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VOMISSEMENTS DES NOURRISSONS

Nombreuses sont les causes capables de déterminer des vomissements chez les enfants et particulièrement chez les nourrissons. Nous n’aurons en vue dans cet article que les vomissements apparaissant au cours du premier mois.

A cette époque les vomissements sont presque toujours dus à la suralimentation soit en quantité, tétées trop fréquentes ou^trop abondantes, soit en qualité, lait trop riche en beurre ou en caséine. Dans certains cas le vomissement peut avoir une autre origine, il peut tenir au lait lui-même dont l’analyse révèle cependant une composition normale, ou au nourrisson qui peut être atteint de spasme du pylore, de hernie, de constipation et même d’obstruction intestinale. Aussi faut-il, chez tout nouveau-né qui vomit, faire un examen clinique approfondi, passer en revue ses orifices herniaires, l'aspect de son abdomen et se renseigner sur son mode d'alimentation, sur le nombre et la durée des tétées, sur ses évacuations, sur ses cris, sur la façon dont se produit le vomissement et sur ses caractères.

Il y a en effet de grandes différences entre le vomissement immédiat début liquide, véritable régurgitation, et le vomissement tardif de lait caillé, le plus souvent, une heure, deux heures après la tétée. Nous avons décrit précédemment le vomissement qui se rencontre le plus fréquemment en clinique (voir Gastro-entérite). Quant au vomissement dû à

RUDAUX.

l’hypo-alimentation il est rare, la balance seule permet de dépister cette cause.

Traitement. — Les vomissements des nouveau-nés sont presque toujours dus à la suralimentation, aussi devra-t-on régler les tétées comme durée et comme quantité, et laisser entre elles un intervalle de trois heures. En même temps on veillera au fonctionnement régulier de l’intestin par des lavages à l’eau bouillie tiède.

Si les vomissements continuent sans augmenter de fréquence, on ordonnera avant chaque tétée ou dans chaque biberon une cuillerée à café de :

5 grammes

Citrate de soude fraîchement préparé. . .

Sirop simple 20 —

Eau stérilisée 100 —

Si au contraire les vomissements augmentent ou s’ils sont d’emblée presque continus, on instituera la diète hydrique. Pour cela on donnera toutes les deux heures et demie une quantité d’eau filtrée bouillie ou d’eau d'Evian, d’Alet, légèrement tiédie, égale à la quantité de lait que l’enfant devrait boire. La diète hydrique sera maintenue pendant vingtquatre, trente-six ou quarante-huit heures.

Lorsque l’enfant est élevé au sein, cet allaitement sera repris mais d’une façon très modérée; on commencera par ne donner dans les vingt-quatre heures que trois tétées espacées de cinq heures ; dans l'intervalle on continuera l’eau bouillie. Lorsque l’enfant est élevé au biberon, il devra prendre : ou trois biberons composés de moitié lait et moitié eau bouillie, un toutes les six heures, et dans l’intervalle des biberons d’eau bouillie;

ou toutes les deux heures et demie un biberon de bouillon de légumes préparé avec les quantités suivantes :

Pommes de terre Carottes. . . .

Navets

Pois secs . . .

Haricots secs. .

Eau

GO grammes.

■ àà 10 —

1 litre 1/2.

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qu’on fera bouillir pendant quatre heures ; on le passera, on le ramènera à un litre en y ajoutant de l’eau bouillie el on le salera avec une cuillerée à café de sel.

Le bouillon de légumes sera donné pendant deux ou trois jours et même plus.

On reprendra ensuite le régime lacté en suivant la progression indiquée précédemment.

Dans les cas où les vomissements persistent ou se reproduisent, il est indiqué de changer de nourrice si l’enfant est nourri au sein, ou de lui en donner une, s’il est élevé au biberon.

Quant aux vomissements déterminés par une hypo-alim entât ion, ils sont rares ; la balance seule peut en révéler la cause si l’enfant est allaité au sein. Il faut alors augmenter la quantité de lait prise à chaque tétée soit en laissant l’enfant plus longtemps au sein, soit en complétant les tétées avec du lait de vache dans le cas où la nourrice est insuffisante.

Nous n’avons en vue, bien entendu, que les nouveau-nés, car chez les nourrissons plus âgés les vomissements peuvent avoir une autre origine et nécessiter une ligne de conduite dillêren te.

