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NOURRICES

Il existe deux variétés de nourrices, c’est-à-dire de femmes chargées d’allaiter un nouveau-né, la nourrice sur lieu qui est gardée dans la famille et la nourrice à distance qui emporte le nourrisson chez elle.

Le choix d’une nourrice est toujours un acte très délicat, caria responsabilité du médecin se trouve engagée.

Avant de se rendre compte des qualités de la femme en tant que nourrice, il faut l’examiner médicalement avec grand soin après s’être renseigné sur ses antécédents pathologiques, personnels et héréditaires, et sur son passé obstétrical.

1. Examen médical. — Cet examen doit être méthodique el porter sur les principaux organes de l’économie.

Examinez d’abord la cavité buccale, dents et gorge, et interrogez les régions ganglionnaires du cou et de la nuque. La femme dévêtue jusqu’à la ceinture, passez en revue la forme du thorax et toute la surface cutanée, poitrine, dos, cou et bras où peuvent se trouver des traces de syphilis ancienne, puis auscultez attentivement le cœur et les poumons. Profitez de ce moment pour vous rendre compte de l’état des mamelons et des seins en suivant la technique indiquée plus loin.

Après avoir fait recouvrir la moitié supérieure du corps, portez votre attention sur les membres inférieurs, qui peuvent être le siège de varices et d’œdème ; palpez les régions inguinales, ganglions hypertrophiés, hernies, et tout l’abdomen, enfin terminez par l’exploration des organes génitaux.

Cet examen est important non seulement pour diagnostiquer des tares, qui s’opposent à ce qu’on confie un nourrisson à une femme chargée de le nourrir, mais encore pour reconnaître des affections qui pourraient par la suite être incriminées comme accidents du travail , les hernies et le prolapsus utérin par exemple.

En dehors des maladies aiguës il fautécarter toute femme atteinte de maladies du cœur, des reins, du système nerveux, de l’appareil pulmonaire, de tuberculose en évolution ou guérie quelle que soit sa localisation, lupus, arthropathies, adénopathies, de syphilis .

Pour dépister cette dernière, l'examen de la femme ne suffit pas, il faut examiner avec beaucoup d' attention son enfant qu'on fera déshabiller complètement. Après l’avoir placé en pleine lumière, on passera en revue toute la surface cutanée sans excepter la face palmaire des mains et la plante des pieds, localisation habituelle du pemphigus, les orifices, narines, bouche, cavité buccale, anus, et les organes gé-

nitaux.

II. Examen obstétrical. — Il ne suffit pas qu’une femme ne présente aucune lésion pathologique pour qu’elle soit acceptée comme nourrice, il faut encore que ses seins soient bien conformés, mamelons saillants, ni trop gros, ni trop petits, et tissu glandulaire normalement développé. Les gros seins ne sont pas toujours les plus riches, car ilssontsouvent constitués eu grande partie par de la graisse. Éliminez toute femme qui a des crevasses ou des traces d’incisions mammaires anciennes ou récentes , indice d’un abcès du sein.

Au poinl de vue de sa valeur comme nourrice, la meilleure pierre de touche est l’état de l’enfant ; il faut se méfier du nourrisson qu’elle présente, car, dans certains cas, ce n’est pas le sien. Pour se rendre compte de la quantité de lait sécrété il faut faire la tare de l’enfant avant de le metlreau sein, le faire téter, puis le peser.

Quant à la qualité du lait, il est difficile de l’apprécier par un simple examen macroscopique, lail recueilli dans une cuiller d’argent, car les caractères qu’on observe sont très trompeurs.

L’enfant devra être âgé de trois mois au moins, avoir tous les signes d’une bonne santé, peau souple, chair ferme, teint frais, fontanelles ni déprimées ni tendues, développement en rapport avec son âge. 11 ne faut tirer aucune conclusion des

THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE

régurgitations et même clés vomissements qu’il présente souvent, car ces nourrissons ne sont réglés ni au point de vue du nombre de tétées, ni au point clc vue de la quantité de lait absorbé à chaque tétée: On peut considérer que tout enfant de nourrice est suralimenté, aussi n’est-il pas rare de constater également chez lui de l’érythème fessier déterminé par des selles trop fréquentes et par des couches mal lavées ou insuffisamment renouvelées.

En principe, une femme ne peut se placer comme nourrice que si elle a allaité son propre enfant pendant sept mois ou si elle confie son enfant à une autre nourrice au sein (loi Roussel). En réalité, cette loi de protection sociale est bien souvent violée au détriment de l’enfant de la nourrice. Celui-ci est confié à une autre femme incapable de remplacer la mère, et il sera alimenté avec plus de lait de vache que de lait de femme.

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