OCCLUSION INTESTINALE PENDANT LA PUERPÉRALITÉ
L’occlusion intestinale est relativement rare au cours de la puerpéralité. Elle se rencontre de préférence chez les multipares, qui sont plus exposées à avoir un passé pathologique génital. Ce sont en effet le plus souvent des brides, déterminées par une ancienne pelvi-péritonite, qui sont Je point de départ des accidents. Il est nécessaire de ne pas ignorer ces données pathogéniques, car, au cours de l'intervention, il faudra tout d’abord rechercher ces tractus cellulo-fibreux partant de l’utérus et aboutissant d’autre part soit à la paroi, soit à un organe de l’abdomen.
La compression de l’intestin par l’utérus augmenté de volume est beaucoup plus rarement une cause d’obstruction.
Les accidents qui caractérisent le début de l'occlusion intestinale peuvent apparaître lentement, sournoisement, ils ne sont souvent dans ces cas qu’une accentuation de la constipation opiniâtre installée depuis longtemps; ou bien, au contraire, c’est le début à grand fracas, tel qu’on le rencontre dans la forme aiguë de l’obstruction intestinale. On voit alors survenir la douleur abdominale , localisée ou généralisée, les vomissements el Y altération de l'état général . Tantôt ces trois grands signes apparaissent à peu près simultanément, tantôt ce sont les vomissements ou la douleur qui ouvrent la marche.
La période d’état succède rapidement à la période de début dans la forme aiguë. La douleur serait le premier symptôme d’après Vergez, alors que Gauchery ne l’aurait rencontrée comme symptôme in i liai que dans 28 p. 100 des cas. Ses modalités diffèrent : tantôt c’esl une douleur appa-
thérapeutique obstétricale
raissant brusquement, très aiguë et nettement localisée, comparable à celle du début de l’appendicite, tantôt au contraire c’est une douleur sourde, généralisée à tout l’abdomen ; elle est peu accusée et elle n’est réveillée que par les efforts de la malade ou par la palpation. Ses caractères et sa durée sont très variables : continue dans certains cas, elle est intermittente dans d’autres; très aiguë au début, elle peut se maintenir telle ou au contraire s’atténuer et même disparaître.
Les vomissements sont constants : alimentaires d’abord, ils deviennent rapidement bilieux, puis fécaloïdes, quelquelois même porracés. Gomme la douleur, les \omissements varient en intensité et en durée.
L 'absence d'émission de matières fécales et de gaz occupe une place importante dans celle affection, mais elle a besoin d’être recherchée a\ec beaucoup de soin, car elle est rarement accusée spontanément par la malade. C’est qu’en effet la constipation est fréquente chez la femme et surtout chez la femme enceinte ou accouchée, et elle y attache peu d’importance; un .interrogatoire très serré et bien dirigé est nécessaire le plus souvent pour dépister cel arrêt dans l’expulsion des matières et des gaz. Quelquefois même on est induit en erreur par l’existence d’évacuations coïncidant avec les deux symptômes déjà étudiés: l’intestin irrité par l’obstacle se contracte plus énergiquement que de coutume, iJ vide la portion située au-dessous de l’obstacle et expulse les matières dures qu’il renferme en même temps qu’une quantité plus ou moins considérable de liquide provenant d'une hypersécrétion glandulaire. A cette pseudodiarrhée font rapidement suite une constipation opiniâtre et un arrêt complet dans l’expulsion des gaz.
A 1 examen on constate un ventre anormalement développé : sa forme est irrégulière, le flanc et l’hvpochondre gauche font une saillie appréciable. Si la grossesse n’est pas très avancée, ce ballonnement s’étend à l’épigastre et à l’hypochondre droit.
THERAPEUTIQUE OBSTETRICALE
La paroi abdominale est distendue et laisse voir par transparence les saillies constituées par les anses intestinales. Dans toute la portion de l’abdomen ballonnée la palpation révèle de la résistance, et la percussion du tympanisme. Celui-ci peut même occuper tout l’abdomen et voiler ainsi l’utérus gravide. La palpation et la percussion sont dans certains cas rendues d’une pratique difficile, parce que la paroi abdominale se contracte pour se défendre et que le moindre contact détermine une douleur aiguë.