VULVAIRES (TRAUMATISMES)

Les traumatismes de la vulve sont fréquents au cours de l'accouchement surtout chez les primipares, ils sont en effet bien souvent constitués par des extensions de l’éclatement normal de l'hymen.

Les lésions propres à la vulve intéressent d’ordinaire les petites lèvres et la commissure postérieure ; elles risquent de passer inaperçues si on ne les recherche pas systématiquement après chaque accouchement. Pour cela le siège sera surélevé et la vulve bien éclairée, les jambes seront fléchies sur les cuisses et les cuisses fléchies sur le bassin, les membres

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inférieurs seront écartés au maximum. L'accoucheur aura sous la main une solution antiseptique tiède dans laquelle reposeront des carrés cle coton hydrophile. D’une main on écarte d’abord les grandes lèvres, puis les peti tes lèvres ; on nettoie avec douceur la face interne de celles-ci, la fourchette et la région vesti bulairc, qui sont baignées par le sang venant de l’utérus. On a ainsi sous les yeux tous les organes génitaux externes.

On peut alors constater les différentes lésions. Du côté des petites lèvres tantôt il s’agit d’une simple éraillure, tantôt il y a une véritable solution de continuité de forme elliptique, tantôt enfin la petite lèvre est déchirée dans toute son épaisseur et divisée en deux parties ou même arrachée.

Les déchirures de la fourchette se confondent avec les déchirures du périnée.

Les plaies antérieures siègent au niveau du méat, du vestibule, du clitoris et de ses organes de protection.

Ces différents traumatismes peuvent s’accompagner immédiatement d’hémorragies, surtout lorsqu’ils intéressent la région clitoridienne, et tardivement de complications infectieuses : fausses membranes riches en micro-organismes, adénites, phlegmons. Dans certains cas ils ont un retentissement plus éloigné ; persistant sous forme de fissures, ils sont le point de départ d’un véritable vaginisme qui ne disparaît qu’après guérison de l’érosion.

Traitement. — Le traitement prophylactique est le même que celui que nous avons étudié précédemment (voir Périnée).

La plaie vulvaire existe, quelle conduite tenir ? S’il s’agit d’uhc éraillure linéaire et superficielle, il suffit de la surveiller, de la recouvrir d’une poudre isolante et antiseptique, salol, acide borique pulvérisé, dermatol, et d’un peu de gaze ; mais, si la déchirure dépasse la couche superficielle, les lèvres de la plaie s’écartent, il est alors nécessaire de les rapprocher et de les maintenir en contact pour obtenir leur réunion par première intention. Certains accoucheurs ont

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encore recours aux serre-fines qu’ils laissent en place douze à vingt-quatre heures ; les résultats obtenus sont excellents si les soins locaux, qui suivent l’accouchement, sont donnés par une personne expérimentée, comme cela se passe à l’hôpital ou dans la clientèle riche. Dans la médecine journalière c’est l’exception, il est préférable alors d’avoir recours aux points de suture; dans tout arsenal obstétrical doivent se trouver une aiguille de Reverdin, de Moij, etc., et des crins de Florence.

La région vulvaire sera nettoyée avec soin et bien éclairée, on fera autant de points de suture que le comportera la longueur de la plaie. Celle-ci sera ensuite recouverte d’une poudre antiseptique absorbante et d’un peu de gaze, les jambes seront rapprochées et maintenues par une serviette nouée au-dessus des genoux. Le pansement devra être refait après chaque toilette vulvaire et les fils seront enlevés le huitième jour.

En présence d’une hémorragie d’origine vulvaire se produisant aussitôt après l’expulsion du fœtus, on placera une pince à forcipressure sur le vaisseau qui saigne, s’il est apparent, sinon on fera une légère compression ; puis, la délivrance terminée, on appliquera une ligature sur le vaisseau ; d’ordinaire la suture de la plaie suffit à 'assurer l'hémostase.

La suture est donc le seul procédé vraiment chirurgical puisqu’il a l'avantage d’arrêter toute hémorragie immédiate ou secondaire, de fermer la porte à l’infection, de redonner à la région son aspect normal et enfin d’éviter ces longues cicatrisations trop souvent difformes. Si les solutions de continuité sont très superficielles, on peut employer pour réunir les bords de la plaie des agrafes de Michel grand modèle.

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