‹ Clinique médicale de l'Hôpital de la charite [electronic resource]Chapitre 15 sur 65 · FÉVRIER · texte numérisé non relu

FÉVRIER

RÉGIME

QUANTITÉ D'URINE rendue en 24 heures.

POIDS DE L'URÉE rendue en 24 heures.

Lait-Bouillon.

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15sr372

Mars 3

Id.

Id.

Id.

Id.

Numération des globules.

( Globules rouges, 2,688,365 11 Mars. — !

( Globules blancs, 31,175 C'est-à-dire 1 globule blanc, pour 76 rouges. Observations faites à la température de 15° G.

Obs. LVII. — Catarrhe chronique de V estomac simulant un cancer de cet organe. — Traitement par Veau de chaux, le sirop de morphine, les vésicatoires sur la région épigastrique. — Amélioration notable.

Le nommé M... Léonard, 51 ans, maçon.

Entré le 15 mars 1877, salle Saint-Jean-de-Dieu, lit n° 10.

. (. . i n -ii ( Père mort d'accident. Antécédents de famille. ]

( Mere morte de vieillesse.

Renseignements. — Ce malade ne présente rien de particulier à noter dans ses antécédents personnels ; il fait remonter le commencement de sa maladie au mois de juillet 1873, c'est-à-dire à près de quatre ans.

A cette époque, dit-il, il ingéra de grandes quantités d'eau pour calmer une polydipsie causée probablement par les chaleurs de la saison. Pendant dix jours environ, il but trois ou quatre litres d'eau. Au bout de ce temps, il fut pris, tout à coup, de coliques et de vomissements. Les ma-

tières rendues étaient entièrement aqueuses et ne renfermaient aucune trace de substances alimentaires.

Le lendemain, ces mêmes vomissements se reproduisirent, toujours précédés de coliques, et présentant les mêmes caractères. Il y eut ensuite quelques jours de rémission, après quoi les mêmes phénomènes de vomissements reparurent à des intervalles irréguliers; ces vomissements n'ont eu aucun rapport avec les heures des repas.

Cet état dura ainsi jusqu'au 25 octobre ; le malade continua de travailler jusqu'à ce moment.

A cette époque, étant en train de faire des libations, il fut repris de douleurs abdominales et de vomissements, et obligé de rentrer chez lui pour se soigner. Le médecin qu'il fît appeler, lui conseilla d'entrer à l'hôpital.

Il fut admis à Lariboisière dans le service de M. Millard, qui le mit au régime lacté et à la viande crue.

Au bout de deux mois, il sort très-amélioré "et reprend son travail ; au bout de quatre mois les mêmes accidents se reproduisent.

Il rentre de nouveau à l'hôpital. Il sort guéri, après 6 semaines de séjour, et peut reprendre ses occupations.

Cet état dura environ 3 mois; après quoi les symptômes reparurent. Mais cette fois le malade se soigna chez lui ; il ne parvint pas à améliorer sa situation, et depuis ce moment il vomit presque continuellement.

Les vomissements ont toujours présenté les mêmes caractères, et le malade estime à vingt fois environ par mois, la fréquence de ces accidents qui étaient toujours très-irréguliers, dans leur apparition.

En même temps, il a vu l'affaiblissement survenir, et il dit avoir considérablement maigri.

Depuis huit jours, les vomissements sont modifiés. Au lieu d'être complètement aqueux, ils sont alimentaires et le malade rend absolument tout ce qu'il prend.

m MALADIES DE L'APPAREIL DIGESTIF

C'est dans cet état qu'il se présente à la consultation (15 mars 1877).

Etat actuel. — Les téguments présentent la teinte jaune île la cachexie carcinomateuse.

Le malade est profondément amaigri.

La face est pâle ; la peau, un peu terreuse.

La force musculaire est encore assez bien conservée.

Le malade a, comme toujours , un grand appétit ; pas d'œdème des jambes. Point d'hématémèses ; les selles sont normales; constipation habituelle.

