‹ Clinique et thérapeutique obstétricales du praticienChapitre 183 sur 268 · ENFANT VIVANT · texte numérisé non relu

ENFANT VIVANT

Si la femme n'est pas en travail (absence de contractions utérines douloureuses et de modifications du col), on se contentera de la maintenir au repos absolu au /z7, de veiller au fonctionnement de /’ intestin, de faire de /’ antisepsie vaginale par des injections tièdeset antiseptiques, en recommandant de placer le bock à injection à un niveau peu élevé (0 m. 30 environ) pour éviter une pression trop forte ; enfin on appliquera sur la vulve une compresse de gaze stérilisée recouverte d’une bande épaisse de coton hydrophile. Le but est en effet de retarder le plus possible le travail et d’éviter J’ infection du liquide amniotique.

Si au contraire la femme a des douleurs au moment où l’on est appelé, ou si celles-ci apparaissaient dans les heures ou dans les jours qui suivent, on conseillera, tout en n’omettant aucune des précautions précédentes, de donner après un premier lavement évacuateur un deuxième lavement qui devra être gardé. Ce lavement sera composé de la façon suivante :

Mettre dans un verre d’eau bouillie tiède vingt ù vingtcinq gouttes de laudanum de Sydenham et injecter lentement ce liquide dans le rectum en se servant d’une poire en caoutchouc et d’une canule rectale en caoutchouc souple.

THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE

Deux ou trois lavements semblables pourraient être donnés dans les vingt-quatre heures si les douleurs continuaient ou se reproduisaient. Dans le cas où celles-ci seraient très aiguës dès le début, il y aurait avantage à remplacer le premier lavement par une injection sous-culanée de \ centigramme de morphine.

C’est en suivant cette conduite que nous avons pu chez une primipare âgée, ayant des fibromes utérins, prolonger la grossesse de 20 jours. Cette femme avait eu ses dernières règles du 20 au 25 juillet, la rupture des membranes se produisit le 23 février, c’est-à-dire à six mois et demi environ, et ce n’est que le 15 mars qu’elle mit au monde un garçon de 2.000 grammes qui put être élevé facilement.

Dans certaines circonstances, on peut avoir intérêt à ne pas désirer la prolongation de la grossesse tantôt parce (pie la femme présente des troubles graves d’auto-intoxication (albuminerie intense, insuffisance urinaire, accès éclamptique, etc. ), tantôt parce qu’elle est atteinte d’une affection chronique aggravée par la grossesse (tuberculose, affection cardiaque), tantôt enfin parce que le bassin est vicié que la présentat ion n’a pas de tendance à s’engager et que le fœtus paraît suffisamment développé pour vivre de la vie extra-utérine. On se contentera alors de faire de l’antisepsie vulvo-vag inale el d’attendre; aussitôt après la délivrance, on fera un lavage intra-utérin et une injection sous-cutanée de sérum ant i-streptococcique.

Page 1