Cet examen doit être complété par le toucher vaginal, qui fournit des renseignements sur l’état et la situation du col, sur le contenu du segment inférieur, sur le degré d’engagement de la partie fœtale et sur l’état des culs-de-sac, et par le toucher rectal, qui permet d’éliminer toutes les causes d’obstruction pouvant siéger dans le rectum.
Les symptômes généraux sont communs à tous les cas d’obstruction intestinale; ils apparaissent ordinairement de bonne heure et tiennent une place très importante pour fi ver le diagnostic. Le faciès est caractéristique : il est de teinte terreuse, les traits sont tirés, les veux sont enfoncés dans les orbites, les narines sont pincées. La langue est sèche et râpeuse, l’haleine est fétide. La peau est froide, ridée et souvent recouverte de sueurs abondantes ; la température est le plus souvent au-dessous de la normale, alors que le pouls est fréquent et mal frappé. A mesure que le nombre des pulsations augmente, elles deviennent de plus en plus faibles, misérables à la période extrême. Cette dissociation entre le pouls et la température est un signe capital dans l'établissement du diagnostic. Les forces s’affaiblissent I rès rapidement pour faire place à la prostration qui avec le hoquet et la diminution dans l’émission des urines constituent les symptômes de la période terminale.
La marche de cette affection est le plus souvent rapide; la voix s’affaiblit, la respiration s’accélère, des spasmes musculaires apparaissent, le pouls est incomptable, le corps se couvre de sueurs froides et la mort survient.
RURAUX
THÉRAPEUTIQUE OBSTETRICALE
L’ accouchement prématuré n’est pas rare au cours de la période d’état; dans certains cas, c’est une complication heureuse, car on a vu à sa suite les symptômes s’amender et la guérison survenir.
dans le péritoine du col i-baci Ile. qui est apporté par la voie sanguine ou (pii traverse la paroi intestinale.
Le pronostic de l’occlusion est grave pour la mère el pour son produit de conception; il est d’autant plus grave (pic souvenl le diagnostic n’est pas l’ait dès le début des accidents à cause de la rareté de celte complication delà grossesse.
Traitement. — Le diagnostic reconnu, il ne faut pas perdre de temps à vouloir mettre en œuvre les moyens dits médicaux : grands lavements, lavements électriques, purgatifs. La laparotomie est seule capable de sauver la malade , car seule elle permet de reconnaître la cause de l’obstruction et de la détruire, Si la présence de l’utérus gravide ne permettait pas de trouver l’obstacle, on devrait faire un anus contre nature , mais en considérant cette intervention comme un procédé d’attente.
Yvant et après l'opération, pour éviter que celle-ci ne détermine des contractions utérines, on devra pratiquer des injections sous-cntanées de morphine.
Pendant le travail, il est préférable d’employer les méthodes qui ont pour but de l’accélérer; on interviendra ensuite chirurgicalement, lorsque la parturiente aura été délivrée, si les accidents n’ont pas cessé.
Lorsque le diagnostic n’est pas nettement posé, on est obligé d’user des moyens médicaux qui ont pour but de calmer la douleur : on donnera 1 centigramme d’extrait d’opium toutes les heures ou l’on emploiera les injections sous-cutanées de morphine; à l’extérieur, on appliquera une vessie de glace sur l’abdomen, vessie qu’on maintien-
T HÉRA PEUTIOUE OBSTETRICA I ,E
dra eu la plaçant au milieu d'un double bandage de lia
Nombreuses sont les causes qui peuvent chez une femme
buminurie. A côté de ces deux affections dépendant d’une lésion ou d’un trouble du système rénal il faut placer
les urines, ce diagnostic étiologique ne peut être reconnu
parler, mais de celui que détermine le développement et surtout le développement exagéré de l’utérus, comme cela
peut céder à aucune médication interne.
Tl existe une autre variété d’œdème peu connue du praticien, c’est l'œdème toxique gravidique sur lequel nous Nouions surtout insister dans cet article. Il apparaît souvent de bonne heure et il n’est accompagné d’aucune trace d’albumine dans les urines. D’autre part l’utérus n’est pas suffisamment développé pour être incriminé. Un interroga toire serré et bien dirigé permet presque toujours de relever chez la femme, qui porte cet œdème, un certain nombre de troubles considérés comme des manifestations d’un
nelle. Ces moyens ne sont que palliatifs; si les symptômes