Influence de F obésité sur la grossesse
L’obésité n’est pas favorable à la fonction de reproduclion, et il est de notion courante chez les éleveurs que les animaux gras sont de mauvais reproducteurs. La stérilité est fréquente chez les femmes obèses, elle relève de plusieurs causes.
C’est en premier lieu la diflicullé apportée au rapprochement sexuel par le volume du ventre, des fesses et des cuisses, l’adiposité énorme des grandes lèvres, de telle sorte <|ue l’éjaculation se fait bien souvent hors du vagin. Chez les obèses, l’appélil génésique est souvent diminué, ce qui tienl pour une grande part au peu d’acthité de la fonction ovarienne et peut-être aussi à ce que la sensibilité des nerfs de la zone génilale externe est émoussée par accumulation de la graisse et que la femme n’éprouve que des sensations obtuses.
Il faut tenir compte également des troubles de l’ovulation qui sont déterminés par l’obésité et qui rendraient la femme moins souvent apte à être fécondée. Enfin chez les femmes
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
obèses 1 utérus et les annexes sont comme encastrés dans Je petit bassin par la graisse qui infiltre leurs ligaments, et prives de leur mobilité habituelle ; ils sont refoulés, dé\iés par les autres organes abdominaux : foie, intestin, épiploon qui sont surchargés de graisse. On conçoit que ces conditions lâcheuses entravent la migration et la rencontre des ovules et des spermatozoïdes.
Pendant la grossesse les inconvénients habituels de 1 obésité s’exagèrent. La marche déjà difficile devient très pénible ; l’essoufflement est extrême au moindre effort, aussi certaines femmes finissent par ne plus pouvoir se mouvoir et restent confinées chez elles. Le sommeil est troublé par des étouffements ; la femme supporte mal la position horizontale, dans laquelle elle respire difficilement. Les troubles digestifs et la constipation sont fréquents ; le fonctionnement imparfait de l’intestin et du foie prédispose aussi l’obèse à P auto-intoxication gravidique et aux différents accidents qui en sont la conséquence.
Nous ne ferons que signaler Ja gêne, qu’oppose au palper abdominal et à l’auscultation la surcharge graisseuse de la paroi abdominale, et par suite la difficulté que présentent souvent chez les obèses le diagnostic de la grossesse à son début et plus tard celui de l’attitude du fœtus..
La durée de l’accouchement est souvent prolongée, surtout celle de la période d’expulsion. Cette lenteur tient à l’obstacle apporté à la progression du fœtus par le tissu adipeux qui double le petit bassin et aussi par l’épaisseur et la résistance du périnée infiltré de graisse; elle tient en outre à la faiblesse de l’effort, au peu de vigueur du système musculaire chez les obèses. Aussi, faut-il fréquemment terminer l’accouchement par une application de forceps.
L’obstacle peut tenir également au fœtus, car il n’est pas rare de constater chez les obèses des enfants ayant un volume au-dessus de la normale et pesant plus de 9 livres.
La sécrétion lactée est en général peu abondante ; malgré le volume exagéré des seins, parfois énormes, la glande
T f I ERAP EUTI y U E 0 1 iSTÉT H IC A L E
mammaire est peu développée ; elle est entourée d’une gangue de graisse qui rétouffe et la pénètre et qui entraîne l’atrophie des acinis glandulaires ; aussi la femme obèse est-elle le plus souvent une médiocre nourrice.