le pouls matin et soir et attendez le début spon tané du travail . Il est prudent d’avoir à sa disposition, eu plus des médicaments habituels que réclame tout accouchement, 500 à

1.000 grammes de sérum artificiel stérilisé, de l'éther et de la caféine pour injections hypodermiques.

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