Le cœur présente un léger bruit de souffle au premier temps et à la base; souffle doux dans les vaisseaux du cou; athérome artériel généralisé.

La région épigastrique est douloureuse, surtout à la pression ; le malade y éprouve des douleurs lancinantes bien caractérisées; ces douleurs sont assez irrégulières dans leur apparition; elles sont surtout marquées 1 h., 1 h. 1/2, après l'ingestion des aliments; elles consistent alors en une sorte de pesanteur à la région de l'estomac : puis viennent des nausées, avec lourdeur de tête, sensation de défaillance, et bientôt le malade vomit.

Les vomissements sont purement alimentaires ; ils sont quelquefois très-abondants et généralement très-irréguliers dans leur apparition ; souvent il s'écoule 5, 6 h., quelquefois davantage, entre le moment où ils se produisent et le moment où les aliments ont été ingérés. La région épigastrique est bombée; la cornemuse stomacale se dessine d'une façon très-apparente sous la paroi abdominale. L'estomac est évidemment très-dilaté.

La percussion dénote un tympanisme considérable de l'estomac. La palpation ne fait découvrir aucune tumeur. Si on pratique la succussion de la région, on entend un bruit de glou-glou évident.

Le sommeil est à peu près bon , et si ce n'étaient la

perte des forces et les vomissements, le malade déclare qu'il serait assez bien portant.

Traitement. — 16 mars. — On ordonne : vésicatoire sur la région épigastrique ; une pilule d'extrait thébaïque de 0,05 centigr. pour le soir; lavement simple. Potion gommeuse avec 40 grammes d'eau de chaux seconde; deux portions.

17 mars. — La journée d'hier s'est passée sans vomissements; la digestion, cependant, a été lente, pénible. Même traitement.

18 mars. — Le malade a vomi dans la soirée, quatre heures environ après le repas du soir ; le vomissement a été purement alimentaire.

19-20 mars. — Pas de vomissements, seulement quelques douleurs à la région de l'estomac. On prescrit des onctions, soir et matin, sur la région épigastrique avec la pommade suivante : axonge 30 grammes, iodure de potassium 3 grammes, extrait de belladone 8 grammes.

21 mars. — Le malade est mieux ; on supprime l'eau de chaux. On continue les onctions.

22 mars. — Vomissements abondants dans la soirée, vers 6 h. Mais les douleurs sont beaucoup moins fortes qu'auparavant.

23-24 mars. — Le malade n'a pas vomi ; il se lève toute la journée. On lui donne trois portions.

25 mars. — Le mieux continue.

26 mars. — Id.

27 mars. — Vomissements alimentaires vers 2 h. de l'après-midi; les douleurs de l'estomac sont de moins en moins vives.

28 mars. — Pas de vomissements. Les forces reviennent ; l'état anémique est très-amendé.

Le malade part, pour Vincennes, le 5 avril. Il ne vomit plus, et il mange quatre portions.

Le 24 mai, le malade, quelques jours après sa sortie de Vincennes, s'étant remis à travailler, et ayant bu un peu plus que de coutume, est repris de vomissements alimentaires. Il revient dans le service, où il fait un séjour de trois semaines.

Les accidents ont été exactement les mêmes que ceux indiqués plus haut : ils ont suivi la même marche, et ont cédé au même traitement.

Dans les premiers jours du mois d'août, cet homme est, de nouveau, rentré à l'hôpital : depuis dix jours les vomissements étaient revenus. L'état général est celui que présentait le malade lors de sa première venue, le 15 mars 1877; l'état local est absolument le même.

Il est très-probable que sous l'influence du traitement, déjà suivi, la même amélioration va se produire.

Remarque. — La longue durée des accidents, leur marche ; les périodes de rémission presque complète, l'étude attentive des phénomènes locaux, et des symptômes généraux, tout montre bien que, dans ce cas, il s'agit d'un catarrhe chronique de l'estomac avec dilatation de cet organe et non d'une gastro-carcinie.

