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fants morts et macérés ; l'hydramnios apparaissant au cours de la grossesse doit être également un motif de soupçon . Parfois ce n'est qu’au moment même de l’accouchement que le doute doit naître dans notre esprit, le placenta est volumineux, hypertrophié, pâle ou blanc jaunâtre ; son poids ne représente plus le 1/6 du poids fœtal, il en est le 1/3, le 1/4 ou le 1/5. Nous laissons de côté les renseignements fournis par l’examen microscopique, altérations vasculaires du placenta et du cordon, recherche du spirochète de Schaudinn, car il n'est pas à la portée de tous les
praticiens.
Il n’est pas rare que les manifestations de la syphilis héréditaire précoce soient constatées à la naissance ou apparaissent dans les jours qui suivent, alors que rien ne pouvait les faire prévoir. Le diagnostic de la nature des lésions ou des accidents hérédo-syphilitiques est d’une importance capitale pour le médecin et la sage-femme, non seulement aiin de pouvoir les traiter aussitôt et en arrêter l’évolution, mais encore pour se mettre à l’abri des conséquences graves, qui peinent résulter d’une absence ou d’une erreur de diagnostic. Les enfants qui en sont atteints ne doivent pas en elle t être confiés à une nourrice ; le médecin est rendu responsable par les tribunaux des dommages pouvant résulter delà contamination de celle-ci par le nouveau-né syphilitique.
Les accidents les plus apparents et les plus fréquents se rencontrent au niveau de la peau et des muqueuses ; ils se montrent assez rapidement, d’ordinaire dans les trois premiers mois, certains d’entre eux peuvent cependant exister à la naissance, comme le pemphigus. Ils ne sont pas toujours aussi éclatants que ce dernier et ils doivent bien souvent être recherchés minutieusement, surtout si la syphilis a été nettement reconnue ou seulement soupçonnée chez un des parents.
Parfois les manifestations sont moins accusées et localisées à certains organes. Nous signalerons dans cet ordre
THÉRAPEUTIQUE OBSTÉTRICALE
d’idée l'excès de volume du foie et de la rate, l’ascite, l’hydrocéphalie, le développement du système veineux superficiel, particulièrement au niveau de l’extrémité céphalique, l’hypertrophie des testicules, qui sont durs et scléreux et qui sont souvent accompagnés d’hydrocèle vaginale.
Dans d’autres circonstances, c’est l’aspect seul de l’enfant qui attire l’attention, son poids est inférieur à la normale, sa maigreur est extrême, sa peau est terreuse et ridée, son faciès est vieillot, le crâne est déformé : crâne natiforme, front olympien, front en carène ; les os du nez sont affaissés.
La plus importante des manifestations cutanées est le pemphigus constitué par des bulles dont la dimension moyenne est environ celle d’une lentille et dont le contenu séreux est limpide, laiteux ou sanguinolent. La couche superficielle peut disparaître et mettre le derme à nu sous forme d’une tache arrondie, rouge ou être remplacée par une croûte. Le pemphigus se développe de préférence aux extrémités, face, plante des pieds, paume des mains, et autour de l’anus. Levaditi a démontré la présence des spirochètes dans le contenu des bulles.
Les lésions cutanées sont surtout papuleuses, parfois gommeuses. Au niveau des muqueuses de la bouche, de la langue, du voile du palais, elles prennent l'aspect d’ulcérations. Ce sont des plaques muqueusesau niveau des lèvres et des organes génitaux, vulve ou scrotum ; autour des orifices naturels, commissure de la bouche, plis anaux, elles revêtent la forme de fissures. Les syphilides érosives déterminent du côté des fosses nasales un écoulement séro-purulent tenace et abondant (coryza syphilitique), qui se concrète parfois sous forme de croû telles constituant une gêne pour la respiration et pour la succion.
Quelquefois les lésions au lieu de rester disséminées s’étendent en surface; c’est particulièrement dans la région fessière et ano-scrotale qu’on les rencontre sous forme d’érythème cuivré simple ou papuleux.
Signalons également comme autres manifestations d’ori-
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gine syphilitique : les hémorragies ombilicales et surtout gastro-intestinales, le défaut d’accroissement et même les pertes de poids qu’aucune faute alimentaire n’explique, les troubles gastro-intestinaux rebelles et enfin la mort subite.
Traitement. — Nous laisserons de côté le traitement prophylactique à appliquer chez la femme enceinte, car nous l’avons étudié précédemment dans un article spécial . Le traitement du nouveau-né atteint de manifestations sy philitiques ne consiste pas seulement à instituer une médication curative, il nécessite également un mode d’alimentation qui soit favorable à son développement et des soins locaux minutieux pour le mettre à l’abri des infections secondaires qui le guettent.
a) Alimentation. — L’alimentation idéale pour tous les enfants et particulièrement pour les petits syphilitiques, dont les organes digestifs peuvent être altérés, est le lait de femme. Celui-ci est un lait vivant répondant à ses besoins. Or, comme il ne peut être question de nourrice, l'allaitement doit être maternel. Ce mode d’alimentation est parfois insuffisant, souvent à cause de la faiblesse du nourrisson qui tette mal; il faut alors recourir à l’allaitement mixte ; mais il est préférable pour activer la sécrétion mammaire dans le cas de succion imparfaite, de tirer le lait après chaque tétée et de le donner à la cuiller ou au biberon. Est-on en présence d’un prématuré syphilitique incapable de téter ou même d’avaler le lait, qui lui est versé dans la bouche après avoir été recueilli au moyen d’une téterelle, on devra le gaver. Les quantités de lait seront proportionnées à son poids, il y a souvent avantage chez les prématurés à donner des repas peu abondants, mais plus nombreux, toutes les heures ou toutes les heures et demie.
Si l’allaitement maternel est impossible : sécrétion nulle, situation sociale ou état de santé de la mère., etc, c’est au lait d'animal qu’il faut s’adresser. L’emploi d’une nourrice
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