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dernier temps d’une autre opération, la césarienne; c’est l’état de l’utérus qui oblige à en faire le sacrifice.
L’organe peut en effet rester absolument inerte malgré les massages, les frictions, l’ergotine, les aspersions chaudes; il saigne abondamment au point qu’en quelques instants la vie de la femme est compromise, l’ablation de l’organe saignant reste la suprême ressource.
D’autres fois, l’hémorragie est antérieure à la césarienne, il s’agit d’un décollement prématuré du placenta normalement inséré, qui est survenu au début du travail et qui s’accompagne d'une rigidité invincible du col. On trouve parfois dans ces cas de telles lésions hémorragiques de la paroi utérine que la conservation de l’organe est impossible.
3° Enfin dans un dernier cas, la césarienne a été faite à une époque reculée du travail alors que les membranes sont rompues depuis longtemps cl que la parturiente est fébrile. Conserver cet utérus infecté, c’est s’exposer à voir la malade emportée dans les trois jours ou moins par péritonite ou septicémie.
Manuel opératoire. — Pour exécuter une opération de Porro il faut :
Un bistouri.
Des ciseaux.
Une pince à disséquer à griffes.
Des pinces hémostatiques.
Une aiguille à sutures.
Deux grosses aiguilles à tricoter ou deux broches spéciales.
Un lien de caoutchouc plein de 30 centimètres de long et de fi à 8 millimètres de diamètre.
L’incision de la paroi abdominale ne présente absolumen t rien de spécial (voir Opération césarienne).
Pour l’ablation de l’utérus supposé vidé de son contenu, on saisit celui-ci solidement à pleine main par l’intermédiaire d’une compresse de façon à l’attirer le plus possible hors de l’abdomen. Cette attraction est aisée, car à la fin de la grossesse tous les ligaments utérins sont augmentés de
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longueur et ramollis; en outre, le segment inférieur de l’utérus est mince et étirable ; avec l’utérus les trompes, les ovaires et les ligaments ronds sont extraits de l’abdomen.
L’utérus étant maintenu fortement dans cette situation par un aide, l’opérateur va poser le lien élastique sur la partie inférieure de l’utérus le plus près possible du col. ce lien enserre simultanément les pédicules des artères utéro-ovariennes, des utérines et des ligaments ronds. On le serre énergiquement et on fait un second tour en prenant garde de pincer dans l’anse la vessie ou l’intestin, ce dernier est le plus dangereux des deux organes par sa grande mobilité.
Pour fixer le lien, on ramène les deux chefs en avant et on les pince solidement avec une pince hémostatique forte ou mieux encore avec un clamp. Pour empêcher le moignon de rentrer dans f abdomen et la ligature de glisser on embroche l’utérus de part en pari avec une ou mieux deux aiguilles à tricoter juste au-dessus du lien de caoutchouc. Si l’on ne met qu’une broche, on la place d’un bord à l’autre de l’utérus; si l’on utilise deux broches, ce qui vaut mieux, on les croise en X, l’une pénétrant par exemple en avant et à gauche pour ressortir en arrière et à droite et inversement pour l’autre. Par surcroît de précaution, si le temps ne presse pas trop, il est bon de suturer le péritoine pariétal au pourtour du péritoine viscéral du moignon par six à huit points séparés. Enfin avant d’amputer la matrice, ou referme l’abdomen par un surjet au catgut sur le péritoine, dont la cavité va désormais se trouver à l’abri de toute souillure. L’amputation de l’utérus est alors pratiquée rapidement cl facilement an bistouri, puis, avec ce dernier instrument ou avec des ciseaux, on pare le moignon en régularisant la section, en excisant la muqueuse et en la cautérisant au thermocautère. Il faut se garder de sectionner trop près des broches dans la crainte que celles-ci ne coupent ce pont de tissu trop faible et laissent échapper moignon et ligature.
Il n’y a plus qu'à achever les sutures de la paroi et à appliquer le pansement.
Après badigeonnage du moignon à la teinture d’iode, on le saupoudre avec un mélange par parties égales de :
Tannin.
Peroxyde de zinc (ektogan).
Acide salicylique,
et on applique un pansement à la gaze stérilisée ou au peroxyde de zinc (ektogan). Il faut avoir soin d’interposer entre la peau et les extrémités de la ou des broches des petits coussinets de gaze roulée.
Soins consécutifs. — Le Porro nécessite un plus ou moins grand nombre de pansements suivant que le moignon se dessèche ou suppure ; les pansements sont donc renouvelés plus ou moins souvent suivant la forme sèche ou humide du sphacèle et l’abondance des sécrétions. L’idéal est de les faire aussi rarement que possible, mais il peut être nécessaire de les changer quotidiennement.
Le moignon se détache habituellement au bout de trois semaines environ, enlaissant une petite plaie bourgeonnante et parfois un petit trajet fistuleux qui peut persister longtemps.
Les fils de la paroi sont enlevés vers le 9e ou ilp jour.
Les opérées sont toujours des femmes on état de shock ou d'infection, il est donc important de lutter contre ce double danger dès premiers jours par des injections de sérum sous-cutanées (un litre à 1.500 grammes par 24 heures) et d’huile camphrée à 10 p. 100 (10 à 15 centimètres cubes en 24 heures par 1 à 2 centimètres cubes à la fois).
Suivant l’état du cœur, la douleur, on peut y joindre des injections de caféine, de spartéine, de morphine el d’adrénaline.
THÉRAPEUTIQUE obstétricale