Obs. LYIII. — Dyspepsie douloureuse. — Difficulté du diagnostic d'avec l'ulcère simple de V estomac. — Polyurie. — Traitement par le charbon de Belloc, les toniques et les amers. — Guérison.

La nommée E... Catherine, âgée de 32 ans, couturière.

Entrée le 26 avril 1877, salle Sainte-Madeleine, lit n° 12.

Renseignements. — Cette malade, âgée de 32 ans, est couturière.

Réglée à 14 ans, elle l'a toujours très-bien été; ses règles sont peu abondantes.

Elle n'accuse aucun antécédent strumeux, ni rhumatismal ; mais elle se plaint d'avoir souvent des palpitations,

des douleurs passagères dans tout le corps et des oppressions sans cause appréciable.

A 15 ans, elle eut la variole; elle garda le lit pendant deux mois.

A 25 ans, elle fut prise de crampes d'estomac, de douleurs vives au niveau de l'appendice xipkoïde et de nausées, sans vomissements.

Les digestions se faisaient très-difficilement et la malade avait toujours des aigreurs qui remontaient dans la bouche, surtout le matin.

A la même époque elle a eu la scarlatine qui la tint au lit pendant 3 mois.

Pendant 4 ans, elle n'éprouva plus de crampes; ce n'est que depuis un mois et demi qu'elles sont revenues.

Étal actuel. — La malade est de taille moyenne ; elle est assez bien musclée : la face est pâle, un peu anémique. Pas d'œdème des membres inférieurs. — Température de la peau normale. Le sommeil est bon ; l'appétit très-capricieux. La malade souffre depuis un mois et demi environ ; elle se plaint de douleurs excessivement vives et continues au niveau de l'épigastre ; ces douleurs s'irradient dans toute l'étendue de l'abdomen. La pression les exaspère. Il existe en même temps une douleur très-vive au niveau de la colonne vertébrale dans la région dorsale : cette douleur est continue et plus forte que celle de la région antérieure ; elle est si vive, que la malade ne peut rester couchée sur le dos.

Des crises très-violentes se montrent aussi toutes les fois que la malade a mangé. Environ trois heures après ses repas, elle éprouve des douleurs atroces qui s'irradient dans ses jambes et sur la poitrine ; puis, très-souvent, elle est prise de nausées, de vomissements, qui terminent les crises douloureuses.

Dans la journée, ces vomissements sont toujours alimen-

taires (la malade déclare n'avoir jamais vomi de sang) ; ils ne viennent pas toujours après les crises; le matin, quand ils se montrent, ce qui a lieu très-souvent, ils sont glaireux et provoquent une sensation de brûlure très-vive le long de l'œsophage.

La malade est ordinairement constipée, elle ne va à la selle que tous les 3 jours ; elle déclare aussi rendre dans ses garde-robes des lambeaux blanchâtres; elle en aurait rendu, en grande quantité, il y a déjà longtemps et beaucoup plus que maintenant; elle a beaucoup maigri, et elle n'ose pas manger à cause des douleurs.

Le soir, elle a un peu de fièvre et elle dort mal.

Elle se plaint d'avoir toujours soif, de boire beaucoup et d'uriner abondamment. La nuit elle est éveillée par des besoins incessants d'uriner.

Son urine est trouble et contient un peu d'albumine ; il n'y a pas de sucre; 2 litres 1/2 à 3 litres d'urine par 24 heures.

La malade ne tousse pas; et l'auscultation ne dénote aucun phénomène anormal.

Au cœur on trouve un léger souffle à la base; il existe également un souffle doux dans les vaisseaux du cou.

Traitement. — 27 avril. — On ordonne : injection souscutanée d'un centigramme de chlorhydrate de morphine, chaque jour, au niveau de la région douloureuse. — Charbon de Belloc : 2 grammes en deux paquets. — Lavement simple. — Tisane de centaurée. — Une portion.

28 avril. — La malade a souffert encore au creux de l'estomac; pas de vomissement; on continue le traitement. La polyurie a diminué; à peine un nuage d'albumine.

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