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Parmi les médecins qui se livrent à la pratique de certaines parties spéciales de la pathologie, il en est qui ont pris l'habitude de faire connaître périodiquement les faits cliniques qu'ils ont observés dans le cours de chaque année. Ces comptes-rendus offrentils constamment l'intérêt qu'ils pourraient présenter? C'est là ce qui n'est point à examiner ici. L'idée estelle bonne en soi? Cela nous paraît incontestable.
Pourquoi les médecins et chirurgiens des hôpitaux et hospices ne publient-ils pas aussi des comptesrendus annuels? Tant de faits, plus ou moins importants, se présentent dans leurs services, dans le cours de chaque année ! Si quelques-uns de ces faits sont utilisés par les chefs de service eux-mêmes ou par les internes pour des travaux particuliers, pour des thèses, etc., on peut dire que la plupart ne sont jamais mis à profit : tantôt aucune note n'a été écrite pendant le séjour des malades dans les salles ;
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tantôt des observations ont bien été prises , mais on ne trouve pas plus tard l'occasion qu'on attendait pour les publier.
il n'en serait pas de même si les médecins et chirurgiens des hôpitaux prenaient la résolution de faire paraître, soit chaque année, soit tous les deux ou trois ans, un exposé des faits les plus intéressants qu'ils auraient vus pendant ce laps de temps. J'ai eu l'occasion de parler dans ce sens à plusieurs de mes collègues des hôpitaux, et quelques-uns de ceux qui acceptaient, en principe, cette opinion n'y faisaient guère qu'une objection : ils m'opposaient la difficulté que l'on éprouve, disaientils, à obtenir des élèves qu'ils veuillent bien prendre des observations cliniques. Cette objection ne me paraît avoir aucune valeur, et la difficulté que l'on alléguait n'existe certainement pas. Depuis plus de vingt ans que je suis médecin des hôpitaux de Paris, j'ai fait prendre les observations de tous les malades qui sont entrés dans les divers services que j'ai occupés successivement. Internes, externes, élèves bénévoles, tous s'y sont prêtés, non pas avec résignation, mais, je dois le dire, avec zèle et entrain. Ce n'est donc pas le désir de s'instruire et de travailler pour apprendre qui fait défaut au personnel des élèves des hôpitaux, et, s'il y a des services où l'on ne prend pas d'observations cliniques, c'est évidemment dans un autre ordre de causes qu'il faut en chercher la raison... .
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J'aurais pu et j'aurais dû faire plus tôt ce que je fais aujourd'hui, puisque je tenais en main, à la fin de chaque année, les matériaux nécessaires à une telle publication : si je l'avais fait, bien des observations intéressantes ne seraient pas enfouies dans des cartons d'où la plupart ne sortiront jamais. L'idée ne m'en était pas encore venue dès les premières années de ma pratique hospitalière , et plus tard j'avais reculé devant une tâche dont, faute de temps, je craignais de ne pas pouvoir venir à bout. J'ai voulu cependant enfin faire une tentative, et c'est là l'origine du livre que M. le Dr Raymond publie aujourd'hui.
Ce livre contient un certain nombre des observations qui ont été recueillies ou continuées dans mon service pendant les sept premiers mois de l'année 1877. M. Raymond, qui était interne dans ce service depuis le 1er janvier, ayant été nommé chef de clinique de la Faculté de médecine à la fin du mois de juillet, a été obligé alors de quitter l'hôpital de la Charité, et il a pensé qu'il devait se borner à réunir les faits qu'il avait eus sous les yeux. C'est pour cela que ce travail n'embrasse pas toute l'année 1877.
Les défectuosités de ce compte-rendu trouvent, jusqu'à un certain point, sinon leur excuse, du monis leur explication dans les conditions de sa confection. Je n'ai conseillé à M. Raymond d'entreprendre cette publication que peu de temps avant le moment
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où il a dû se séparer de moi pour aller remplir les fonctions de chef de clinique à l'Hôtel-Dieu. Les observations prises depuis le commencement de l'année n'avaient donc pas été rédigées avec les préoccupations de leur publication ultérieure, et, malgré le travail de révision auquel nous les avons soumises, certaines d'entre elles sont restées incorrectes au point de vue de la rédaction, ou même, ce qui est plus regrettable, assez incomplètes.
Les observations ont été rangées en groupes naturels, et M. Raymond a fait précéder chaque groupe de quelques remarques destinées à appeler l'attention du lecteur sur les particularités les plus intéressantes des différents faits ainsi réunis. Il a cherché à y reproduire ce que j'avais cru devoir dire, dans le service, à propos de chaque cas. C'est de la clinique sans apprêt, comme on la fait d'ordinaire au lit du malade. 11 ne s'agit pas là effectif" int de tracer l'histoire complète, savante, d'une maladie à propos d'un malade; mais on peut se borner, après avoir posé le diagnostic, indiqué, autant que possible, le pronostic, et formulé le traitement, à montrer sous quels rapports les causes, les symptômes et la marche de la maladie se rapprochent ou diffèrent, chez le malade qu'on vient d'examiner, de ce qu'on observe d'ordinaire dans de pareils cas; en outre, s'il s'agit d'une maladie grave et si elle se termine par la mort, malgré tous les efforts tentés pour empêcher ce fatal dénouement, il faut comparer les lésions révélées par l'au-
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topsie à celles que l'on trouve en général dans des circonstances du même genre.
Je crois que des comptes-rendus analogues à celuici, contenant des observations qui auraient été prises en vue d'une publication de cette sorte, relues au lit du malade et complétées plus tard, s'il y avait lieu, par l'interne et le chef du service, constitueraient des œuvres profitables pour la science et pour la pratique.
L'essai que' publie M. Raymond engagera peut-être quelques-uns de mes collègues à entrer dans cette voie, et, s'il en est ainsi, ce livre n'aura pas été inutile 4.
À. VULP1AN.
1. C'est un devoir pour M. Raymond et pour moi de remercier MM. Balland, Bonnot, Duplaix, Leloir, qui étaiont externes dans mon service pendant l'année 1878 et qui ont pris ou continué, sous notre direction, les observations publiées dans ce livre.