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R UD AUX

THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE

Il laui reconnaître aussi que la situation des accouchées n’est pas du tout comparable à celle des opérées au point de vue du lever précoce. L’appareil génital, les parois abdominale et pelvienne présentent chez les accouchées une laxité du lissu musculaire qui n’existe pas chez les opérées. Or, s’il est possible de suppléer par un bandage approprié à la faiblesse de la sangle musculo-aponévrotique de l’abdomen jusqu’à ce qu’elle ait repris sa tonicité, on ne peut remédier par le même moyen au relâchement du périnée et du plancher pelvien et l’on sait le rôle prédominant (pie leur affaiblissement joue dans la production du prolapsus génital.

En France le lever précoce des accouchées a été accueilli avec réserve. Ribemont-Dessaignes et Lepage font observer (pie les quelques avantages qu’il peut offrir ne sont pas en rapport avec les accidents graves qu’il peut provoquer. C’est qu’en effet le lever des accouchées ne doit être ni hâtif , ni tardif \ mais tempestif, dépendant d’une foule de conditions < pi i en font varier la date suivant les circonstances (“I dont les principales sont : la manière dont s’esl effectué l’accouchement, la marche des suites de couches, l’état de santé générale de la femme et par-dessus tout le degré de l’involution de l’utérus. Ce n’est (pie lorsque l’utérus est redevenu organe pelvien, c’est-à-dire lorsque son fond ne dépasse pas la symphyse pubienne que la femme sera autorisée à se lever, c’est-à-dire en moyenne du dixhuitième au vingtième jour. Lorsque la régression utérine est rapide, que l’accouchement a été facile, sans dégâts du côté du vagin el du périnée, que les suites de couches sont parfaites et qu’on a affaire à un sujet vigoureux, on peut devancer cette date et permettre le lever vers le quinzième jour. Vu contraire, si l’accouchement a été laborieux, s’accompagnant d'une déchirure périnéale étendue ou périnéovag inale, si la régression utérine est lente, s’il persiste un écoulement sanguin et notable, des lochies abondantes ou de mauvais aspect, s’il y a lieu de redouter une infection latente, une phlébite, des complications annexielles ou péri-

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utérines, on prolongera le séjour au lit de l’accouchée le temps nécessaire pour éviter toute crainte de complication. De même encore dans le cas où l'utérus a été distendu par une grossesse gémellaire, de l’hydramnios, des grossesses répétées et rapprochées, dans le cas de varices volumineuses , etc.

Dans le but d’abréger le séjour au lit. il est bon de préparer la femme au lever en lui permettant graduellement de se tourner, puis de s’asseoir dans son lit, de faire des mouvements de flexion et d’extension des membres inférieurs. Bouchaconrt fait remarquer (pie dans les maternités les femmes adoptent de bonne heure, sans autorisation du Chef de service, la position assise au moment des tétées et des repas sans qu’il semble en résulter pour elles aucun inconvénient. Il pense que «la station assise dans le lit avec occupation manuelle doit être autorisée et même conseillée dès la fin de la première semaine.

Il faut, tenir grand compte pour fixer le moment du lever de l’état social de la femme ; la campagnarde vigoureusement musclée supporte mieux le travail de l’accouchement que la femme du monde; chez elle les muscles reprennent plus vite leur tonicité normale, l’involution utérine est plus rapide, aussi peut-elle sans inconvénient se lever plus tôt que cette dernière. En pratique, du reste, il est bien difficile de retenir au lit une paysanne ou une femme du peuple au delà d’une dizaine de jours, encore beaucoup d’entre elles abrègent-elles ce temps de repos et sont-elles debout avant la fin de la première semaine qui suit l'accouchement.

De toute façon, lorsque la femme se sera levée peu après son accouchement, elle devra éviter les travaux fatigants, ceux qui demandent une grande dépense de force musculaire, la station debout prolongée, c’est malheureusement trop souvent le cas de la femme du peuple qui reprend toutes ses occupations ménagères. S’il persiste un écoulement utéro-vaginal, on recommandera à la femme de se garnir, de continuer les soins hygiéniques et antiseptiques

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qui lui ont été donnés après son accouchement et, si possible, on continuera à lui l'aire prendre sa température matin et soir pendant plusieurs jours, car, ainsi que nous l’avons déjà dit, toute élévation de température est une contre-indication au lever et la femme doit reprendre aussitôt le lit. Dans les premiers temps qui suivront le lever, il est bon ég alcment de protéger la paroi abdominale contre tout effort à l'aide d’une sangle solide constituée par une ceinture ou improvisée à l'aide d'un bandage de flanelle ou d’une serviette.

Moyennant cette surveillance attentive et ces précautions, il est souvent possible, lorsque la femme est accouchée dans de bonnes conditions, d'abréger pour elle le temps habi tuel du séjour au lit.

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