I. — De la rupture prématurée et accidentelle
des membranes.
Les membranes de l’œuf peuvent se rompre à toutes les périodes de la grossesse, mais la conduite à tenir est bien
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
différente suivant que cette rupture se produira avant l’époque de la viabilité du lœtus ou dans les trois derniers mois de la grossesse.
Nous avons déjà étudié ce qu’il convient de faire en présence d’un avortement inévitable, nous limiterons donc cet article à la rupture des membranes se produisant dans le dernier tiers de la grossesse et avant tout début de travail.
Cette rupture ne doit pas toujours être considérée comme un événement regrettable; c’est au contraire dans certains cas un événement heureux qui met la femme à l’abri d’accidents graves. Dans l’insertion du placenta sur le segment inférieur par exemple, la rupture prématurée des membranes est souvent une sauvegarde contre des hémorragies. Or celles-ci, comme nous l’avons indiqué précédemment, peuvent mettre la vie en danger et nécessiter une intervention, qui n’est que la copie des moyens employés spontanément par la nature.
Nombreuses sont les causes qui peuvent déterminer cette rupture spontanée; nous placerons en première ligne l’insertion vicieuse du placenta, puis tous les cas de développement exagéré du volume de l’utérus, hydramnios, grossesse multiple, hydrocéphalie, monstruosités, les présentations anormales, épaule, siège, toutes les causes de dystocie empêchant l’accommodation du fœtus, la multiparité, etc. Pour notre part, nous l’avons observée plusieurs fois et presque toujours chez des primipares ayant dépassé la trentaine.
Si nous avons tenu à énumérer les principales causes, c’est surtout pour montrer que nous n’avons aucune action sur elles, à l’exception des présentations vicieuses, et que par conséquent le traitement prophylactique est à peu près nul.
Cliniquement la rupture des membranes se caractérise par un écoulement brusque de liquide suivi d’un suintement continu; la constatation de ces deux caractères et particulièrement du dernier devra être faite par le praticien ;
RURAUX
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elle évitera de confondre cet accident avec une miction involontaire, avec le rejet du liquide d’une injection retenu dans le vagin et avec une affection rare de la grossesse, l’hydrorrée déciduale.
Traitement. — Appelé auprès d’une femme qui vient de perdre les eaux, le devoir du médecin consistera à exiger d’abord le repos absolu au lit. puis à faire le diagnostic de la présentation afin de corriger toute présentation vicieuse, enfin à s'assurer par l auscultation de la vie du fœtus, la conduite étant absolument différente suivant que l’enfant est vivant ou mort.