THÉRAPEUTIQUE O B STET H I C A L E
de 1res bonne heure, quelques-unes dès le second jour après r accouchement. La statistique d’Alvensleben(Kiel) porte sur 100 femmes, parmi lesquelles 3 se sont levées le premier jour après l’accouchement, 61 le second jour, 19 le troisième, 18 le quatrième. Sur 300 accouchées de Meyer (Marbourg), 3 se sont levées le troisième jour, 40 le quatrième, 137 le cinquième jour, 84 le sixième, 35 le septième jour. Kronig donne une proportion analogue : 41 p. 100 des femmes se seraient levées le troisième jour, 63 p. 100 le cinquième.
Lever précoce ne signifie pas marche précoce ni surtout reprise prématurée par la femme de son travail habituel. Les premiers jours on se contente de faire asseoir dans un fauteuil, une heure ou deux matin et soir, la femme sanglée dans un bandage abdominal. Lorsque la femme se sent suffisamment forte, elle commence à marcher dans la chambre, en augmentant chaque jour la station debout. Le port d’un bandage abdominal est indispensable dans le lever précoce si l’on ne veut pas s’exposer aux risques d’une éventration ultérieure avec toutes ses conséquences. Naturellement le lever précoce ne dispense d’aucun des soins antiseptiques nécessaires aux femmes récemment accouchées. De même il faut prendre matin et soir la température et le pouls, plus fidèlement encore que si la femme gardait le lit, car tout mouvement fébrile est une contre-indication absolue du lever.
Les partisans du lever précoce chez les accouchées lui reconnaissent de nombreux avantages. 11 exercerait en premier lieu une influence salutaire sur l'intestin et la vessie. Chez les femmes qui se sont levées de bonne heure les fonctions digestives s’accomplissent mieux que chez les femmes alitées, l’appétit revient plus vite, la constipation, les troubles digestifs y sont beaucoup plus rares; la rétention d’urine est exceptionnelle, aucune des femmes que Martin (de Berlin) a laissé se lever peu après l’accouchement n’eut besoin d’être sondée. Ces avantages sont indéniables; nous voyons chaque jour l’appétit, jusque-là languissant, renaître chez certaines
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
accouchées dès qu’elles se lèvent, la constipation disparaître cl les selles se produire spontanément et plus régulièrement. Chez certaines ou il avait fallu recourir au cathétérisme vésical apres I accouchement, on voit larétention d’urine cesser comme par enchantement dès qu’on permet à la femme de s’asseoir dans son lit.
Meme remarque favorable en ce qui concerne la sécrétion lactee, celle-ci serait plus abondante chez les femmes (pii se lèvent de bonne heure après raccouchement. Ce fait est conforme à l’observation courante; on voit souvent des tenmies, dont la lactation est restée faible pendant leur séjour au lit, fournir une quantité de lait plus considérable et devenir excellentes nourrices à partir du moment où elles commencent à marcher et à sortir.
Enfin les femmes (pii se lèvent de bonne heure ne présentent (ju’exceptionnellemcnt les syncopes, les vertiges, les raideurs articulaires, le défaut de souplesse et de force musculaires (pi on observe si souvent chez la femme demeurée longtemps au lit au moment où elle met pied à terre. Chez elles l’équilibre circulatoire n’a pas été troublé parla posilion horizontale longtemps conservée, leur vigueur musculaire est intacte; aussi sont-elles beaucoup plus tôt rétablies.
Les adversaires du lever précoce l’ont accusé d’être l’origine de toute une série de complications plus ou moins graves : hémorragies, métrite, salpi'ngo-ovarite, rétroversion de l’utérus, prolapsus génital, éventration, ptoses viscérales diverses. Ces accidents seraient dus à trois causes principales favorisées par le lever précoce: l’infection, la régression utérine incomplète, le défaut de tonicité de laparoi abdominale. Il est incontestable (tue chez les femmes qui se lèvent peu après leurs couches les complications utéro-annexielles sont fréquentes, mais tiennent-elles réellement au lever précoce et ne sont-elles pas plutôt la conséquence du défaut desoins chez la femme qui cesse de prendre aucune précaution du jour où elle quitte son lit et qui se trouve alors exposée à des contaminations de tonte nature.
ÎHÉBAPEÜTiQtJË OBSTETRICALE
Le lever précoce ne semble pas avoir d’action défavorable sur l’involution de l’utérus, celle-ci serait aussi rapide que chez la femme qui est restée longtemps au lit. Les promoteurs du lever précoce prétendent même que, loin d’entraver la régression de l’utérus, la station debout la favori se en provoquant des contractions utérines et abdominales et des changements de position des organes qui réalisent un véritable massage de l’utérus, et en facilitant le drainage de cet organe qui s’effectue alors naturellement en vertu de la direction du conduit utéro-vaginal et de la pesanteur. L’ulérus reprendrait plus rapidement son volume normal et les lochies, d’abord plus abondantes, ce qui s’explique parleurécoulement plus facile au dehors dans la station debout, ne tarderaient pas à diminuer notablement et seraient taries plus tôt. Il est certain que la posit ionassiseet la' 'station debout favori sent l’écoulement des liquides hors de l’utérus ; dans certains cas de rétention des lochies, il suffit de faire asseoir la femme pour obtenir leur évacuation au dehors ; cependant, lorsque l’utérus est volumineux et mou, le lever hâtif est mauvais, car la position verticale peut déterminer une àntéflexion forcée de l’utérus se terminant par une coudure brusque au niveau de son segment inférieur, d’où obstacle à l’écoulement des lochies.
Les déplacements de l’utérus, rétroversion, rétroflexionet surtout prolapsus, les ptoses viscérales diverses sont souvent attribués au lever trop prompt de la femme après son accouchement par suite d’une régression utérine encore imparfaite, du défaut de tonicité de la paroi abdominale et du plancher pelvien. A l’appui de cette opinion on cite ce fait incontestable (pie les prolapsus génitaux sont beaucoup plus fréquents chez les paysannes qui se lèvent peu de temps après leur accouchement que chez les femmes du monde qui demeurent longtemps an lit, maison peut se demander si, chez les premières, la reprise hâtive dès occupations et les travaux pénibles, auxquels elles se livrent et qui exigent souvent un effort musculaire considérable, n’est pas plus coupable que le lever précoce.