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Signes d’un accouchement récent

Une question médico-légale, qu’on peut avoir à résoudre, est de rechercher si une femme est récemment accouchée. De nombreuses circonstances peuvent rendre cette recherche nécessaire.

Reconnaître les traces d’un accouchement récent chez

T H É H A PE U TIOU E OBST ET R I C à LE

une femme, qui a intérêt à le dissimuler , inculpation d’infanticide, avortement, suppression de part, etc., ou au contraire à le simuler , supposition d'enfant, n’est pas toujours facile. Les difficultés sont d’autant plus grandes que la date de l’expertise est plus éloignée de l’accouchement, elles dépendent également des antécédents obstétricaux ; certains signes, en effet, comme les lésions vulvaires qu’on peut considérer comme étant la règle chez une primipare, peuvent complètement manquer chez une femme qui a déjà accouché.

Au point de vue médico-légal, il nous paraît donc nécessaire d’établir deux catégories : d'un côté il s’agil d’une femme qui prétend n’avoir jamais eu de grossesse et qui est accusée d’accouchement ou au contraire qui dit être accouchée récemment alors qu’elle n’a jamais été enceinte. D’un autre côté, les mêmes accusations ou les mêmes prétentions peuvent se rencontrer chez une femme ayant accouché antérieu renient .

La plupart des signes de J accouchement récent sont communs aux deux variétés de femmes, ce sont eux que nous allons décrire tout d’abord.

L’examen doit être pratiqué sans parti pris avec douceur et avec méthode, il ne faut pas se contenter d’un signe même irréfutable, it est nécessaire de rechercher tous ceux que nos moyens d’investigation nous permettent de reconnaître et de les réunir tous dans te rapport.

Lorsqu’on aura à pratiquer le toucher vaginal, it ne faudra pas oublier qu’on peut être en présence d’une nouvelle accouchée, on devra par conséquent prendre toutes les précautions d’antisepsie exigées en pareil cas.

Examinons d’abord l’abdomen où sont réunis la plupart des signes, nous constaterons souvent une paroi abdominale affaissée et trop large en apparence, une raie brune sur la ligne médiane, des vergeturcs disséminées et plus ou moins nombreuses, les unes rougeâtres, les autres nacrées. Pai' le palper, nous nous rendrons encore mieux compte du

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relâchement de la paroi abdominale qui semble trop étoilée et nous reconnaîtrons l’écartement des muscles grands droits à la partie moyenne de l’abdomen ; enfin nous sentirons, s’il s’agit d’un accouchement récent (moins de dix à douze jours), à travers la paroi le globe utérin. C’est là te meilleur signe, car tous ceux que nous avons énumérés, précédemment peuvent manquer ; il n’est pas rare en effet de voir des femmes ayant de bons tissus ne présenter ni relâchement, ni vergetures au niveau de la paroi abdominale.

Avant de passer aux organes génitaux, il faut examiner les seins au niveau desquels on pourra constater une coloration brune, des vergetures de l’aréole, une circulation veineuse plus ou moins accusée, et parfois aussi une tension de toute la glande. Par la pression exercée à la base du mamelon, on fera sourdre quelques gouttelettes de lait, il est quelquefois nécessaire pour obtenir ce résultat de pratiquer d’abord un massage léger de la périphérie au centre de la glande mammaire.

Du coté des organes génitaux externes, on peut ne rien constater d’anormal si l’accouchement date de plusieurs jours et s’il s’agit d’une multipare. Est-on au contraire en présence d’une primipare, eu écartant les petites lèvres on relèvera toujours des lésions importantes au niveau de la région hyménéale.

Il ne faut pas oublier que l’hymen n’est véritablement détruit que par le premier accouchement, le coït ne fait que créer une voie à la partie centrale du diaphragme, mais celui-ci n’en conserve pas moins scs attaches extérieures à la paroi vulvo-vaginale ; celles-ci ne cèdent qu’au moment du passage du fœtus. Cet éclatement de la périphérie de l'hymen se fait en différents points sous forme de solution de continuité irradiant le plus souvent soit du côté de la vulve, soit du côté du vagin, soit dans les deux directions. Elles se présentent alors sous forme de plaies ou de fissures si elles sont récentes, sous forme de cicatrices rosées ou blanchâtres, si elles sont plus anciennes; quant aux dé-

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bris hyménéaux, ils constituent ces petits bourgeons muqueux auxquels on a donné le nom de caroncules myrtf formes.

Comme autre signe d’accouchement récent dans cette région, nous devrons signaler les taches laissées sur le linge, qu’on devra rechercher sur le pan postérieur de la chemise, et l’aspect de l’écoulement qui existe toujours pendant la première semaine puerpérale.

Pour donner plus de poids aux conclusions qu’on devra formuler, il est nécessaire de recueillir dans le vagin Je sang ou les lochies qui s’y trouvent afin de les examiner au microscope.

Par le toucher vaginal on doit se rendre compte: 1° de la consistance du vagin dont les parois sont molles et relâchées ; â* du volume et de la consistance du col, qui est gros et mou et dont l’orifice externe perméable au doigt est souvent déchiré latéralement; 3° du volume et de la consistance du corps utérin qui ne peuvent être appréciés qu’en combinant le palper au toucher.

La présence d’une encoche sur les bords du col utérin est considérée en médecine légale comme un signe certain d’accouchement antérieur; il ne faudrait cependant pas, à notre avis, en tirer des conclusions aussi affirmatives. Dans deux cas récents nous avons senti par le toucher une véritable encoche sur la partie latérale gauche du col donnant l’impression d’une déchirure ancienne, alors qu’il s’agissait de deux jeunes femmes mariées depuis quelques mois et présentant de la métrite cervicale.

Le médecin expert aura parfois à se prononcer sur l’origine de certaines taches relevées sur le linge ou les vêtements portés par la femme ou trouvés à son domicile: il faudra savoir différencier les taches formées par des matières fécales ou par du sang de celles qui ont été déterminées par des lochies ou du méconium. Des examens microscopiques et chimiques sont alors nécessaires.

Enfin les traces d’un accouchement récent peuvent être

recherchées sur un cadavre. En plus des différents signes que nous venons d’exposer au niveau des seins, de l’abdomen, des organes génitaux externes et internes, nous aurons à notre disposition l’utérus tout entier dont nous devons d’abord décrire le volume, l’aspect extérieur, la consistance, le poids. Après l’avoir ouvert et avoir noté son épaisseur, nous examinerons sa cavité; un liquide épais, de couleur variable et renfermant des débris membraneux, recouvre habituellement sa muqueuse; après en avoir recueilli pour l’examiner au microscope, nous en débarrasserons la surface interne de l'utérus et nous constaterons qu’une certaine région est plus irrégulière, plus tomenteuse, c’est la zone d'insertion placentaire au niveau de laquelle on apercevra souvent de gros vaisseaux oblitérés par des caillots.

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